Vie

Chasse à courre : Courir le renard

Dans les forêts de Saint-Augustin de Mirabel, des cavaliers revêtent redingote, lavallière, pantalon blanc, bottes de cuir et bombe et se lancent à la poursuite du renard à l’aide de chiens renifleurs. Bienvenue dans le très traditionnel monde de la chasse à courre!

"La chasse à courre, c’est un spectacle de tous les sens. Les chiens sont spectaculaires à voir courir, le renard si futé est impressionnant à voir aller et les chiens font un son bien particulier lorsqu’ils le pourchassent. On dirait qu’ils chantent", raconte avec émerveillement Marc-André Bégin, membre du Club de chasse à courre de Montréal. La chasse à courre fait partie de sa vie, son père lui en a enseigné les rudiments et la passion dès son jeune âge. Cette activité qui se transmet de génération en génération a ses propres codes. Mis à part le haut-de-forme qui a été troqué contre la bombe, le costume est le même qu’il y a 184 ans, alors que les militaires anglais commençaient à pratiquer l’activité à Montréal. Le sport a tout de même évolué puisque aujourd’hui au Canada, on ne tue pas le renard. On le pourchasse et lorsqu’il se terre dans sa cachette, la chasse se termine, tout simplement. On pourrait plutôt dire qu’on court le renard au lieu de le chasser", mentionne Marc-André.

Caractère solennel

Ce sport a tout de même un caractère assez solennel. À son arrivée au club de chasse, on se doit d’aller saluer le maître de chasse, celui qui mènera la meute de hounds pisteurs. Ensuite, on écoute celui-ci expliquer le déroulement de la chasse et le chemin qui sera emprunté, un verre de cherry, whisky britannique à base de cerises, à la main. C’est la tradition. Les cavaliers portant des redingotes rouges possèdent leurs "couleurs" et sont donc assez expérimentés. Ceux en noir sont toujours en apprentissage. Les hommes apportent à la chasse des gourdes dans lesquelles on retrouve une mixture de rhum et de sirop d’érable, pour réchauffer les cavaliers, souvent partis pour un bon trois ou quatre heures. "Faire partie d’un club de chasse, c’est beaucoup plus que la chasse. C’est aussi la fête après toutes les chasses, les grands bals organisés plusieurs fois dans l’année… On se plaît à dire que nos bottes sont plus usées à danser qu’à monter à cheval!" raconte en riant le passionné Marc-André.

Tradition, pas ségrégation

Attention, tradition ne veut pas dire ségrégation, bien au contraire. Selon lui, tout le monde peut participer à une chasse à courre, petits et grands, bons cavaliers ou non. D’ailleurs, des activités d’initiation sont offertes. On y apprend à monter à cheval, à se déplacer en groupe et à maîtriser les rudiments du parcours. Le plaisir de la chasse à courre réside dans la convivialité du sport, dans le défi de trouver LE renard à travers une vaste forêt, dans le saut d’obstacles et dans le contact privilégié avec les chevaux et les chiens. Après une bonne chasse, les cavaliers se réunissent pour le breakfast, un festin d’après-chasse: "Avec nous, ça finit toujours en party!" résume Marc-André.

Club de chasse à courre de Montréal
12441, chemin Côte-des-Anges, Saint-Augustin de Mirabel, 514 833-8678, www.montrealhuntclub.com