Vie

Les microbrasseries contre Énergie Est

La Fondation Coule pas chez nous!, qui proteste contre le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, s’est associée à une vingtaine de microbrasseries dans une nouvelle campagne de sensibilisation.

«Quand on regarde le tracé d’Énergie Est et la carte des microbrasseries du Québec, on est tout de suite frappé de voir à quel point les deux se chevauchent. Beaucoup de brasseries prennent leur eau à même des cours d’eau. Énergie Est traverserait 860 d’entre eux au Québec seulement. En cas de rupture près d’une prise d’eau où une microbrasserie puise son eau, la production devrait s’arrêter instantanément. Pour nous qui avons choisi de nous impliquer dans la campagne, ce risque est intolérable.»

Pour William Garant, gérant du salon de dégustation de La Barberie, protester contre Énergie Est c’est aussi protéger l’eau potable. C’est en partant de ce constat que Oshlag, La Barberie, Le Griendel, Les Grands Bois, Ras L’Bock, MaBrasserie, Boswell, Brouhaha, Isle de Garde, La Succursale et Noire et Blanche ont lancé un partenariat avec la Fondation Coule pas chez Nous!. Dix autres microbrasseries ont ensuite rejoint le mouvement.

La nouvelle campagne de sensibilisation passe notamment par la commercialisation d’une «bière militante», la Coule pas chez nous!, d’après une recette de la microbrasserie Les Grands Bois (St-Casimir). 12 000 bouteilles sont déjà disponibles au Québec via les microbrasseries participantes. Pour chaque bière vendue, les microbrasseries donneront une partie de leurs profits à la Fondation, qui regroupe 14 groupes citoyens protestants contre le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada.

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3 800 emplois en microbrasseries, versus 33 pour le pipeline

«Quand nous avons commencé à approcher les microbrasseries, nous avons été étonnés de la facilité avec laquelle elles ont embarqué, raconte Anne-Céline Guyon, coordonnatrice de la Fondation Coule pas chez nous!. Elles ont immédiatement vu les impacts négatifs éventuels du projet Énergie Est pour leur secteur d’activité. Pour la Fondation, ça signifie une chose: ce n’est pas vrai que tous les secteurs économiques soutiennent cet oléoduc. On nous parle toujours des soi-disant impacts économiques positifs, mais jamais des négatifs sur plusieurs secteurs économiques dont les microbrasseries. Or, c’est certain qu’il y en aura!»

Au sujet d’économie justement, le secteur brassicole est en pleine expansion, générant actuellement 3 800 emplois à travers le Québec, selon la Fondation – qui rappelle en comparaison que TransCanada promet 33 emplois sur 40 ans si son projet Énergie Est voit le jour.

De Jonquière à Amqui, en passant par Sainte-Tite, les microbrasseries participantes sont listées sur www.coulepascheznous.com. «Le pipeline Énergie Est vient menacer notre industrie touristique, nos cours d’eau, notre paysage et surtout notre approvisionnement en eau pure, conclut Alexandre Caron, cofondateur de Ras L’Bock, l’une des microbrasseries du projet. C’est notre ingrédient principal. Pas d’eau, pas d’bière; pas d’bière, pas d’fun!».