Urbain Desbois : Ma maison travaille plus que moi – États d'Âne

Urbain Desbois : Ma maison travaille plus que moi – États d’Âne

Lancés à sept mois d’intervalle, les deux premiers disques d’Urbain Desbois sont arrivés comme une bourrasque d’air frais dans le paysage musical québécois. En se donnant le sobriquet Urbain Desbois, Luc Bonin a démystifié la chanson dite sérieuse avec une bonne dose d’humour. Non mais, quel personnage attachant! Urbain les aime courtes, ses chansons, avec le plus de dérision et le moins de mots possible. Dans leur plus simple appareil. Même avec les musiciens qui l’accompagnent (Nicolas Letarte à la batterie, Patrick Hamilton aux claviers et à la guitare, sans compter plusieurs autres collaborateurs), l’effet est le même: on est irrémédiablement plongé dans des univers jusqu’ici jamais visités, voire intemporels. Et c’est ce qui le démarque: ses petites vignettes sont comme les plans-séquences d’un film sans début ni fin. Urbain n’est ni racoleur ni transmetteur, il avance tel un funambule dans le vide, comme au cirque. Les mots sortent de sa bouche sans qu’il y pense à deux fois: les pissantes Le Pain, sur le premier compact, et Le Beurre mou, sur le second, le démontrent bien: ses textes sont des actions spontanées. Difficile de voir une réelle différence entre les deux disques: Ma Maison… est peut-être plus trash dans sa facture, les genres musicaux s’enchevêtrant constamment; l’accordéon, le jazz et le blues font bon ménage. États d’âne, paru il y a quelques semaines à peine, m’apparaît plus concis, mieux ramassé. Une chose est cependant certaine: Urbain Desbois est un poète pince-sans-rire absolument irrésistible. Une des belles surprises de l’année.

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