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Les pratiques plus extrêmes : Les "primitifs modernes"

C’est ainsi que se font parfois appeler les adeptes des pratiques plus extrêmes telles que les modifications corporelles, la scarification (cicatrices laissées par des coupures ou le skin removal, où des morceaux de peau sont carrément enlevés) et le branding (marquage de la peau au fer chaud). C’est en ralentissant le processus de cicatrisation, notamment en limitant le contact avec l’oxygène, que la marque reste visible par la suite. Si cet univers demeure underground, il gagne en popularité chez les gens qui veulent se différencier, remarque Patrick Pacholik, alias Pat Pierce, perceur et scarificateur chez Excentrik: "Ça fait encore peur, car on ignore souvent comment c’est fait et aussi parce qu’il y a beaucoup de sang d’impliqué, explique-t-il. Mais nous recevons de plus en plus de clients qui veulent sortir de la norme. Ce ne sont pas des décisions prises à la légère: c’est un véritable rite de passage pour eux, à l’heure où le tatouage est devenu un geste presque banal, car il faut dire que le degré de douleur est passablement plus élevé." L’artiste prend son boulot très au sérieux; il a été formé en piercing par une des sommités du genre, Pierre Black, qui possédait autrefois le réputé BlackSun Studio, et en scarification par un des artistes les plus reconnus au monde en la matière, Jesse Villemaire, propriétaire du Thrive Studio à Cambridge, en Ontario. Il regrette particulièrement les histoires d’horreur qu’on peut voir sur la Toile, où des gens se coupent eux-mêmes et s’adonnent à des gestes peu ragoûtants: "Ça enlève toute crédibilité à des artistes qui travaillent fort depuis des années pour faire reconnaître leur art et leur professionnalisme." Intéressés? Pat Pierce offre des consultations gratuites. Excentrik, 4619, rue Saint-Denis, 514 273-4666, www.excentrik.ca