Urbain Desbois

Urbain Desbois

Gould, décembre 2000

Je m’ennuyais terriblement du quotidien ordinaire, avec ses bosses et ses détours pour construction des jours meilleurs. Je voulais faire pouffer de drôles de légumes dans les chants du lendemain, tester des transmissions sur des chemins en terre, d’une colline à l’autre. Je voulais un peu de tu-seulitude, juste pour moi. Je me suis retrouvé ici, au pays des abris Tempo en bois rond. Tsé, le char qui passe à la demi-heure, la neige qui finit pas de tomber, le feu qui prend dans le tuyau du poêle, les poussins qui pépient dans leur boîte en carton…

Je reviens des fois en ville pour faire du méga-niaisage, boire, danser et faire sentir à mes amis mon vieux manteau qui sent le bon feu de bois ou encore pour leur raconter la journée où j’avais rien à faire et que c’était même pas vrai, pasque tout pouvait arriver et ça, c’était pas rien. Mais je reste jamais longtemps en ville.

La plupart du temps je suis en camion. Et avec les meilleurs: Nicolas Letarte, Priscille Gendron, Patrick Hamilton, Jonathan Audet, Christian Légaré, Pierre Girard, Stéphane Arsenault, Stéphane Lafontaine et Marc St-Laurent. Depuis février on a écumé la province d’un boutte à l’autre, on a piqué des débarbouillettes dans tous les motels visités (ma blonde va avoir un bébé en mai). On a joué au baby-foot à New Richmond, viré d’sour à Saint-André, callé les baleines à Tadoussac, on a fait un flat à Rimouski, mangé des clubs à Saint-Jean, allumé le feu à Santa-Fé du Lac, on est allé en France, jouer devant des vaches dans un village médiéval du Poitou, on a bu un excellent café à Gaspé…

S’il vous plaît, ne me pincez pas, je rêve!