Un nouveau vin québécois… de tomate
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Un nouveau vin québécois… de tomate

C’est dans Charlevoix et avec des tomates locales que sont produits les vins Omerto, une gamme pas comme les autres. Une idée toute belge.

Du vin, mais sans raisin. Pascal Miche produit en effet ses alcools avec les tomates qu’il cultive au Domaine de la Vallée du Bras, en surplomb de la vallée du Saint-Laurent et de l’Isle-aux-Coudres. Cet immigré belge s’est installé il y a cinq ans dans les coteaux du rang Saint-Antoine Nord, à Baie Saint-Paul.

«L’endroit est très inspirant. J’aime me dire que c’est pour ça que nos tomates sont si goûteuses et si savoureuses, raconte Pascal. À la maison, on nous disait que manger une tomate par jour éloignait le médecin pour toujours…»

Si les vins OMERTO viennent d’arriver à la SAQ, cela fait plus d’une dizaine d’années que cet œnologue de formation, consultant en agroalimentaire et charcutier travaille sur ses vins de tomate pour parvenir à les commercialiser. Le nerf de la guerre: il a notamment fallu prouver aux autorités agro-alimentaires que la tomate était bien… un fruit.

«Mes ancêtres le préparaient dans leurs caves»

Cette idée d’utiliser la tomate, c’est en fait celle d’Omer, l’arrière-grand-père de Pascal. En 1938, sa récolte de tomates est si importante qu’il décide d’utiliser le surplus pour faire de l’alcool. Il travaille ensuite sa recette jusqu’à la mise au point d’un vin apéritif à 18% d’alcool.

«Il n’y a aucun alcool ajouté. Seules une fermentation à levure et une macération sur plusieurs mois produisent ce résultat, assure Pascal, qui garde jalousement le secret de la recette. Mes ancêtres le préparaient dans leurs caves et le dégustaient entre amis, les jours de fête…»

C’est d’ailleurs en hommage à Omer que Pascal a baptisé son vin. Un clin d’œil à son ancêtre inventeur, qui montre en même temps qu’il a la ferme intention de garder le silence autour de la fameuse recette. Depuis Omer, quatre générations de Miche ont fabriqué ce vin en Belgique, sans pour autant le commercialiser. Jusqu’à Pascal.

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«Nous devenons ainsi les premiers à commercialiser un apéritif haut de gamme fabriqué à partir de la tomate, assure-t-il. Faites toutes les recherches que vous voulez sur le Web, un tel alcool est jusqu’à maintenant inexistant sur le marché mondial!»

C’est qu’il fallait avoir l’idée de remplacer le raison par la tomate… C’est le fruit le plus consommé dans le monde, alors pourquoi pas en vin? Pas besoin de kilomètres de vignes: Pascal produit 240 000 litres de vin avec seulement un hectare de plantations de tomates.

Le Domaine de la Vallée du Bras a reçu la palme au Concours québécois en entrepreneuriat, catégorie Création d’entreprise. OMERTO commercialise aujourd’hui quatre produits différents: un vin sec, un moelleux, un demi-sec vieilli en barrique d’acacia pendant 24 mois et un moelleux vieilli en barrique de châtaignier et cerisier pendant 24 mois.

Des saveurs de porto ou de saké

Si la plupart des clients s’attendent à une couleur rouge ou rosée, ils découvrent des vins dorés, rappelant un blanc liquoreux. Et le goût? Plutôt étonnant. Le moelleux évoque un porto, tandis que le sec nous ferait presque penser à un saké.

Lors d’un championnat mondial des sommeliers, l’expert en harmonies François Chartier avait d’ailleurs proposé en dégustation à l’aveugle des produits OMERTO; aucun des candidats perplexes n’avait pu identifier la tomate.

Le goût du vin de tomate n’est pas révolutionnaire pour autant, et le prix reste relativement élevé (34$ la bouteille, 24$ pour 375ml et 14$ 200ml). Ces vins accompagnent cependant bien des plats de poissons ou de viandes, en plus de pouvoir être consommés en apéritif, en vin de dessert ou en lieu de digestif. Et avouons-le, c’est un cadeau plus original que la traditionnelle bouteille de rouge…

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