Vie

Jackalop : Union libre

Fantaisistes, ingénus et marrants comme tout, les personnages qui peuplent le bestiaire de Jackalop partagent la vedette avec des scies à chaîne et des grille-pain. Opération style pour t-shirts et cotons ouatés.

Sophie Berthiaume n’aurait pu choisir nom plus approprié pour sa marque de vêtements. Dans le folklore américain, le jackalope est une créature imaginaire issue de rapports charnels enflammés entre un lièvre et une biche (ou une antilope, dépendant des sources). Bref, la bête résulte d’une union improbable. En plein le genre de mélange invraisemblable qui se retrouve au sein même de la griffe: en plus de réunir animaux et outils, la jeune designer combine allègrement produit artisanal et rendu professionnel, design graphique et couture, simplicité et créativité, éthique et comique.

La diplômée en design de mode, qui a créé son entreprise dès le lendemain de ses examens finaux, fait pratiquement tout elle-même, du dessin des motifs à la couture. Le made in China, très peu pour elle. "Mes vêtements sont conçus, cousus et imprimés au Québec, et faits de tissus québécois. Et quand je fais appel à des sous-traitants, ce qui est rare, c’est à Montréal, dans un programme de réinsertion sociale." À ce souci éthique se greffe un puissant désir de maintenir une production artisanale. "Je veux garder ça petit, conserver le côté artistique. Je ne veux pas devenir comme pop… Enfin, je ne dis pas que mon produit n’est pas pop, mais je ne voudrais pas que ça devienne à grande échelle. Je respecte mon client, je sais que les gens qui achètent mes vêtements ne veulent pas en voir partout. Donc, je fais des modèles uniques ou en petits lots", explique celle qui a déjà refusé que ses créations soient vendues chez Simons.

Dans son atelier de la basse-ville naissent donc, un à un, des t-shirts, cotons ouatés, sweat pants et manteaux, mais aussi de rigolos "toutous plats" (en forme de toasts ou de cornets de crème glacée…) et des fanzines. Pour les personnages, rien de compliqué. Des dessins souvent faits à l’ordinateur représentant des lapins, des flamants roses, des jackalopes, des oiseaux. Une bouche en w, deux points pour les yeux, et voilà. C’est tout ce qu’il faut pour nous faire craquer. Certains sont même carrément touchants, comme son emo bunny à l’air piteux, qui affirme tristement "Even with my favorite shirt I still look bad".

Humour et sensibilité, voilà sans doute le secret du succès de cette griffe de Québec. Sur sa page MySpace, on apprend d’ailleurs que Jackalop "n’a pas grand-chose à foutre des trends" et aime "l’art pas beau et les dessins mal dessinés". Quand on demande à Sophie Berthiaume de s’expliquer, elle rigole, un peu gênée… "Ben, quand même, j’essaie que mes motifs soient bien dessinés… Ce que je veux dire, c’est que je ne veux pas faire quelque chose de trop fashion. Sans être révoltée contre la mode, je ne me fie pas aux tendances. Et dans les arts, je suis très ouverte aux trucs artisanaux, pas parfaits… J’aime ça." Ça tombe bien, nous aussi.

Les créations de Jackalop sont en vente à la galerie Morgan Bridge et chez Séraphin. Une boutique en ligne sera accessible bientôt au www.jackalop.ca.

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