Les écoles de mode : Mode d’emploi

Les écoles de mode : Mode d’emploi

Bavez-vous devant les magazines de vêtements féminins et masculins? Avez-vous regardé la série Diva, même en reprise? Aimeriez-vous entrer dans le milieu de la mode? Si oui, un peu d’aide semble nécessaire. Car la formation en mode pullule. Rien de moins.

Possibilités de travail inouïes pour les finissants et formation dans un contexte de mondialisation des marchés: le monde de la mode québécoise est en pleine effervescence. Pour ceux qui conjuguent travail avec défi, une expertise dans ce milieu est tout indiquée. Et nul besoin de savoir manier ciseaux et aiguilles pour se tailler une place enviable dans cet univers.

Les diplômés des écoles de mode sont choyés: une fois leur formation terminée, les entreprises québécoises viennent les cueillir à la porte des écoles pour leur offrir des emplois alléchants. "C’est bien simple, un des défis de nos étudiants est de rester sur les bancs d’école durant trois ans, explique Johanne Robert, coordonnatrice du programme de gestion de production du vêtement au Cégep Marie-Victorin. La demande est

tellement forte dans notre domaine que nos étudiants se font offrir des postes avant même d’avoir fini leur cours."

Si le programme en design de vêtements est le plus connu des étudiants, ceux de commercialisation de la mode et gestion de production du vêtement sont moins populaires. Pourtant, les entreprises crient à la pénurie dans ces deux dernières spécialités, qui demandent une formation spécifique. Le Collège Lasalle, le Cégep Marie-Victorin et l’Université du Québec à Montréal offrent chacun un programme d’études similaire dans ces trois branches de l’industrie.

Design 3D
À la fine pointe de la technologie, les futurs designers doivent savoir manier autant la souris que le crayon. "Oubliez l’image du designer qui dessine ses collections sur papier. Aujourd’hui, 50 % du travail passe par le patronnisme en trois dimensions", affirme François Bousquet, coordonnateur du programme de design au Collège Lasalle. Bien entendu, les gens intéressés par le design de la mode doivent avoir un esprit créatif et un sens

artistique bien développés, nécessaires pour harmoniser le choix des couleurs et donner un aspect cohérent à la collection. "L’étudiant en design n’est pas obligé d’être bon en dessin pour réussir sa carrière, renchérit François Bousquet. Par contre, il faut qu’il soit dynamique et, surtout, qu’il sache trouver rapidement des solutions aux problèmes qui surviennent lors de la production d’une collection." Par exemple, des pépins comme des tissus qui ne sont pas livrés et des dates de remise serrées.

Les écoles de mode ne ménagent aucun effort pour faciliter l’entrée de leurs étudiants sur le marché du travail. Tout au long de leur formation de trois ans, des journées "industries" et des conférences avec des spécialistes sont organisées. Même si les stages sont difficiles à trouver dans la branche du design, des projets d’études permettent aux étudiants de mettre sur pied leur propre collection et de montrer leur talent lors de défilés étudiants très courus. "On favorise également la participation de nos étudiants à différents concours de création, explique Nathalie Langevin, professeure associée au programme de gestion et design de la mode à l’UQAM. Un de nos étudiants, Pao Lim, a d’ailleurs remporté le prestigieux concours international Smirnoff." Des projets d’études internationaux peuvent amener les étudiants à développer leur expertise dans des boîtes de création à Paris, à New York ou en Angleterre. "Une de nos étudiantes a fait un stage chez Christian Lacroix", souligne fièrement Nathalie Langevin.

Par contre, n’entre pas en création qui veut. À l’UQAM, une formation collégiale en mode est exigée et les étudiants doivent présenter un portfolio pour être acceptés. Après une sélection serrée, vingt-cinq étudiants sont choisis parmi la crème de la crème. Au Collège Lasalle, on donne la chance au coureur. "Souvent, des étudiants qui semblent moins

talentueux en première année développent leur sens de la création plus tard lors de leur formation, comme s’ils avaient été frappés d’un éclair de génie, qu’ils avaient saisi l’essence de la création", affirme François Bousquet. Leur talent peut les mener à mettre à contribution leurs idées pour de grandes entreprises, comme Le Château ou Tristan & Iseut, ou de lancer sur le marché leur propre collection, pour les plus aventureux.

Gestionnaires en demande
"La demande est tellement forte en gestion de production du vêtement que nos

diplômés ne suffisent pas à la demande", affirme d’entrée de jeu Johanne Robert. En fait, les étudiants qui terminent leurs études avec succès ont même le luxe de choisir leur emploi! Quand on sait que quatre étudiants suivent la formation en deuxième année et huit en première année, en gestion de la production du vêtement au Cégep Marie-Victorin, il est aisé de comprendre que les entreprises se les arrachent littéralement.

Les fonctions d’un gestionnaire en production du vêtement s’apparentent à celles d’un spécialiste en génie industriel. C’est lui qui organise la production manufacturière, qui planifie et analyse les méthodes de production et qui va même jusqu’à suggérer les bons mouvements aux couturières pour maximiser la production, tout en ayant à coeur la santé et la sécurité des employés de l’usine. Et avec la mondialisation des marchés, les futurs gestionnaires doivent prendre en considération la réorganisation des systèmes d’approvisionnement. "C’est le gestionnaire de production qui assure la communication entre le personnel de production et le designer, comme une courroie de transmission, soutient Johanne Robert. C’est le nerf de la guerre dans les entreprises, rien de moins."

De plus, les connaissances acquises dans les programmes de gestion de production du vêtement sont transférables dans d’autres domaines ou des produits différents sont élaborés. "Bien sûr, nos étudiants sont intéressés par le milieu de la mode, mais ce ne sont pas eux qui la font, affirme-t-elle. Ça, c’est la tâche du designer." Voilà pourquoi le programme de gestion de la production du vêtement intéresse beaucoup les filles, même si aucun sens artistique n’est exigé pour performer dans ce domaine.

Commerce 101
Depuis deux ans, la commercialisation du vêtement est considérée comme une carrière d’avenir au Québec. Au Collège Lasalle, 90 % des finissants dans ce domaine se placent dans des entreprises dans les six mois qui suivent leur sortie de l’école. "C’est un travail très spécialisé qui mène à des emplois fort intéressants, soutient Anita Turano, coordonnatrice du programme de la commercialisation de la mode au Collège Lasalle. Les étudiants doivent savoir exécuter la recherche commerciale et prévoir les tendances, analyser les ventes, planifier le budget, assurer la mise sur pied des défilés et des catalogues, expliquer les collections aux vendeurs; bref, assurer un lot de responsabilités essentielles à la rentabilité de l’entreprise."

"Je dirais qu’une des qualités essentielles pour être à sa place dans ce programme est de savoir communiquer et travailler en équipe, précise Anita Turano. Lors de la mise sur pied du défilé annuel des étudiants, les gens en commercialisation planifient le défilé et assurent la communication avec les gens de l’industrie. C’est beaucoup de stress, les filles pleurent parfois, mais c’est très motivant comme milieu."

Les écoles de mode ont toutes un site Internet qui explique en profondeur les programmes d’études. Des journées d’information sont également offertes aux étudiants qui hésitent à se lancer dans le monde de la mode.