Vie

Églises recyclées : Transformation en douceur

Des églises ferment. Certaines sont démolies. D’autres recyclées, se voyant accoler de nouvelles fonctions, de résidentielles à culturelles. Mais certains usages valent mieux que d’autres…

Attirant de recycler une église. Parfois plus facile, pour certaines fonctions, que de rebâtir à neuf. Et puis, il y a la valeur patrimoniale, fort importante. "Nos églises, ce sont nos châteaux. C’est là qu’on trouve l’architecture la plus élaborée et, en ce sens, c’est pertinent de les conserver. Bien entendu, c’est plus intéressant lorsque la nouvelle fonction qu’on veut lui donner peut profiter du décor, de l’esprit du lieu", explique l’architecte Martin Dubois, chargé de cours à l’École d’architecture de l’Université Laval et directeur de Patri-Arch, une firme de consultants spécialisés en patrimoine bâti.

Dans plusieurs cas, la conversion vers une fonction résidentielle est difficile, voire impossible. Trop de subdivisions viendront trahir ce qui faisait l’intérêt même du lieu… Dans le cas des grandes églises, du moins. "Les églises d’autres confessions que catholique, souvent plus petites, sont plus faciles à récupérer. Leur gabarit peut convenir parfaitement à un ou deux logements." Un exemple? À Limoilou, coin 3e Avenue et 12e Rue, une petite église a été recyclée en appartements. "Là, c’est possible parce que, justement, on n’a pas à trop subdiviser, c’est parfait! Et on pourrait presque revenir à l’état d’église sans transformations."

D’ailleurs, moins on transforme le lieu, plus le recyclage est réussi, selon Martin Dubois. Les meilleurs projets sont ceux qui interviennent peu ou pas dans l’espace, qui en conservent le caractère. C’est le cas de la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste, anciennement l’église St. Matthews. On a enlevé les bancs d’église, qu’on a remplacés par des rayons de bibliothèque. "Et le tour est joué! Ça ne coûte pas cher et les résultats sont extraordinaires. En plus, pour une bibliothèque, l’ambiance qui en résulte est parfaite." Il faut dire que, de manière générale, ce sont les fonctions culturelles qui s’intègrent le mieux au sein des anciennes églises: bibliothèques, salles de spectacle, salles d’exposition. Et le reste. L’École de cirque de Québec pourrait en être la meilleure illustration: "On y voit un beau mariage entre l’église, qui offre un espace très vaste, et les besoins d’une école de cirque, nécessitant l’ensemble de cet espace." Mais on peut aussi citer des salles de spectacle, comme L’Anglicane, à Lévis, ou le Centre d’art La Chapelle, à Vanier. "Dans ces cas, l’architecture de l’église participe à l’aspect théâtral du lieu", précise l’architecte.

Cela dit, un usage mixte est aussi possible. L’expérience a été tentée avec réussite à l’église Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, dans le quartier Saint-Roch. "Au centre, dans les parties les plus belles, on a conservé la vocation liée au culte, mais le reste de l’église a pu être transformée en bureaux pour des organismes communautaires."

Quelle que soit la rénovation qu’on veut apporter à l’édifice, l’essentiel est de s’assurer que le passage d’une fonction à l’autre ne soit pas artificiel, estime Martin Dubois. "Il faut voir ce que le bâtiment offre comme espace et quel serait le meilleur usage pour cet espace, plutôt que d’y entrer une fonction de force."

www.patri-arch.com

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