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Martineau: mon coming-out

Salut Richard,

je viens de regarder Tout le monde en parle et ça été plus fort que moi, je me suis dit: « Faudrait que j’écrive à l’ami Martineau. »

Sache tout d’abord que si je me permets de te tutoyer, c’est pas seulement parce que nous sommes « amis » Facebook mais bien parce que j’ai déjà passé une bonne heure en ta compagnie et on avait bu du vin pis fumé des toppes en jasant pis je t’avais trouvé ben smatte. Là, j’imagine que tu me replaces pas pantoute et sens-toi surtout pas mal: je comprends ça. Tsé, c’était à un lancement de Télé-Québec, genre en 2009, pis j’avais un t-shirt des schtroumpfs.

Si mon souvenir de ça est si précis, c’est que j’ai une photo avec toi pis sincèrement, j’en suis bien fier. Parce que lorsque je t’ai dit que tu avais été en quelque sorte un de mes mentors, je ne te bullshitais pas. Je le sais que de ces temps-ci, c’est plus ou moins winner pour un chroniqueur d’un journal comme Voir de s’afficher comme tel, mais bon… Vois-tu, je considère Jodoin comme un chum pis si jamais il se décidait à me taquiner jusqu’à l’année prochaine avec ça, je vais prendre ça plus comme de la bromance que d’autres choses.

Cela dit, je t’avais presque cru quand tu m’avais laissé ta carte d’affaires en me disant que si jamais, j’avais parfois des interrogations quant à ma job, tu serais prêt à me fournir des réponses. En fait, je m’étais plu à y croire et puis, quelques semaines plus tard, je t’avais écrit en guise de test et évidemment, c’était resté courriel mort. Toutefois, cette correspondance fantôme n’a aucunement entaché l’heureux souvenir que j’avais gardé de cette heure passée en ta compagnie.

Je le répète, je t’avais trouvé très cool.

Maintenant, je serai honnête avec toi, ça fait un maudit bout de temps que je ne t’ai pas lu. Premièrement, sans vouloir offenser qui que ce soit, je trouve que le site de canoe.ca est crissement nul à chier. Pas poche ou compliqué, juste crissement nul à chier. Donc ça n’a pas vraiment rapport avec toi.

Aussi, les fois où en mangeant au Tim Horton’s, il y avait un Journal de Québec (parce qu’au Lac St-Jean, on est à Québec selon Québécor), j’ai lu tes chroniques et j’ignore si c’est juste un hasard ou si c’est pas mal habituel chez-toi depuis quelques temps mais les sujets auxquels tu t’attaquais m’interpellaient plus ou moins. Par exemple. je comprends que sur l’Île, les truc d’accomodements raisonnables et tout ça font partie de la vie urbaine mais ici, disons qu’on s’en fout un peu. Je dis « on » mais je parle pour moi. Là, ne va pas penser que tout le monde ici est blanc pis que lorsqu’on voit un afro-américain, on le note sur un calendrier parce que « ces choses-là n’arrivent jamais ». Vraiment pas. C’est juste que, même si j’haïs le mot, l’intégration se fait de façon pas mal plus relax. Y a pas de communautés culturelles à vrai dire donc, lorsqu’une personne vient habiter ici, quelle que soit son origine, si elle recherche moindrement à avoir une vie sociale, elle prend contact avec la communauté en générale. Chacun y va à son rythme mais nul n’échappe au repas rituel de la tourtière sacrée.

Je me relis et je me rends compte que ça fait un sifflet de bout de temps que je ne suis pas allé manger au Tim Horton’s parce que le terme « accomodements raisonnables », me semble que ça sort tout droit de 2010 genre… Peu importe.

Là, je t’imagine en train de lire ça et si on pouvait voir tes lèvres, on décoderait certainement quelque chose comme : »Mais où c’est qu’y veut en venir lui? »

J’avoue.

L’affaire, c’est juste que je voulais te dire que je suis jaloux de toi. Je suis jaloux parce que, tout comme tu l’as été auparavant, je suis chroniqueur pour Voir mais je sais pertinemment que je ne me rendrai jamais aussi loin que toi. Tsé, on finit par se dire ça quand on est un « chroniqueur de région » et qu’avec les années, l’idée d’aller vivre à Montréal nous attire plus ou moins. Maintenant, pardonne-moi ici de rire seul devant mon ordinateur mais quand j’écris ça, je me rappelle de mon ancien collègue Steve Proulx qui m’avait dit que si je le désirais, je pourrais me rendre au top mais que pour ça, je devrais m’exiler dans le 514. Steve n’avait pas vraiment tort parce qu’ici dans le 02, j’ai peur d’avoir atteint le top que mon peu d’envergure puisse me permettre. Radio-Can ne m’invite même pas à aller faire des chroniques et je n’ai jamais été courtisé par qui que ce soit dans les médias ici. Je te l’avoue, j’ai la chienne quand j’essaie d’imaginer ma vie après Voir. Même que, je serai ultra-franc avec toi, ma plus grande hantise est de finir dans un IGA. Non pas que j’aie un quelconque dédain envers les gens travaillant dans les IGA mais disons que ça ferait un osti de clash avec la job que j’ai présentement. Et puis, je plains les gens qui devraient m’endurer comme emballeur. Genre que je suis le principal facteur de lignes d’attente quand je fais mon épicerie au Maxi.

Mais une fois de plus, je m’égare. Et je t’en prie, pardonne-moi. C’est que j’ai tant à te dire. Cependant, je t’assure qu’à partir de maintenant, je ferai de mon possible pour être le plus bref.

Voilà donc que je te racontais que je suis jaloux. Pas de ton succès professionnel mais de ce qui t’a aidé à atteindre le succès professionnel. Tu sais, ton assurance? Je t’écoutais parler ce soir à TLMEP et tu me faisais halluciner. On t’écoute et on dirait que Wikipedia, c’est dans ta tête. On dirait que tu sais tout. Que l’on parle de politique, de sport ou de religion, tu as toujours une info que le commun des mortels devrait googler pour épater la galerie. De ce fait, plus on a de connaissances, plus on peut formuler rapidement des opinions.

Écoute Richard, je fais ce que je peux, j’essaie de lire tout ce qui passe dans l’actualité mais il y a toujours des trucs qui finissent par m’échapper. Donc, lorsque je participe à une discussion et qu’un des sujets est justement l’un de ceux qui m’ont échappé, je deviens muet et me transforme en auditeur actif. Tout ça en souhaitant qu’un des membres de la discussion n’en vienne pas à me demander quelle est mon opinion à cet effet.

Mais toi Richard, ça ne doit jamais t’arriver ces choses-là. Je me trompe?

Dis-moi… As-tu une puce 3G d’implantée dans la tête? Genre que tu as internet direct dans la tête? Ou sinon, est-ce que notre vie est une loop perpétuelle et qu’à la fin, la mémoire est mise à reset pour que l’on recommence à zéro sauf que toi, tu repars avec toutes tes connaissances? Est-ce que tu viens du futur?

Ou es-tu tout simplement un excellent improvisateur?

Genre que tu fais du jazz mais avec les opinions? Tu connais tes gammes et là, peu importe le thème, tu décolles ça et hop, les gens qui ne connaissent pas trop ça sont ben épatés de te voir aller pis les experts eux, soufflent sur leur toupet en marmonnant: « Y fait n’importe quoi. »

Je te demande ça Richard parce que, bien que je ne comprenne pas du tout vers quoi tu t’en vas, je te trouve le fun.

Tu me fais un peu penser à Axl Rose. Même si j’ai pas pantoute aimé Chinese Democracy, quand je pense à Axl, je le revois encore à son zénith dans le clip de You Could Be Mine.

Pis quand je te trouve bizarre Richard, je revois encore ta photo en haut de ta chronique dans le Voir et ça me rappelle qu’à 17 ans, j’ai décidé qu’un jour, j’allais être chroniqueur moi-aussi.

Dans le fond, t’es un peu comme Final Fantasy pis Star Wars. J’aime encore les franchises même si je trippe pas sur ce qu’elles sont devenues.

À plus, qui sait.