Vie

Escalade de rocher : Épopée roc

Fourmis dans les jambes? Idées de grandeur? Diagnostic: c’est la fièvre du printemps. Traitement suggéré: expérimenter l’escalade de rocher, un sport extrême plus accessible qu’il n’y paraît.

Ceux qui n’ont jamais tâté du mousqueton ou du baudrier entretiennent souvent un bon lot d’idées reçues à propos de l’escalade. Ils croient que ce sport extrême – donc dangereux – n’est l’apanage que d’une poignée de fiers-à-bras à la force herculéenne. De gens sans peur et sans reproche… Alain Gagnon, guide d’escalade de rocher et directeur des opérations chez Roc Gyms et L’Ascensation, les ramènera vite les deux pieds sur terre: "L’escalade de rocher, c’est chill. C’est pour monsieur et madame Tout-le-monde. Ça se ferait presque en complet-cravate! lance-t-il, blagueur. Sérieusement, c’est beaucoup moins difficile physiquement que l’escalade de glace, par exemple. Même des personnes à mobilité réduite peuvent en faire."

Mais s’il n’y a aucun préalable, que faire avec cet embarrassant handicap qui afflige nombre d’aspirants grimpeurs: le vertige? "Le secret, c’est d’y aller petit à petit, affirme le pro avec un calme absolu. Chaque fois qu’on grimpe, on dépasse nos limites, on monte un peu plus haut que la fois précédente. On est fier et ça nous motive." Il jure que les gens qui restent cloués au bas de la paroi, paralysés par la terreur, font figure d’exceptions. "En escalade, on s’encourage beaucoup, on se pousse, c’est vraiment un travail d’équipe. Les gens se dépassent, ils sont contents, ils gagnent beaucoup de confiance en eux."

Sans compter qu’au niveau initiation, l’escalade de rocher ne comporte pas de grands risques. La raison: on monte en moulinette (top rope), c’est-à-dire que la corde à laquelle on est attaché passe dans un relais au haut de la paroi et est maintenue tendue par la personne qui nous assure au sol. "Il n’y a pas de chute possible. C’est vraiment sécuritaire", jure M. Gagnon.

Une fois ces angoisses apaisées, il s’agira d’apprivoiser ce sport intimidant en apprenant ses bases: comment s’attacher, bouger et gravir le mur qui se dresse devant nous. S’il peut être fort utile d’avoir déjà grimpé en moulinette sur un mur d’escalade intérieur, ce n’est pas nécessaire. Ça augmentera seulement la dimension plaisir de la sortie en plein air, car on sera plus à l’aise dans nos mouvements.

De la mi-avril au début octobre, L’Ascensation permet aux néophytes de tenter l’expérience pendant une journée, grâce à son cours d’initiation à l’escalade de rocher. En groupe d’une douzaine de personnes, on y apprend les techniques de base (la pose du harnais, le noeud en 8, l’assurage, les positions…), puis on effectue des ascensions sous la supervision d’un guide. La formation, qui dure six heures et inclut l’équipement, a lieu à l’un des deux rochers-écoles de l’organisme: le Pylône de Sainte-Foy (près des ponts) et le mont Wright (sur la 175, après Stoneham). Parfaites pour les débutants, leurs parois mesurent seulement (!) de 15 à 20 mètres. Preuve que n’importe qui peut se frotter à l’escalade de rocher: l’initiation est offerte aux 8 ans et plus. D’ailleurs, si jamais on craint de ne pas avoir le courage de grimper, on y va avec un enfant: il n’y a rien de mieux pour l’orgueil.

Une fois qu’on a complété l’initiation, le monde de l’escalade s’ouvre à nous: on peut profiter d’une formation plus avancée (perfectionnement, premier de cordée, etc.), participer à des journées ou des week-ends organisés (aux Palissades de Charlevoix, entre autres) ou se rendre, entre amis, à l’un des sites de prédilection des amateurs d’escalade sportive: Saint-André-de-Kamouraska. Un peu plus haut, un peu plus loin…

Roc Gyms et L’Ascensation: 418 647-4422 ou www.rocgyms.com