

Joseph Arthur : Come to Where I’m from
Claude Côté
Sans se tromper, on peut parler d’une des plus belles surprises de l’année. Parce que Joseph Arthur a illuminé tout le monde avec un premier album à connotation pop sur Real World, l’étiquette tous azimuts de Peter Gabriel. Si l’honorable Peter a été séduit, disons qu’à sa suite se trouve déjà une horde d’admirateurs du musicien de 29 ans originaire d’Akron, en Ohio. Dès les premières notes d’In the Sun, on est tétanisé par cette voix un peu nonchalante, mais qui chante une mélodie à faire pâlir d’envie n’importe quel auteur de chansons. Dans une apaisante traversée lyrique, Arthur amorce doucement ce disque pour le terminer douze chansons plus loin de la même façon, avec Speed of Light, dans l’accalmie la plus complète. Entre les deux, les chansons, toutes co-produites par T-Bone Burnett nous plongent dans des univers sombres, voire sordides et tordus. La dualité est permanente: ses chansons sont truffées d’araignées et de squelettes tout comme elles évoquent la lumière et l’absolu. Vous êtes confus? On le serait à moins, et pourtant, du seul grain de sa voix, Arthur est capable d’une infinie tendresse. Avec en substance sa guitare acoustique à l’avant-plan, il s’est même permis quelques incursions un peu plus corrosives, tout en gardant ses effectifs plutôt réduits. Ce qu’on retire de ce troisième compact d’Arthur, c’est un maelström de chansons savamment conçues, volontairement acides, mais mélodiquement célestes. Suffisant pour générer une anticipation pas possible jusqu’à la sortie de son prochain. Assisterions-nous à l’émergence d’un grand musicien? Si l’on se fie à Come to Where I’m from, il faut croire que oui.