Vie

Le retour des roulottes : Sur la route…

Après avoir sillonné gaillardement les routes du Canada, on aurait pu croire ces petites coquilles bringuebalantes vouées au rebut. Et pourtant, les roulottes n’ont peut-être jamais été aussi cool: 10 % des Québécois ont déjà leur propre petite maison sur roues. D’ailleurs, récemment, le Montréalais Guy Leduc s’est lancé dans la conception d’une drôle de roulotte, mi-cocon, mi-embarcation: Ekino.

L’homme qui voyait flotter les roulottes

Guy Leduc a deux passions: le cinéma et le design. En combinant les deux, c’est finalement dans la conception en 3D qu’il parviendra à s’exprimer. Il modélise des catamarans, des avions en kit et même des trains à grande vitesse. Un beau jour, alors qu’il dessine la coque d’un simulateur de jeu en forme de poste de pilotage, il imagine une roulotte qui aurait la même forme oblongue. Puis, comme ce simulateur a une base qui évoque la coque d’un bateau, il lui prend l’envie irrésistible de faire flotter sa roulotte sur l’eau. "J’avais l’idée de faire une roulotte qui puisse aller en Floride en hiver ou de faire un ponton-maison sur le fleuve en été", se souvient-il. En 2004, pour réaliser ce rêve, il fonde sa propre compagnie, Ekino.

Un nid douillet sur roulettes

Aujourd’hui, la roulotte dont a rêvé Guy Leduc existe sous forme de prototype. Dans un sondage qu’il a effectué au Québec il y a 2 ans, 22 % des personnes interrogées souhaitaient l’acheter. C’est qu’on s’y attacherait presque à ce gros cocon immaculé, tout en fibre de verre. Ce qui frappe d’abord, ce sont ses formes rondes et profilées que l’on sent empruntées au design nautique. Même les fenêtres affichent leur identité: longues et effilées ou de simples hublots. À l’intérieur, on retrouve l’esprit qu’on pressentait déjà de l’extérieur, car selon Guy Leduc, "ce que l’on veut lorsqu’on se promène dans une roulotte, c’est profiter de la nature". La décoration y est sobre. Pour éviter de trop surcharger les murs, l’idée est d’utiliser une seule couleur majeure neutre, rehaussée par endroit d’accents linéaires dans la même tonalité. Par ailleurs, la multiplication des fenêtres et la hauteur de plafond inhabituelle permettent de baigner l’espace intérieur d’une belle luminosité. Ici, tout est fait de rondeurs, pour répondre aux lignes extérieures et créer l’illusion d’un cocon en pleine nature. On y découvre, en entrant, une alcôve, aménagée avec une banquette circulaire disposée autour d’une table ronde qui peut s’abaisser pour faire corps avec la première et former un canapé-lit. À côté, il n’est nul besoin de jouer des coudes dans une salle de bain qui n’a pas à rougir de ses proportions. Au fond, la chambre nuptiale se love dans le creux des courbes de l’arrière de la roulotte. "Je voulais le confort d’une petite chambre d’hôtel que l’on transporterait partout", dit son concepteur. On s’y croirait presque, mais sur des roulettes…

Info: www.ekino.ca

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GUY LEDUC SUR MONTRÉAL

Guy Leduc aime Montréal parce que c’est une île. "La perspective de la ville vue du fleuve est très différente", dit-il. Ce n’est peut-être pas pour rien qu’il rêve de voir sa roulotte aller sur l’eau. Seulement, voilà: on ne peut pas faire le tour de l’île, à cause des nombreux barrages qui interdisent toute navigation. "Si l’on pouvait mieux circuler, s’il y avait, par exemple, un canal entre le fleuve et le Richelieu, les Montréalais auraient peut-être plus de bateaux et apprécieraient mieux le fait d’être sur une île", rêve-t-il tout haut.

En attendant, il aime se promener au bord de l’eau. "Il y a plein d’endroits sur l’île où le regard ne rencontre aucune construction, au point qu’on n’a plus l’impression d’être à Montréal", témoigne-t-il. Selon lui, cette beauté naturelle est surtout présente aux deux extrémités de l’île. À l’occasion, il longe le boulevard Gouin vers l’est:

  • Parc de l’Île-de-la-Visitation (Gouin/Saint-Michel): Sur le petit pont en bois au milieu de l’île, entouré d’arbres, on pourrait être très loin de Montréal.
  • Pointe de l’île de Laval: À la rencontre des rivières des Mille Îles et des Prairies, cet environnement d’archipels nous emmène ailleurs, et la perspective de Montréal prend un autre visage.
  • Île Haynes: Après être passé sous le pont Charles-De Gaulle, sur le boulevard Gouin, il faut prendre un petit pont pour aller sur l’île Haynes. De là, on a une vue magique sur les îles Serre, Bonfoin et Bourdon.
  • Parc du Bout-de-l’Île: Après Gouin, en continuant sur Sherbrooke (avant de passer sur le pont Le Gardeur), on tombe sur ce petit parc qui nous donne une vue unique sur le fleuve vers l’est et sa constellation d’îles (Sainte-Thérèse, île Verte).
  • En face des îles de Boucherville: en continuant sur Notre-Dame, on croise deux autres parcs, Sainte-Julie (coin Marien) et Bellerive (coin des Ormeaux), desquels on voit les îles de Boucherville et aux abords desquels on peut trouver des petits restaurants au bord de l’eau.

    Et le tour n’est pas fini…

    Un outil pratique pour voir Montréal et ses havres naturels vue d’en haut (à télécharger gratuitement): www.earth.google.com