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La Planque

Loin du cliché de l’obscur magasin de jeux vidéo destiné à une clientèle d’initiés, La Planque se veut un endroit 100 % convivial. Dans ce local pimpant et lumineux, on peut acheter un jeu, certes, mais aussi discuter avec les passionnés proprios ou s’asseoir sur un vieux coffre pour tester le dernier God of War autant qu’une pièce d’anthologie Sega des années 1980.

Voir: Comment l’aventure de La Planque a-t-elle commencé?

Richard Bourque: Ça remonte à loin! Quand on étudiait en socio à l’université Mathieu et moi, on se disait déjà que ce serait le fun d’avoir notre magasin de jeux vidéo. Puis on a tous les trois travaillé dans le domaine, aux Studios Longtail, comme artiste 2D, concepteur et illustratrice. Il y a ensuite eu des changements d’employeur, puis des pertes d’emploi…

Jessica Leullier: Je voulais avoir mon entreprise depuis longtemps. Après que les gars se sont retrouvés sans emploi, on a vu le local, et rapidement, on a entamé les démarches.

Outre un magasin de vente, d’achat et d’échange de jeux vidéo neufs et usagés, La Planque, c’est quoi?

Richard: C’est comme le point central de la communauté du jeu vidéo à Québec. Une place où un gamer de n’importe quel type peut trouver ce qu’il cherche, mais aussi se sentir à l’aise. Il peut venir juste pour jaser, flâner, essayer des jeux. On voulait créer un endroit chaleureux et invitant.

Mathieu Lemire: Chacun rêve de vivre de sa passion. C’est ce qui nous a motivés à démarrer notre entreprise. On est trois personnes qui considèrent que le jeu vidéo, c’est une culture, une forme d’art. Et pour développer une culture, ça prend des lieux, des événements qui permettront aux adeptes de partager leurs valeurs. Si chacun joue tout seul dans son salon, ce sera un hobby, pas une culture.

Jessica: On participe à des événements, comme Warpzone et le Bivouac urbain. On a récemment organisé un lancement de minuit pour Final Fantasy 13 au bar Octobre, en face de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Surtout, on souhaite montrer que le jeu vidéo, ce n’est pas que de l’engraissage, du "cloîtrage", de la violence… C’est aussi social, c’est une bonne chose qui nous atteint de plusieurs manières. Et ici, on fait preuve de discernement: on ne laissera pas un enfant repartir avec Call of Duty.

Ce qui vous distingue?

Richard: Notre approche n’est pas menaçante. C’est éclairé, coloré, pour ne pas que les gens s’empêchent d’entrer car ils trouvent ça a l’air trop hardcore.

Mathieu: Côté matériel, on essaie d’aller à fond dans l’importation pour offrir la palette la plus large possible. On veut qu’il y ait un peu de tout dans le magasin, en termes de pays de provenance mais aussi d’époques: on a autant des jeux de Nintendo première génération que de PlayStation 3. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est juste que quand on est vraiment intéressé par quelque chose, c’est normal de vouloir connaître ce qui s’est fait avant, et comment. C’est un désir d’encyclopédisme.

Richard: On s’adresse autant aux gamers intéressés par l’histoire d’un jeu vidéo qu’à ceux qui veulent simplement en acheter un et repartir. Et on n’essaiera pas de leur vendre une garantie prolongée…

Jessica: On est aussi très proches de nos clients grâce à notre présence active sur Facebook.

Pourquoi vous êtes-vous installés au centre-ville?

Richard: On voulait faire partie de la gang de jeunes qui prennent le quartier en main pour qu’il revive. Et rejoindre les gens du centre. Ceux des banlieues ont les EBGames et Microplay, nous, on rayonne en ville.

Jessica: On souhaitait vraiment s’impliquer dans la revitalisation. Il y a de la place pour nous, on peut mettre notre grain de sel, participer à la vie de quartier. On sent qu’on fait partie d’une communauté.

Mathieu: Sans oublier que Saint-Roch, c’est le centre névralgique du jeu vidéo, avec Beenox, Ubisoft à côté…

En terminant, vos jeux préférés?

Richard: Ceux dans lesquels je suis libre, comme Fall Out 3 et la série Grand Theft Auto, que j’aime pour plein de raisons, mais pas pour la violence.

Jessica: Les jeux de rôle, où on acquiert des compétences au fil de nos actions, comme la série Final Fantasy ou Paper Mario. Sinon, les classiques comme Mario Bros.

Mathieu: Phantasy Star, un jeu de rôle en quatre chapitres que je respecte énormément. J’aime les oeuvres personnelles qui veulent nous apporter quelque chose. Lunar, aussi, figure dans mes favoris: c’est magnifiquement livré et ça traite des relations amoureuses de façon mature, touchante.

La Planque jeux vidéo
249, rue Saint-Vallier Est, Québec
418 977-0800
http://laplanquejeuxvideo.com