Rentrée : Musique

Rentrée : Musique

Beck
Sea Change

Sortie: 24 septembre

Après s’être éclaté sur le funky disco de Midnight Vultures, le génial Beck Hansen vient d’effectuer un virage à 180 degrés. Apaisé et très acoustique, Sea Change est presque dénué de l’ironie potache qui a marqué plusieurs des enregistrements précédents et propose un folk tantôt intimiste, tantôt joliment orchestré qui risque de dérouter la clientèle jeune en quête d’un Loser pour le nouveau millénaire. Prenez la très belle Round the Bend, par exemple: s’il fallait jouer aux comparaisons, on pourrait dire qu’elle ressemble à un croisement de Nick Drake et John Denver! Si vous ne nous croyez pas et que vous ne pouvez pas attendre quelques semaines jusqu’à la parution du disque, sachez que vous pouvez entendre la quasi-totalité de Sea Change en streaming sur le site beck.com, où vous pourrez également apercevoir les quatre pochettes différentes qui seront offertes lors de la mise en marché du disque. (Nicolas Tittley)

Jean Leloup
Titre à déterminer

Sortie : Automne 2002

Chaque parution de Jean Leloup suscite autant d’excitation que de flou artistique. C’est que l’homme, on le sait, est de nature plutôt imprévisible. Mais, d’après nos sources, il devrait – on a bien dit devrait – lancer un nouvel album cet automne. De source officielle (tant chez son label, Audiogram, que chez sa compagnie de gérance, Spectra), il a été impossible d’avoir de précisions sur la nature de la chose, mais voici ce que notre équipe de cracks de l’info a pu colliger jusqu’à présent. Leloup, qui a d’abord beaucoup travaillé seul en compagnie de son ordinateur, s’est entouré d’Adam Chaki et d’une section rythmique composée de musiciens africains. Son vieux pote James DiSalvio aurait aussi participé à la composition de quelques morceaux, qui feraient la part belle au groove, avec des saveurs tantôt reggae et dub, tantôt dance. Évidemment, l’homme est connu pour son éclectisme, ce qui pourrait laisser de la pour quelques détours par la chanson plus traditionnelle, voire le western. Les six derniers mois de jams seraient en train de se concrétiser en studio, mais allez savoir ce qui en résultera… Toujours entre les branches, on a même entendu parler d’un titre de travail (Jouisseland) qui en dit long sur l’état d’esprit qui habite John the Wolf en ce moment. On en bave déjà…

Sigur Rós
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Sortie: 28 octobre

Non, on n’a pas oublié d’écrire le titre: le nouvel album de Sigur Rós, tout comme chacune des huit chansons qui le composent, n’a pas de titre, hormis ces deux parenthèses enserrant le vide. Mais il devrait en être tout autrement du contenu de ce disque, qui s’annonce comme un peu plus dur et dense que ce que le groupe nous avait déjà livré. Alors qu’on plane encore dans les climats glaciaires de leur fabuleux Agaetis Byrjun, les quatre Islandais pourraient troubler leur habituelle quiétude avec cet album paradoxal, qui se présente à la fois comme "plus live" et "beaucoup plus truffé de samples", d’après la formation. Chose certaine, cette troisième galette, plus expérimentale, a été polie avec soin: Sigur Rós a même dû s’excuser auprès des fans européens, puisque de nombreuses dates de concert ont été annulées pour en permettre l’achèvement. Avec un peu de chance, le petit elfe chantant Jon Thor Birgisson et sa bande pourraient bien nous rendre visite au début 2003. (Nicolas Tittley)

Massive Attack
Titre à déterminer
Sortie: Fin 2002

Pionniers du mouvement trip-hop britannique, Massive Attack recèle une fabuleuse force créatrice. Toujours dense, noire, leur musique synthétique inspirée du dub et du hip-hop – rythmiques auxquelles ils collent invariablement des voix éthérées d’une lugubre sensualité – se voyait augmentée d’instruments organiques sur leur plus récent et somptueux album, Mezzanine. "Il y aura beaucoup plus d’instruments, surtout des cordes, que nous enregistrons avec Craig Armstrong", peut-on lire sur leur site Internet à propos d’un quatrième essai (si on exclut les remix de No Protection avec Mad Professor) qui annonce aussi le retour de la chanteuse Elizabeth Fraser (Cocteau Twins) derrière le micro aux côtés de Sinead O’Connor et, paraît-il, nul autre que Damon Albarn (Blur). Suffisamment de données pour escompter un retour en force de ce noyau novateur devenu une incontournable référence. (David Desjardins)

Vulgaires Machins
Aimer le mal

Sortie: 17 septembre

Il y a parfois de ces surprises qui nous laissent sans voix et qui replacent notre enthousiasme à la bonne place. Prenez Aimer le mal, le nouvel album que nous présenteront les Vulgaires Machins. Si vous pensiez que le groupe punk-rock originaire de Granby allait nous sortir la même rengaine que sur Regarde le monde, détrompez-vous. En fait, Aimer le mal est probablement l’exemple parfait qu’une formation peut réussir à se surpasser simplement en tirant les bonnes ficelles et en sachant s’entourer. Réalisé par Pierre Rémillard et mixé à Toronto par Dale Penner (qui avait travaillé sur le dernier Grim Skunk), Aimer le mal pousse la créativité et la maturité des Machins quelques coches au-dessus de la moyenne des productions francos du genre au Québec. On y retrouve évidemment la même habileté à façonner des mélodies et des hooks hyper accrocheurs, mais avec une assurance et une ouverture musicale des plus salvatrices. Ajoutez à cela une évolution étonnante sur le plan des textes (auparavant le maillon faible de leur proposition) et rien de moins que la création d’un hymne d’une beauté aussi sombre que lucide (la superbe pièce A), et vous obtiendrez l’un des disques les plus marquants de la rentrée. Aussi en spectacle au Spectrum, le 19 octobre. (Eric Parazelli)

Peter Gabriel
Up

Sortie: 24 septembre

Dix ans après Us, son précédent album studio, Peter Gabriel revient enfin avec Up (longtemps connu sous le titre de travail On/Off), qui arrivera dans les bacs fin septembre. L’ex-Genesis aura mis près de cinq ans à le peaufiner et les fans attentifs ont pu patienter avec le dévoilement de quelques extraits durant cette période: deux pièces instrumentales à forte saveur électronique ont été utilisées dans le spectacle Zulu Time de Robert Lepage; la chanson Signal to Noise a été jouée live assez souvent pour se retrouver sur quelques enregistrements pirates et I Grieve fut utilisée pour la B.O. du film City of Angels. Cette dernière pourrait bien donner une idée de la noirceur du disque, dont plusieurs textes auraient été inspirés par des morts dans l’entourage de Gabriel. Sinon, attendez-vous à la même fusion léchée de pop, de rythmes du monde et de nouvelles technologies. (Nicolas Tittley)

The Strokes
Titre à déterminer

Sortie: 5 novembre

Locomotive tirant derrière elle la longue liste de sauveurs du rock qui sont venus raviver l’idée d’une musique poisseuse, simple et crue dans un univers musical dont la voûte semblait crouler sous l’électro et le hip-hop, les Strokes devraient faire paraître l’un des disques les plus importants de l’année. Une suite pour Is This It aussi attendue par les fans que par les détracteurs, ces derniers escomptant que Julian Casblancas et sa bande s’effondreront sous la pression, leur premier essai ayant été accueilli avec une telle unanimité par la critique que la reprise d’un tel exploit serait bien improbable. En effet, la force brute et l’expression adolescente des Last Night, Hard to Explain et Barely Legal ne pourraient être que difficilement reproduites, la jeunesse et la fraîcheur étant inéluctablement appelées à s’éteindre. Ne reste qu’à prier pour que leurs nuits de puériles débauches new-yorkaises se poursuivent un moment, au moins le temps de nous offrir un successeur digne de ce nom. (David Desjardins)

Suede
New Morning

Sortie: Fin septembre

Prouvant qu’il était responsable de l’incroyable chimie de son groupe lors du départ du guitariste Bernard Butler à la sortie de Dog Man Star (1994), le chanteur Brett Anderson brillait toujours sur l’excellent Coming Up (1997): un disque intense, saisissant, à la hauteur de ses prédécesseurs, malgré une certaine redite dans le fond comme dans la forme. Nonobstant un changement dans l’approche (nouveau réalisateur, apport électronique) pour Head Music (1999), le groupe allait démontrer que son glam intrinsèque, sa sensualité assumée et son sens de l’ironie étaient bien loin de s’éteindre. Parvenant plus souvent qu’à son tour à une sorte de plénitude musicale, à un son riche et absolument renversant, (The London) Suede ne peut faire autrement que de susciter un vif intérêt à l’annonce de chaque parution. (David Desjardins)

Rentrée Musique – Québec

Crise du disque? Effondrement de l’industrie? Cataclysme culturel? N’en croyez rien. Le monde de la musique se porte bien au Québec, comme en témoigne cette rentrée automnale bien chargée. Entre les incontournables albums de Noël, les supplémentaires à rallonge d’artistes bien établis et les parutions très attendues (voir l’hypothétique nouvel album de Jean Leloup, dans la section Nos choix), quelques nouveautés intéressantes se sont glissées au programme.

Le 16 septembre, l’étonnante Chloé Sainte-Marie, qui avait convaincu bien des cyniques sceptiques avec la parution de son très joli Je pleure, tu pleures, remet ça avec un deuxième disque. Le 24 du même mois, l’un des albums les plus attendus de l’année arrive chez les disquaires: pour son deuxième effort solo, le minutieux Marc Déry a partagé le job de réalisateur avec Paul Pagé et Carl Bastien, et il a passé, paraît-il, beaucoup, beaucoup d’heures en studio. Gageons que sa pop élégante rehaussée de subtiles touches électroniques y a gagné en richesse et que l’ex-Zébulon saura se faire de nouveaux adeptes. Parlant de Zébulon, un autre membre de la défunte formation devrait se lancer dans l’aventure solo: Yves Marchand, qu’on décrit déjà comme un fin orfèvre de la langue, devrait proposer un Belvédère sonore, mais aucune date de sortie n’a été précisée.

Du 25 au 27, sans crier gare, Kevin Parent a décidé de se glisser discrètement au Gesù, seul avec sa guitare. Le 2 octobre, Paul Kunigis et son groupe Jeszcze Raz déferleront avec bonheur sur le Club Soda dans un raz-de-marée gitan irrésistible. Les 9, 10, 11 et 12, au Gesù, Michel Rivard se la joue intime avec un tout nouveau spectacle (accompagné de Mario Légaré à la basse et de Francis Covan à l’accordéon); et les 16 et 18 octobre, au Spectrum, le guitar hero Steve Hill fait sa rentrée montréalaise, après son passage remarqué au FIJM. Un autre Steve, Faulkner celui-là, s’installe en résidence au Cabaret, où il jouera tous les dimanches, à l’exception du 6 octobre. Une bonne façon de faire suite à son récent disque live, Capturé vivant. Malgré le décès de leur leader Alcide Painchaud (pour qui ses fils Éloi et Jonathan ont enregistré le récent album Au nom du père), les membres survivants de Suroît lui rendront honneur en enregistrant sans lui ses chansons pour un disque à paraître le 16 octobre, à peu près en même temps que le nouvel opus des Charbonniers de l’enfer.

Parmi les plus jeunes et les petits nouveaux, on attend Muzion, le grand espoir hip-hop local, qui devrait finalement (après quelques décalages) lancer sa deuxième galette en novembre. La globe-trotteuse Jorane terminera son cycle scénique avec les dernières représentations de la tournée 16 mm, un spectacle "cinématographique" à la scénographie élaborée qui vaut vraiment le détour. On devrait nous confirmer les dates de ce concert qui se promènera à travers la province. En novembre, elle lancera aussi un album live, histoire de boucler la boucle… Le chanteur Corneille, originaire du Rwanda, pourrait en surprendre plus d’un avec le r’n’b hyper-léché de son album Parce qu’on vient de loin, qui paraîtra la semaine prochaine; Richard Petit nous en balance un deuxième; l’ex-leader de Doc et les Chirurgiens, Yann Perreau, fera cavalier seul; tout comme Jean-François Lemieux (ex-Basta et ex-TSPC, aussi bassiste de tout le monde et sa soeur, dont Daniel Bélanger) qui nous promet un mystérieux Superstar.System. Mi-septembre, une petite nouvelle, Lynda Thalie, primée au concours Ma première Place des Arts, lancera un premier disque réalisé par Nicolas Maranda, sur lequel on pourrait entendre des références à ses origines algériennes.

Le duo bossa Bet.e & Stef, véritable success story de la production indépendante, s’offrira le Théâtre Outremont le 4 octobre, avec les chansons de son plus récent disque (à paraître en septembre) en prime. L’Acadien errant Fredric Gary Comeau (dont on annonçait avec enthousiasme l’excellent album Hungry Ghosts dans notre cahier de la rentrée, l’an dernier) sera quant à lui au Cabaret le 10 octobre. Le 15 du mois, nos néo-hippies préférés, La Chango Family, lanceront un premier disque chez Audiogram. La recette reggae-latino-manouche-rock qui a fait fureur sur scène (notamment aux Francos) gardera-t-elle la même folie sur disque? On le souhaite… Le même jour, Térez Montcalm nous livre 14 nouvelles chansons qu’elle présentera sûrement lors de ses concerts des 19, 22 et 23 novembre au Corona. Le 22, le claviériste Dan Thouin tentera de faire entrer son Large Ensemble (qui a fait un malheur au dernier Festival de Jazz) sur la petite scène du Cabaret.

En vrac, on prévoit des supplémentaires pour l’increvable Daniel Bélanger (qui sera les 26, 27 et 28 septembre à l’Olympia); pour Claude Gauthier (les 15 et 16 novembre, alors qu’il lancera un album compilant ses plus belles chansons); pour Luce Dufault, qui va faire craquer le Théâtre Saint-Denis les 16 et 17 octobre; pour Bob Walsh, qui reprend ses Unforgettable Songs les 30 octobre, 1er et 2 novembre; et un retour sur scène pour le très politisé chanteur-comédien-performeur Jerry Snell, qui devrait remonter sur les planches "quelque part cet automne", nous dit-on, tout comme Pierre Flynn. Et ce n’est là que la pointe de l’iceberg…

Musique locale

On est encore loin d’humer le doux parfum des feuilles mortes et il faut déjà penser à la rentrée… Heureusement, encore une fois cette année, l’effervescence de la scène indépendante locale ne se dément pas, et on pourra compter sur quelques spectacles et plusieurs galettes fabriquées avec les moyens du bord mais avec un coeur gros comme ça pour nourrir nos oreilles avides de nouveaux sons. D’abord, sur scène, l’événement hardcore de la rentrée sera sans contredit le Sick & Twisted Extravaganza! qui se déroulera le samedi 14 septembre, au Club Soda, et qui mettra en vedette, entre autres, les formations Deadly Pale, Vulgar Deli, The Generatorz, Cynical Czardas, Locos et Beauty Dropout. Une chose est sûre: ça va brasser! Assez pour avoir envie de se calmer le gros nerf avec le premier album d’Ève Cournoyer, intitulé Sabot-de-Vénus, dont la sortie le 1er octobre devrait coïncider avec un spectacle à la Sala Rossa. Attendez-vous à de la pop sensible, intelligente et authentique, rien de moins!

Le fameux disque solo de SP de Sans Pression sortira-t-il le 15 octobre comme prévu? Qui vivra verra, comme dirait l’autre… Ce dont on est certain, c’est que le Vendettas Paul Cargnello ne nous fera pas faux-bond avec son premier album solo Lightweight Romeo, puisque son lancement au Petit Campus, le 4 octobre, est déjà dans notre agenda. La veille, l’étage juste au-dessus, la bande de Trip The Off présentera elle aussi un nouveau disque. Dans la catégorie "un jour mon prince viendra", on peut placer l’inespéré premier album des Breastfeeders, enregistré sur deux pistes (!), qui devrait faire son apparition dans nos lecteurs, comme par magie, quelque part en novembre.

À la mi-octobre, juste à temps pour les récoltes, on pourra mettre la main sur la fumante compilation Jamais sans mon pot, roulée juste pour vous par Boris Saint-Maurice du Bloc-Pot. On devrait aussi pouvoir mettre la main sur la quatrième édition de la compilation ska 2Tongues, également en novembre. Si le nouveau disque des Vulgaires Machins (en magasin le 17 septembre, voir p. ??) s’annonce d’ores et déjà comme l’événement alternatif de la rentrée, on ne saurait négliger l’onde de choc que devrait causer la sortie de l’album de Groovy Aardvark, qui sera souligné par un concert au Métropolis en décembre.

Côté métal, on peut prévoir rien de moins que l’apocalypse lorsque le nouveau disque d’Anonymus fera son apparition en novembre; et que dire des événements Powerpack et Trashback, les 8 et 9 novembre, au Medley, qui réuniront des formations comme Anvil, Hanker, Heaven’s Cry, Soulforge, Black Cloud, Horfixion, Ashes of Eden et Last Breath. Les plus aguerris pourront s’y préparer mentalement le 2 novembre, au Zest, alors qu’on y présentera le spectacle d’Halloween le plus métal à Montréal, avec trois formations célébrant chacune le lancement d’un nouvel album: Howling Syn, Liva et Moonlyght.

On pourrait aussi vous parler des lancements de Purge (septembre), Kaléidoscopik (21 septembre, aux Foufs), d’Alexis O’Hara (sur étiquette Grenadine à la mi-octobre), de CQFD (ex-Tchigaboux, quelque part cet automne), des 25 sorties automnales de Local Distribution (parmi lesquelles Shop Ltd, Manouche, la compilation Nord Ambient Alliance, les disques du label de Québec New Horizon). On pourrait aussi vous faire saliver en vous disant que de fortes délégations indépendantes seront de la partie lors des événements Pop Montréal ou Coup de coeur francophone. Mais laissons les choses aller et soyons à l’affût!

Eric Parazelli

Musique – International

Sur disque et sur scène en septembre
Pour qui voudrait voyager sur les chemins de traverse, l’automne commence bien avec l’arrivée dans les bacs d’un nouveau Shivaree intitulé Rough Dreams. Déjà sorti en Europe, où cet inclassable groupe américain semble avoir trouvé une terre d’accueil, cet album voit la bande de la chanteuse Ambrosia Parsley approfondir la recette éclectique du précédent disque au titre génial (I Ought to Give you a Shot in the Head for Making me Live in this Dump), mélangeant folk, country, techno, jazz, musique contemporaine et autres avec l’aide d’une bonne trentaine de musiciens. Le rétro kitsch de Ladytron refait surface sur Light & Magic, que le groupe présentera en ville le 27 octobre; mais avant, le 21 septembre, pour être précis, la pianiste et chanteuse Patricia Barber, l’une des plus respectées de la planète jazz, s’amène au Spectrum dans le cadre de la série Jazz à l’année.

On avait déjà une très grosse semaine en perspective le 24 septembre, avec les nouveaux disques de Beck et de Peter Gabriel (voir la page Nos choix); mais il faudra aussi compter avec l’étonnant Ryan Adams, qui proposera Demolition, une collection de pièces à saveur country-folk nouveau genre enregistrées au cours des deux dernières années. Ces morceaux épars, choisis parmi une soixantaine de pièces datant de l’enregistrement de Gold, auraient pu, paraît-il, se retrouver dans un coffret de quatre disques; mais l’ex-chanteur de Whiskeytown a décidé de ne garder que les meilleurs sur un seul.

India.Arie, la moins médiatisée mais la plus intéressante des nouvelles "soul divas", effectuera un Voyage to India (toujours chez Motown) avec son style intimiste, acoustique et habité; le délirant Robyn Hitchcock, qui a lancé dans son Angleterre natale un album double de reprises de Dylan (Robyn Sings!), reforme les légendaires Soft Boys pour Nextdoorland, un nouveau disque à paraître chez Matador, qui avait déjà réédité Underwater Moonlight. Le groupe prévoit une tournée américaine, mais ne semble pas avoir arrêté de date pour Montréal.

Chez Ninja Tune (après la sortie de Trouser Jazz, de Mister Scruff, qui viendra spinner un set de six heures à la SAT le 16 novembre), on saluera le retour de DJ Vadim avec USSR – The Art of Listening, pour lequel il a assemblé un aréopage de musiciens d’horizons divers (Inde, Pologne, Brésil, etc.), ainsi que la crème des rappers, parmi lesquels les éclatés du groupe français TTC et Gift of Gab de Blackalicious.

Les métalleux de Biohazard sont rancuniers et ont la mémoire longue, si l’on en juge par Never Forgive, Never Forget, tandis que le truculent Les Claypool, leader des givrés de Primus, lancera un disque solo au titre dadaïste: The Frog Brigade Presents Purple Onion. Le vénérable Steve Earle revient avec Jerusalem; le groupe Of Montreal fait dans le latin de cuisine avec Aldhils Arboretum (sur la petite étiquette Kindercore Records); le rapper redneck Uncle Kracker, protégé de Kid Rock, avouera sans ambages qu’il est No Stranger to Shame et, dans un genre plus poli, Dylan Junior (Jakob) ramènera ses Wallflowers avec Red Letter Days. Cette journée du 24, décidément chargée, marquera aussi le retour des superstars techno Underworld avec A Hundred Days Off.

Le 31 septembre, Soft Cell, probablement inspiré par le retour en force des années 80, débarque avec Cruelty Without Beauty, son premier album de matériel original depuis 1984. Marc Almond et Dave Ball n’ont pas dit leur dernier mot et, fidèles à leur amour du son Motown, ils reprendront The Night, de Frankie Valli, en guise de single. Alison Moyet, une autre revenante des années 80, lancera Hometime et le mois devrait se terminer avec des nouveautés de l’ex-chanteur de Verve Richard Ashcroft, de Mark Knopfler et de Death in Vegas. La charmante Neko Case traînera ses Boyfriends sur la scène du Cabaret le 27, qui sera foulée le lendemain par le fort sympathique chanteur ontarien Hayden, qui arrive avec un nouveau disque sous le bras. La fin septembre (du 26 au 29) marque aussi l’arrivée d’un nouveau festival dans le paysage musical montréalais: le Montréal Pop Explosion, qui mélangera artistes francos et anglos d’ici et d’ailleurs. Au menu: Arthur H, The Dears, Thomas Hellmann, Les Marmottes Aplaties, Gros Mené et une foule d’autres. Indochine profitera aussi de la fin septembre pour s’offrir une tournée québécoise, histoire de se reprendre pour l’annulation du concert des Francos.

Octobre
Début octobre, l’électro épileptique de Squarepusher se retrouvera sur Do You Know Squarepusher (un double qui inclura un disque live) et les suaves Thievery Corporation lanceront The Richest Man in Babylon. Le 2, on recevra la visite des post-rockers ontariens Do Make Say Think, à la Sala Rossa, le même soir où la Casa del Popolo accueillera Themselves et Alias, du collectif Anticon. Le 4, les Japonais fous de Melt Banana (qui ont triomphé à Victo ce printemps) se ramènent à l’X et le 6, on devrait croiser d’excellents revenants: The Chameleons U.K., dans une salle à déterminer. Dans le genre survivant, on peut dire que la semaine sera chargée, puisque les vieux punks des Damned seront au Cabaret le même soir; le 8, toujours au Cabaret, c’est au tour des Legendary Pink Dots. Le 8, Björk lancera simultanément un Greatest Hits (dont les titres ont été choisis par les fans via son site Web), ainsi qu’un coffret plus ambitieux intitulé Family Tree. La sortie, prévue plus tôt cette année, fut retardée à cause de la complexité entourant l’assemblage dudit coffret (composé d’un CD normal et de quatre mini-CD), qui réunit vieux morceaux, faces B et enregistrements en concert. Le même jour, les sympathiques Apples in Stereo proposeront de traquer la Velocity of Sound, l’excellent groupe hip-hop Jurassic 5 trouvera sa Power in Numbers, Tom Petty s’amène avec un drôle de titre (The Last DJ) et l’Irlandaise Sinéad O’Connor n’est pas en reste avec Sean Nos Nua.

Le 12 octobre, le métalleux nouveau genre Andrew W.K. prévoit s’arrêter au Spectrum. Notre nouveau concitoyen Amon Tobin nous convie à un incontournable set live au Club Soda, histoire de présenter les morceaux de son nouveau Verbal; et le 14, à la SAT, la tournée Electroclash offrira l’une des affiches les plus électrisantes de l’automne: Peaches, Chicks on Speed et Tracy and the Plastics sur une même scène, ça risque de brasser pas mal d’air. Les 14 et 15, attendez-vous à être décoiffés par les Japonais du groupe-culte Acid Mothers Temple, qui sera de passage à la Sala Rossa où l’ex-Sebadoh Lou Barlow s’exécutera le 28. Le 16, Ash et Dashboard Confessional se paient le Métropolis et les fans de punk emo seront aussi contents d’apprendre que New Found Glory y sera le 30. Le 17, Salif Keita prend d’assaut le Spectrum. Sur disque, le 22, les Foo Fighters de Dave Grohl reprennent du service, tout comme Tori Amos, qui devrait se ramener avec Scarlet’s Walk. De France, on attend impatiemment la nouvelle galette de Katerine (8e ciel).

Novembre
Le mois des morts? Pas sûr… À preuve: le mois devrait débuter avec un nouveau Bashung chez les disquaires, ce qui n’est pas rien; les énergiques Français de La Ruda Salska nous offriront leur Passagers du réel et la fille d’Ozzy Osbourne, Kelly, lancera son premier disque. Le 12 novembre, l’électro glitch d’Opiate se fera entendre à la Sala Rossa; et le 17, Caetano Veloso, probablement le plus grand chanteur brésilien vivant (et bien vivant!), viendra nous rendre visite à la Place des Arts (à Wilfrid-Pelletier) avec un Live in Bahia sous le bras. Toujours à la PdA, mais au Théâtre Maisonneuve, l’élégant Bryan Ferry s’amène le 9 novembre. En vrac, dans la catégorie "sortie possible à l’automne si tout va bien", on parle aussi de nouvelles parutions de Badly Drawn Boy, du nouveau groupe de Courtney Love, gentiment baptisé Bastard; des Dandy Warhols, de Rage Against the Machine (avec Chris Cornell, ex-Soundgarden, derrière le micro à la place de Zack de la Rocha); d’Elliot Smith (avec Basement on the Hill), d’Everclear, de Gang Starr, des White Stripes et du retour très attendu de Liz Phair. On nous annonce aussi la sortie simultanée de disques solo de deux membres de Depeche Mode (Martin Gore et Dave Gahan), l’arrivée possible d’une compilation de faces B de Radiohead, en attendant le nouveau disque qui suivra peu après. Idem pour U2, qui nous fera patienter (le nouvel album sort début 2003) avec un Best of 1990-2000. C’est pas beau, ça? Et comptez-vous chanceux, amis lecteurs, car on vous a fait grâce des innombrables rééditions, compilations et autres machines à sous dont les compagnies de disques ont le secret. À vos portefeuilles!

Nicolas Tittley