Fabienne Larouche

Fabienne Larouche

L¹année 2000 fut pour moi une très bonne année, mis à part cette joyeuse leçon donnée à Fortier et à Virginie au Gala des prix Gémeaux. J¹ai pris la chose avec philosophie puisque c¹était couru d¹avance. On ne peut pas déclencher une tempête dans le merveilleux monde de la production et faire reconnaître son mérite par les gens qu¹on dérange. On ne peut pas commencer l¹année en disant des sottises, selon Mario Clément; des inconséquences, selon Guy Fournier; des mensonges, selon Claude Godbout; des médisances, selon Jacques Blain; et des calomnies, pour Claude Héroux, puis s¹attendre à obtenir tranquillement la reconnaissance des membres de l¹académie dont ces mêmes individus font partie.

On ne peut pas non plus la finir en apprenant qu¹il n¹y aura pas de poursuites criminelles contre CINAR puisqu¹on a dédommagé les victimes (torsion indélicate du principe de la déclaration volontaire ), et rester fidèle à son idéal. On ne peut pas la finir en apprenant que la principale journaliste qui couvrait l’affaire et l¹enquêteur en chef au Revenu ont été affectés ailleurs, en même temps que les corps policiers fermaient leurs dossiers, malgré l’abondance de preuves, sans remettre fortement en question des principes que je défendais pour moi, mais surtout pour d¹autres qui avaient choisi de se taire pour une unique et excellente raison: la peur.

Finalement, on m¹a si fortement, mais discrètement, conseillé de me taire, de "prendre l¹oseille et de me tirer", avant de me faire tirer, que je me suis mise à douter de tout. Sauf d¹une chose: il n¹y a pas pire métier que d¹être crieuse au pays des sourds.