Ouvriers du troisième millénaire?

Ouvriers du troisième millénaire?

Des mauvaises langues disent que les travailleurs des TI sont les ouvriers du troisième millénaire. Le terme, quoiqu’un peu fort, n’est peut-être pas tout à fait faux…

Une industrie qui se précise

En prenant de l’expansion, l’entreprise techno précise et peaufine, irrémédiablement, les postes offerts au sein de son équipe. C’est la java des nouveaux métiers! Prenons l’exemple (très simplifié) du processus de réalisation d’un site Internet. En premier lieu, le responsable de la numérisation s’occupe de numériser les images. Ces images sont, par la suite, transmises à l’infographiste Web qui s’en sert pour son montage graphique. Puis l’intégrateur crée les pages Web en utilisant le travail de l’infographiste. Et finalement, le gestionnaire de réseaux s’emploie à gérer l’hébergement du site sur un serveur Web. Il y a cinq ou six ans, toutes ces tâches étaient généralement exécutées par une seule personne: le webmestre.

Taylorisme dans les TI
Aujourd’hui, les entreprises en TI ressemblent de plus en plus à des usines où les employés doivent effectuer une tâche précise à l’intérieur d’un projet donné. En fait, le processus de production ressemble à s’y méprendre à celui d’une chaîne de montage. Cette organisation scientifique et rationnelle du travail nous vient du taylorisme, du nom de son inventeur, Frederick Taylor (1856-1915). Ce dernier a proposé une méthode de travail qui impose que tous les postes doivent être étudiés en détail afin de limiter au maximum les gestes effectués par chaque ouvrier, ce qui augmente le rythme de travail. Aujourd’hui, le modèle de Taylor est utilisé dans la plupart des usines et s’étend vers d’autres industries, des McDo jusqu’aux entreprises de production multimédia…

Spécialiste contre généraliste
C’est donc sur le plan du fonctionnement des entreprises que la comparaison avec la classe ouvrière se justifie. Désormais, il faut se rendre à l’évidence: l’équipe d’une boîte de multimédia, par exemple, ne devra plus compter que sur un groupe de "concepteurs" ou "d’idéateurs", au sens large. On engage maintenant des gens qui occuperont des postes bien précis dans le flux de production d’un bien ou d’un service. D’ailleurs, cette organisation plus rationnelle du travail est peut-être ce qui explique, en partie, le fait que les employeurs aient tant de difficultés à trouver du personnel spécialisé. Selon Jean-François Dumais, directeur développement organisationnel et projets chez TECHNOcompétences (www.technocompetences.qc.ca): "Il y a un certain déséquilibre entre ce que les employeurs recherchent et ce qu’il y a de disponible sur le marché. Il y a beaucoup d’employés qui ont des compétences de base mais qui ne correspondent pas à ce que l’industrie demande. On recherche des compétences de plus en plus pointues. De plus, les entreprises veulent engager quelqu’un de productif et de rentable dès son entrée en fonction. On ne veut plus engager une personne qui sera rentable dans six mois ou un an…"

Des formations axées sur l’emploi
Pour combler ce manque de spécialistes, de plus en plus de centres de formation n’hésitent pas à consulter l’entreprise privée pour trouver quelles compétences sont les plus recherchées. C’est d’ailleurs ce qu’on a fait pour développer les programmes de la nouvelle École des métiers de l’image et des médias numériques de Montréal. Les premiers finissants de cette école sont formés pour occuper des postes jusqu’ici très peu connus. Que diriez-vous d’une carrière de "numérisateur", "testeur de jeux" ou encore "assistant médiatique"? Ces formations rapides, financées par Emploi-Québec, permettent à des gens de se placer dans le domaine des nouvelles technologies sans nécessairement être titulaire d’un bac ou d’un DEC général en informatique ou en multimédia.

Rien de trop beau pour la classe ouvrière!
L’avenir est aux spécialistes, il n’y a aucun doute là-dessus. Classe ouvrière du futur ou pas, les travailleurs des TI ont intérêt à se spécialiser davantage et à rester au fait des nouvelles technologies s’ils veulent rester dans le coup. Selon Jean-François Dumais: "En ce moment, il y a beaucoup de travailleurs qui ont des compétences qui ne sont pas assez poussées… Dans le fond, ce qui ressort de toutes nos observations, c’est que les personnes devraient se qualifier le plus possible. C’est ce que les entreprises recherchent."

Quelques centres de formation

École des métiers de l’image et des médias numériques de Montréal
http://www.csdm.qc.ca/emim/

Collège de Maisonneuve (ITI)
Techniques d’intégration multimédia
www.cmaisonneuve.qc.ca/iti/index.html

Collège de Bois-de-Boulogne
Techniques en qualité du logiciel (adultes)
www.bdeb.qc.ca/cours_programmes/fcso/principale2.html