Ève Salvail, de Matane à Manhattan
Vie

Ève Salvail, de Matane à Manhattan

Pour les dix ans de sa marque de vêtements, Elisa C-Rossow a organisé un joli projet: photographier dix femmes représentant Montréal, pour honorer ses collections et célébrer la ville. Entrevue avec l’une d’elles, la mannequin Ève Salvail. 

À 46 ans, Ève dit avoir jonglé avec plusieurs personnages dans sa carrière, mais plus particulièrement deux. Ses amis proches sont bien heureux de partager des aventures et délires avec l’Ève qui a grandi à Matane: la fille simple, la crevette, mais la crevette déterminée, surprenante et souriante. Les designers et réalisateurs connaissent plutôt l’Ève de Manhattan: la fille glam, outgoing et out there.

Elisa C-Rossow: Quel a été ton plus grand risque professionnel?

Ève Salvail: À l’âge de 20 ans ou presque, je travaillais déjà comme mannequin à Montréal et à Tokyo. Lors d’un séjour à Tokyo, j’ai décidé sur un coup de tête de me raser les cheveux et de me faire tatouer le crâne. Emballée par la nouvelle tête que j’avais, j’ai proposé à mon agence de convoiter certains designers et leurs défilés, mais l’agence m’a laissée tomber. J’ai alors décidé de me présenter dans une nouvelle agence, avec une perruque cette fois. Après avoir signé un contrat de deux ans, j’ai retiré ma perruque; la réaction qu’ils ont eue est gravée à jamais dans ma mémoire.

Il m’a fallu attendre six mois pour que le miracle se produise: je travaillais aux Foufounes électriques à l’époque, à défaut de faire du mannequinat, et à l’automne 1992 Jean-Paul Gaultier m’a vue. C’est là que tout a commencé.

Quel moment ou quel projet a réellement déclenché ta carrière?

À 21 ans, mon premier show Jean-Paul Gaultier. Quand je suis retournée à ma chambre d’hôtel – à l’époque, il y avait encore des fax -, tout s’est mis à débouler. Je recevais des confirmations pour Glamour France, Glamour Italie, Marie-Claire France, Gucci, etc. Sans agence et avec encore un job aux Foufounes électriques!

Quel est ton plus grand accomplissement ou ta fierté?

Je ne crois pas avoir eu de grands accomplissements, je crois plutôt avoir eu une chance extrême. Je suis par contre vraiment fière et choyée d’avoir donné du courage à des femmes qui ont combattu et pour certaines vaincu le cancer à se sentir belles et fortes même sans cheveux. J’ai réalisé que mon geste, soit-disant banal et rebelle, a à l’époque fait du bien à beaucoup de femmes autour de moi.

Quel est le meilleur conseil que tu aies reçu?

«Measure twice, cut once» a été un des meilleurs conseils que j’ai reçus pour éviter les impulsions que j’ai constamment. Lâcher prise pour être mieux dans ma peau et ma tête, aussi. Depuis que j’ai 9 ans, je pratique la plongée sous-marine et il n’y a rien au monde qui peut t’aider à mieux atteindre ce niveau de lâcher prise. Tu stresses toujours les 10-30 premières secondes, mais quand tu réussis à maîtriser ton stress, tout va plus lentement et tu gères mieux tes efforts. T’apprends vraiment à faire tout plus tranquillement. C’est vraiment un high pour relaxer…

Matane versus Manhattan?

Matane, c’est magique. C’est les plus beaux couchers et levers de soleil. Manhattan, c’est vrai. Après avoir vécu près de 23 ans à New York, je ne la vois plus comme étant une ville inaccessible, la ville des grandes histoires à succès. C’est plus comme un gros village.

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