Musique

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FOCUS
Adam Chaki
No One Knows Where the Hell We Are

(Audiogram/Sélect)

Tout vient à point à qui sait attendre, paraît-il. Dans notre cas, c’est parfois difficile: ça devait bien faire un an qu’on entendait parler de ce mystérieux Adam Chaki, qui chante en anglais et qui est hébergé chez Audiogram, la maison des Jean Leloup, Daniel Bélanger et autres Pierre Flynn. Nos appels désespérés à la relationniste sont demeurés vains, jusqu’en décembre dernier, alors qu’on réussissait enfin à mettre la main sur une copie de No One Knows Where the Hell We Are, qui se retrouvera en magasin le 27 février prochain. Mais notre attente n’est rien en comparaison de celle qu’a vécue Adam lui-même, qui signe enfin un premier disque après plus de dix ans de métier. Les plus observateurs se souviendront de lui comme l’un des innombrables musiciens à avoir passé quelque temps au sein de Jah Cutta and the Determination Band, probablement le plus vieux groupe de reggae montréalais. Puis, Adam a filé vers l’Europe, jouant avec tous les musiciens qu’il pouvait rencontrer, des Africains pour la plupart. De retour à Montréal, il fait partie de la cohorte de musiciens embauchés par James Di Salvio pour le premier disque de Bran Van 3000, et c’est aussi grâce au Bran Man qu’il captera l’attention d’Audiogram. Avec No One Knows…, on découvre un homme qu’on serait bien embêté de placer dans un quelconque format radiophonique. Les chansons d’Adam Chaki offrent une fusion entraînante entre une certaine tradition de folk-pop bien américaine et une conception du rythme qui prendrait plutôt sa source en Afrique. Si, à la première écoute, on pense au trajet de Paul Simon époque Graceland, on constate vite qu’Adam ne joue pas à l’Africain; chez lui, les genres se fusionnent sans effort et les frontières s’estompent, au point où l’on se demande, comme le dit le titre de l’album, où l’on peut bien être.


Made in Québec
Après l’orgie traditionnelle du temps des Fêtes (et le vide réparateur qui s’ensuit), nos amis musiciens reprennent du service, histoire de se dégeler un peu. Notre compatriote honoraire Zachary Richard s’apprête à donner une imposante série de spectacles dans le sillage de l’album Coeur fidèle: il sera au Spectrum les 7-8-9-10 mars. Jim Corcoran, de retour d’une tournée européenne avec Mathieu "M" Chédid (dont deux soirs à l’Olympia), s’installera à Montréal pour trois soirs au mois d’avril, dans une salle qui reste à confirmer, tout comme Paul Piché continue son Voyage avec une quatrième série de supplémentaires au printemps.

Pour ce qui est des apparitions sur disque, on a bien hâte de découvrir quelques nouveautés anglo-montréalaises, dont celle de Gary Comeau, singer-songwriter très cohenesque qui a confié la réalisation de son album à Yves Desrosiers (Lhasa). Le très attendu Discosis de Bran Van 3000 (qui compte quelques collaborateurs pas piqués des vers, comme feu Curtis Mayfield, Youssou N’Dour, Momus…) est fin prêt depuis quelque temps, mais au moment d’aller sous presse, les négociations entre Grand Royal, le nouveau label de BV3, et Audiogram, qui veut la licence pour le Canada, n’étaient pas finalisées.

Rufus Wainwright nous revient avec Poses, deuxième disque réalisé par Pierre Marchand, avec des invités hétéroclites, dont Melissa Auf Der Maur et Alex Gifford, des Propellerheads. Le hip-hop local prendra des accents maghrébins avec Latitude Nord et son premier effort Dis-leur, à la mi-mars, pour le compte de la major Universal, qui lancera également le nouveau Nancy Dumais, Le Nombril, le 13 février. Toujours dans la cour des grands, chez BMG, on attend impatiemment le troisième disque de Sylvie Paquette, Souvenir de trois, qui fera suite au single Garde-moi, en duo avec Daniel Bélanger. Elise Velle, quant à elle, s’apprête à lancer un album dont les textes ont été écrits par Boris Bergman, longtemps parolier de Bashung. D’abord annoncé pour l’automne, puis repoussé jusqu’aux calendes grecques, le dernier Pierre Flynn, Ligne de vie, devrait voir le jour avant l’été… si tout va bien. Idem pour Daniel Bélanger et son disque-concept Déflaboxe, à placer dans la catégorie des histoires "à suivre" de la rentrée. Le 19 avril, cachez les enfants, car c’est le retour de Satan Bélanger, qui a ressuscité son furieux groupe, Les Biberons Bâtis. Dans le style trance progressif, on a bien hâte d’entendre, le 27 février, Music for Space Ports, le deuxième album de Nuclear Ramjet.

En terrain plus familier, on s’attend à des supplémentaires de Marie-Jo Thério (les 25, 26 et 27 janvier) et de Daniel Boucher (les 19, 20 et 21 mars), qui continuera de faire vibrer sa "gang de malades" au Corona. Les rappeurs de Loco Locass, quant à eux, seront au Club Soda le 25 janvier.

Ailleurs dans le monde…
Chez nos amis français, Virgin a eu la bonne idée de reprendre tel quel Mistigri Torture, premier album indépendant du groupe Mickey 3D, bien apprécié lors des dernières Transmusicales. À Rennes, on a aussi vu le patron de l’étiquette Tricatel (qui lancera sous peu chez nous Chambre 1050, d’Ingrid Caven), Bertrand Burgalat, qui propose The Sssound of Mmmusic. Ceux qui ont été déconcertés par le passage de Jean-Louis Murat pourront essayer à nouveau avec son live Muragostang, album-double qui témoigne de ses récentes explorations électroniques sur scène. Pour un peu de chaleur méditerranéenne, on mettra la main sur le nouveau Faudel, qui nous arrivera avant l’été… promis!

Parmi les quelques nouveautés britanniques, on attend avec impatience le premier album de Ladytron, 604, le 6 février. Sorti l’an dernier en Europe, le deuxième disque de l’oncle de Tricky, Finley Quaye, arrivera finalement chez les disquaires nord-américains le 6 mars. Vanguard a déjà reçu beaucoup d’éloges de l’autre côté de l’Atlantique. Parlant de Tricky, il refait surface après avoir signé un nouveau contrat de disques avec Anti, sous-label d’Epitaph qui nous a aussi donné les derniers Merle Haggard et Tom Waits, et qui lancera Mission Accomplished début février. En mars, on pourra voir comment Roland Orzabal, de Tears for Fears, se débrouillera en solo avec Tomcats Screaming Outside. On espère pour mai le nouveau Depeche Mode avec Mark Bell (Björk) à la réalisation, et on croise les doigts pour que sorte le troisième album de Travis en avril. Parmi les vétérans, Rod Stewart ressort des boules à mites en février avec Human et Eric Clapton revient en solo avec Reptile, le 13 mars.

Du côté de nos voisins du sud, le 23 janvier, les quatre filles des Donnas brasseront la cage avec Turn 21. D’ailleurs, les jeunes rockeuses viendront faire une saucette à Montréal, le 14 mars, au Club Soda. Le 27 février, les pionniers du rap, Run DMC, brisent le silence avec Crown Royal, un album qu’ils ont préparé avec une foule de collaborateurs, dont Fred Durst de Limp Bizkit, Kid Rock, Method Man et… Third Eye Blind. Toujours le 27, on peut s’attendre également à un nouvel opus du Dave Matthews Band intitulé Everyday. Le 13 mars, Ben Harper revient pour racheter le demi-échec de Burn to Shine. Le 27, c’est également le retour de David Byrne. Dans la veine r’n’b, Destiny’s Child devrait lancer, le 24 avril, Survivor, qui fera suite au succès de Writing’s on the Wall. Le 13 mars, c’est au tour du chanteur Maxwell d’arriver avec du nouveau matériel. Comme on sait, chaque fois que Wu Tang Clan revient, on peut s’attendre à de nouvelles parutions des membres en solo: Cappadonna part le bal le 27 février, suivi de Ghostface Killah le 13 mars.

Dans le merveilleux monde du rock, plusieurs sorties dignes de mention: le 13 février, John Frusciante, guitariste des Chili Peppers, lance un album solo, To Record Only Water for Ten Days. Ceux qui ont écouté les derniers American Music Awards ont déjà eu un avant-goût du prochain disque d’Aerosmith, Just Push Play, qui sera en vente le 20 mars. Le 3 avril, Guided By Voices revient avec Isolation Drilled, et l’ex-leader de Pavement, Stephen Malkmus, lancera son premier disque solo éponyme. Les fans de longue date ne seront pas déçus. Connu pour la chanson Closing Time, Semisonic essaiera de prouver qu’il n’est pas un feu de paille avec All About Chemistry, le 13 mars. Finalement, après son aventure avec A Perfect Circle, Maynard James Keenan est de retour avec Tool pour une nouvelle parution qui devrait sortir le 17 avril. En mai, on devrait avoir sous la main le nouveau R.E.M., qui se nommera Reveal.

Pour ce qui est des spectacles, on peut annoncer la venue de PJ Harvey, qui assurera la première partie de U2, le 27 mai, au Centre Molson. Dépêchez-vous, les billets devraient s’envoler rapidement, si ce n’est déjà fait. On recevra la visite d’Everclear, qui foulera les planches du Métropolis le 2 février. Le 22, au Centre Molson, Barenaked Ladies s’amène avec Chantal Kreviazuk en première partie. Le bluesman B.B. King viendra aussi faire son tour le 1er février. En terminant, dans la catégorie "rumeurs persistantes", il semble qu’on pourrait bien avoir des nouvelles de deux de nos chouchous: Goldfrapp et Coldplay devraient, si tout va bien, nous rendre visite dans les mois à venir.