L'an 2000 selon Agnès Maltais

L’an 2000 selon Agnès Maltais

Sans contredit, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme AGNÈS MALTAIS, occupe une position privilégiée en ce qui a trait à la production québécoise. Nous lui avons demandé de partager, avec les lecteurs de Voir, ses impressions sur une ou des oeuvres l’ayant profondément touchée au cours de la dernière  année.

"Une des choses qui m’a beaucoup touchée dans la production québécoise cette année, c’est le doublé de Robert Lepage avec Zulu Time et La Face cachée de la Lune. La Face…, c’est l’aboutissement des deux forces de Robert. C’est-à-dire d’avoir intégré à sa recherche technologique un contenu narratif et émotionnel très fort, et ce, sans heurt…

Zulu Time, c’est l’ouverture sur un autre monde. J’avais l’impression qu’après avoir abouti à une autre période, il se permettait d’ouvrir un tout nouveau champ exploratoire. Il ne s’agit plus là d’intégration de la technologie, mais d’en faire la base du spectacle. C’est un choc bouleversant par sa nouveauté d’approche comme l’effet que créaient ses premiers spectacles. Je suis très curieuse de voir à quel point il va pouvoir profiter de cet univers-là. Est-ce un nouveau cycle qui va l’amener à complètement revoir sa façon d’aborder le théâtre? Et c’est ce qui est particulièrement intéressant dans tout ça: pouvoir observer le début d’un cycle et la fin d’un autre, la même année.

Il représente la dichotomie qui oppose nos ambitions et le retour aux racines. C’est comme ce qu’on vit comme peuple et, parfois, comme individu dans une histoire qui nous a transportés très rapidement d’une société quasi rurale à une société à la fine pointe des nouvelles technologies, hautement urbanisée et informatisée. Nous sommes dans une période où nous cherchons nos racines et un pays aussi, parce que c’est ma réflexion politique, mais nous avons besoin de connaître nos racines parce que nous sommes transportés très rapidement vers un autre univers…

Ce n’est pas un problème en soi, mais un défi qu’il faut affronter."