Sergent Garcia : Un poquito quema'o

Sergent Garcia : Un poquito quema’o

On s’est longtemps foutu de la gueule des Français et de leur musique pop. Ringarde, sexiste, prévisible, qu’on disait. C’était il y a longtemps. Parce que depuis un bout, la pop française est souvent pleine d’éclectisme et d’audace. Si l’an dernier, on soulignait le triomphe de Zebda, on célèbre cette année la réussite de Sergent Garcia, sans conteste le groupe le plus explosif à parvenir des vieux pays.

Autrefois membre de Ludwig Van 88, Bruno Garcia est aujourd’hui aux commandes d’un collectif qui n’a pas grand-chose à voir avec son ancienne formation. On serait plutôt porté à le placer sous le même étendard que P18 et Manu Chao, deux ex-Mano imbibés de world music ensoleillée. Le Sergent est donc allé chercher ailleurs les rythmes les plus sautillants qui soient. Il plonge ainsi avec bonheur dans la salsa, le ragga, le merengue, le reggae ou l’afro-cubain. Une pétarade de percussions et de cuivres sert de canevas à un chanteur nerveux et dynamique, capable d’une interprétation archi-syncopée rappelant certains échos hip-hop. Le beau côté de l’affaire, c’est son aspect spontané, presque improvisé, un leurre sans doute, que seules permettent des compos structurées intelligemment.

Sergent Garcia a aussi créé une sacrée belle relation avec les Québécois. En quelques mois, Bruno et ses copains nous en ont fait suer un coup, qu’on se souvienne du show au Club Soda, ou de la célébration extérieure aux FrancoFolies. Au fait, plus besoin de jouer au D.J. pendant vos partys: vous n’avez qu’à insérer Un poquito quema’o dans votre machine et le tour est joué…