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Vie

Avenue Maguire : Rue des plaisirs

"Sommes-nous déjà arrivés à l’avenue Cartier?" demande un touriste au conducteur de l’autobus 11. Le chauffeur lui répond que non, cette rue-là, c’est Maguire. Le touriste se tourne vers sa compagne: "On va descendre ici!"

En plein cœur de Sillery, entre le centre-ville et Sainte-Foy, l’avenue Maguire a un petit goût de revenez-y. Quand on y a goûté, difficile de ne pas y revenir. Est-ce l’architecture de ses bâtiments rappelant certaines capitales européennes, ses commerces hors du commun et son vaste choix de restaurants, son côté marché de quartier ou ses commerçants sympathiques?

Hélène Garant, optométriste, estime que c’est un mélange de tout cela qui confère à cette artère commerciale ses lettres de noblesse. Installée avenue Maguire depuis une vingtaine d’années, elle se souvient: "À l’époque où j’ai ouvert, dans les années 80, la rue commençait à bouger. L’immeuble où je suis installée était récent. On prévoyait déjà un fort potentiel. Je cherchais un commerce de rue, plus typique, où les gens se connaissent et se reconnaissent. Je l’ai trouvé."

On retrouve sensiblement le même discours chez Mario Bernardo, aimable propriétaire du Montego Resto-Club, qui donne sur la rue depuis 12 ans. "À l’époque, nous confie-t-il, l’avenue ne comptait pas beaucoup de restaurants, tout était à faire. On voyait déjà qu’elle allait devenir achalandée."

Avenue Maguire, rien ne doit être fait comme ailleurs. Brynd Smoked Meat (le meilleur smoked meat en ville), qui a ouvert ses portes en 1987, se démarque grâce à l’originalité de son concept et par les accompagnements servis avec son fameux sandwich à la viande fumée.

Même si les restaurants pullulent aux abords de l’avenue, Mario Bernardo ne s’inquiète pas de la concurrence. "Que ce soit Paparazzi, Brynd, Pat Rétro, je ne suis jamais porté à voir les autres restos comme des concurrents; l’important, c’est que les gens fréquentent Maguire. Un jour, ils viennent chez moi, et l’autre, chez le voisin; je suis content de voir sa terrasse pleine."

Une grande famille, l’avenue Maguire? Difficile de penser autrement. Que ce soit les commerçants ou les clients habituels, tout le monde se connaît, ce qui donne à Sillery un petit air de village de campagne ascendant bourgeois, marqué par la chocolaterie fine, les vêtements de créateurs, les restaurants gastronomiques et les galeries d’art.

Un sentiment d’appartenance émane des passants lorsqu’on les arrête dans la rue: "Je vais chez Roset, c’est mon épicerie, affirme Josée Giguère, résidente du quartier et inconditionnelle de l’avenue Maguire. Quand mes filles ont envie de se louer un film, c’est ici; elles veulent des bonbons en revenant de l’école, c’est ici aussi… On trouve vraiment de tout, que ce soit en termes de restaurants ou de services. La bibliothèque, la pharmacie… On est vraiment chanceux d’avoir tout ça sous la main."

Les places de stationnement aménagées par la Ville aidant, il est facile de magasiner avenue Maguire, même sans en être voisin. C’est ce que fait Christian Saint-Cyr, résident de Beauport: "Je travaille proche de l’avenue Cartier et j’habite à Beauport, avoue-t-il, et dans ces coins-là, c’est pas les pharmacies qui manquent! Mais je viens ici parce qu’ils sont les seuls à avoir la sorte de mouchoirs en papier que je prends, approuvés par Greenpeace. Alors j’en profite pour aller acheter un disque ou deux chez Mélo-Mag, ou pour rapporter une couple de bagels à la maison. Leurs bagels, ajoute-t-il sur le ton de la confidence, ils sont écœurants!"

Le propriétaire du Montego Resto-Club confirme: "On ne retrouve pas juste des habitants du quartier, ici, on voit de tout. Des touristes, des habitués, c’est sûr, ou d’autres qui viennent de temps en temps et qui finissent par devenir des habitués!" plaisante-t-il.

Même si elle acquiesce à tous ces arguments, Hélène Garant, quant à elle, pense savoir ce qui a fait, et continuera de faire, la réussite de l’avenue Maguire: "La clientèle encourage ce genre de commerces-là. Les clients savent qu’ils sont chanceux d’avoir cette artère en santé, les résidents du quartier retournent voir leurs commerçants, car ils sont conscients que sinon, ils vont les perdre! Et aussi… c’est toujours mieux d’acheter chez quelqu’un qu’on connaît."