Expressio Source: Voir Photo: Boran Richard |
Il y a certainement quelques bons coups à souligner dans cette critique d'Expressio. Plusieurs entrelacements de chansons sont intéressants, voire franchement audacieux et intelligents. (Je voudrais voir New-York, de Daniel Lavoie, avec Je voudrais voir la mer, de Michel Rivard; l'entrelacement basé sur Dans un Spoutnik, de Daniel Bélanger, était vraiment très intéressant; enfin celui basé sur Ne me quitte pas de Jacques Brel, dont l'alliance au rythme du tango donne une sensualité remarquable à une pièce de prime abord très dramatique…) De ce côté, les concepteurs ont fait un excellent travail.
Jeune chanteuse prometteuse ayant incarné Alexe lorsque j'ai assisté au spectacle. Source: Voir Photo: Détail, Boran Richard |
Marie-Ève Riverin, dans le rôle de Céline, la tenancière du café Expressio, a une bonne présence sur scène – mieux que celle qui doit faire figure de star des stars, c'est un peu ironique. Fascinant qu'elle arrive à dégager autant accompagnée souvent de seulement quelques notes. Il faut aussi mentionner le travail de celle qui incarnait la petite Alexe hier soir. Une fois la glace cassée, elle a pris beaucoup d'assurance, et ses échanges avec David Leblanc, dans le dernier droit du spectacle, étaient très réussis, empreints d'une belle émotion.
Autre chose, le décor, et surtout l'arrière décor, étaient efficaces, parfois fascinants. Aussi, le jeu de la caméra, étourdissant au début, prend tout son sens lorsque l'animatrice de Tout pour la musique entre en scène.
Par contre, là s'arrête cette salade de fleurs. L'un des problèmes les plus graves d'Expressio, c'est qu'il pèche par excès. Trop long, trop de chansons, mais surtout, une mise en scène vraiment excessive (peut-être le café aurait-il dû s'appeler Excessio). Des moments délicats et intimes (je pense entre autres au Je voudrais voir la mère/Je voudrais voir New-York et à la scène suivante, montrant une rupture), sont gâchés par le passage répété sur scène de personnages qui n'apportent absolument rien à la mise en scène. Plusieurs accessoires sont souvent trop divertissants ou enlèvent de la crédibilité aux personnages (la perruque du Bum en est l'exemple parfait; ce dernier ne reprend de la crédibilité que lorsque justement il la perd… Doit-on spécifier que les bums n'ont pas tous les cheveux longs?)
Bref, un travail qui devra être resserré, voire épuré. Mais c'est surtout le public qui décidera de consacrer ou non cette nouvelle production de Québec Issime… Car la question se pose. Ceux qui étaient des adeptes de la revue musicale suivront-ils les concepteurs? Les commentaires d'entracte étaient plutôt mitigés, hier. Plusieurs "C'est bon, mais…" Certains semblaient lever le nez sur le côté "théâtral" du spectacle. Pour ma part, je ne crois pas qu'il faille comparer cette production à du théâtre, car Expressio perdrait beaucoup si cette comparaison était faite.
Et vous, vous avez vu? Qu'en pensez-vous?
Cette semaine, j’ai non seulement assisté à Expressio, mais à mon premier spectacle livré par la troupe Québec Issime. Je vous livre mon verdict d’entrée de jeu : j’ai trouvé ça excellent.
En résumé, c’est l’histoire musicale d’un groupe qui se produit dans café bar du nom d’Expressio. Ce café est le lieu de camaraderie d’amis qui seront bientôt séparés par les rouages du show-business. pour se retrouver dix ans plus tard dans des circonstances bien différentes. Le tableau est simple, mais la façon de le peindre est plutôt ingénieuse.
Le répertoire qui nous guide dans ce récit est impressionnant ; chaque pièce semble minutieusement sélectionnée. Toutes les chansons, même celles qui sont ordinairement plutôt banales à la radio, trouvent leur sens sur les planches. Les décors sont très «design» et adaptés au goût du jour. Y’a pas à dire, la scène est abondamment remplie. Pendant que l’action est chantée à gauche, on voudrait regarder les figurants qui jouent au billard à droite. Alors que le chant se dirige vers le centre, on se laisse prendre par les danseurs qui se trémoussent en périphérie. Étourdissant!
Les chanteurs livrent très bien la marchandise au niveau vocal et s’adaptent bien au jeu auquel nous convie Expressio. Une note parfaite pour Marie-Ève Riverin pour le chant, deux pouces en l’air pour Émilie Josset dans son rôle convainquant d’animatrice show-biz.
Expressio comporte certainement quelques longueurs, mais il serait prématuré de pointer cette faille du doigt alors que le spectacle n’en est qu’à ses premiers pas. L’ouvre sera peaufinée au fil des prochains mois et des prochaines années. C’est un travail d’odeur buccale prolongée, de longue haleine dis-je.