Blackalicious : Nia

Blackalicious : Nia

On aurait aussi bien pu vous parler d’Anti-Pop Consortium, de People Under the Stairs, de Blackeyed Peas, de Jurassic 5, ou des nombreux projets de Dan the Automator. Alors que les tenants du gangsta rap semblent tirer des balles à blanc, on a assisté cette année à un véritable renouveau dans le monde du hip-hop américain. En étant optimiste, on vous parlerait du triomphe du rap intelligent et de la quête de beats inédits, mais le phénomène demeure relativement souterrain. On l’a dit, on aurait pu inclure une bonne douzaine de disques hip-hop dans cette liste, et il y a fort à parier que plus de la moitié seraient originaires de la Bay Area de San Francisco, où a germé le collectif Quannum, qui rassemble des gens de qualité comme Lyrics Born, Latryx et DJ Shadow. C’est de là que viennent les gars de Blackalicious, qu’on a hissés au sommet de la pile du seul fait que leur hallucinant Nia est le disque que nous avons le plus écouté. On a mordu dans les beats variés de Chief Xcel, trameur d’ambiances variées, qui s’abreuve de films de série B, d’afro-funk et de bon vieux hip-hop old-school. Mais Blackalicious ne serait pas ce qu’il est sans Gift of Gab, habile rimeur capable de transformer un exercice de style comme A to G, essoufflante suite d’allitérations, en un véritable hymne au pouvoir du langage. Lorsque les deux fusionnent leurs forces respectives et parlent d’une seule et même voix, on a droit à des perles comme Deception, critique virulente du culte de la popularité en musique. On espère que Puff Daddy est à l’écoute.