Le nightlife vu par les étrangers : Migrations nocturnes

Le nightlife vu par les étrangers : Migrations nocturnes

Montréal attire maintenant des clubbers des quatre coins du monde. En plus des gros événements, il semble qu’ils soient également séduits par la diversité du nightlife montréalais. Regard de l’extérieur…

Les D.J. les plus en vogue de la planète font escale à Montréal. Le Black & Blue est devenu un arrêt incontournable du circuit gai. L’an dernier, le magazine britannique Musik classait le Stereo parmi les cinq meilleurs clubs au monde. Loin des mégapoles aux mégaclubs, le nightlife montréalais se taille une réputation de plus en plus solide à l’échelle internationale. Entre les lumières éblouissantes de Times Square et de Tokyo, où se situe la vie nocturne montréalaise?
Parallèlement au circuit touristique, la ville de Montréal attire de plus en plus d’insomniaques à la recherche de nuits exaltantes. Bien sûr, le tourisme gai n’y est pas pour rien, mais encore, la qualité et la diversité de ses clubs et événements à grand déploiement en font maintenant un arrêt obligatoire. Au-delà du mont Royal qui trône la ville et des escaliers extérieurs qui font la particularité des bâtisses, Montréal séduit grâce à la rue Sainte-Catherine et au boulevard Saint-Laurent, là où les clubs poussent comme des champignons. Vrais noctambules comme vacanciers en mal de sensations s’y donnent rendez-vous.
"Montréal possède une très bonne réputation en Australie, raconte Michael Healy, un professionnel de 35 ans, originaire de Sydney, et qui a fait deux haltes dans la métropole au cours des cinq dernières années. Elle est perçue comme une ville de fêtes, de partys. Et le côté francophone est attirant. Les anglophones n’y sont pas déstabilisés, car ils peuvent s’exprimer et se faire comprendre tout en étant en contact avec d’autres cultures." Même s’il a découvert Montréal grâce à des amis francophones rencontrés dans le pays-continent, c’est principalement le Black & Blue qui lui a fait franchir la vingtaine d’heures de vol qui le sépare du Québec. "Je me rappelle mon agréable soirée au party du Stade olympique, mais j’ai également passé quelque temps dans le Vieux-Montréal, une place évidemment plus touristique", poursuit Michael Healy.
Qui aurait cru, il y a quelques années, que la métropole francophone pourrait attirer les clubbers de La Mecque du nightlife, l’incomparable Big Apple? Paul Freistuhler, originaire de Manhattan, connaît bien la vie nocturne d’ici, puisqu’il a habité Montréal pendant un an et demi. Et le trentenaire y a retrouvé avec joie la variété de sa ville natale. "La diversité musicale est très importante. Il y a autant de jazz, de musique folklorique, techno, rock ou alternative. Chaque style possède son lieu de rassemblement durant la nuit. C’est cool!" Il note également au passage la présence des afterhours qui donnent toute sa couleur à la vie nocturne et font de Montréal une ville qui ne dort jamais.
Pour les Torontois, Montréal est synonyme de sorties et de culture. "Montréal, c’est évidemment une ville plus libérale, souligne Manuel Poitras, un Torontois d’adoption originaire du Québec. La plupart des Torontois l’aiment bien, entre autres la communauté gaie; on y va pour les bars et la vie culturelle. À Toronto, beaucoup de bars ont fermé à cause de l’intolérance policière, il ne reste plus beaucoup d’endroits pour ceux qui veulent danser et fêter."

Ouverture sur le monde
Qu’est-ce qui attire tant les jeunes aventuriers? Primo, les sorties et les restaurants sont peu chers comparativement à d’autres grands centres. Secundo, les gens sont accueillants. Que ce soit parce que les Québécois passent plusieurs mois ensevelis dans les habillements chauds ou parce qu’ils ont moins de restrictions sociales, une chose est sûre toutefois: le contact avec les gens se fait plus facilement. "Je crois que la température influence le nightlife. Les Montréalais s’enferment par centaines dans les bars durant l’hiver; et l’été, ils festoient à l’extérieur durant les festivals", souligne Michael Healy.
Mais ce n’est pas un pur hasard si Montréal séduit. Robert Vézina, président de la Fondation Bad Boy Club Montreal, le sait. Pour faire connaître le Black & Blue, il a fait des pieds et des mains pendant plusieurs années. En dix ans, le festival gai est devenu le troisième événement touristique en importance au Québec. "Notre stratégie marketing a été de convaincre les médias étrangers de nous donner des pages de publicité en échange de bénéfices promotionnels, et de réaliser des activités promotionnelles dans les grandes villes des États-Unis et d’Europe." Selon lui, au contraire de New York, par exemple, Montréal attire les étrangers pour des événements et non pour sa vie nocturne en général. "Montréal s’est positionné avec des événements-destination."