Vie

Vivre vert : Vert attitude

L’Expo Manger santé et vivre vert fête ses 15 ans. Retour sur l’évolution du «naturel» au Québec et points forts de cette édition anniversaire.

Elle est seule. Ses élèves ne sont pas encore arrivés. Elle s’installe et sort les ingrédients achetés pour le cours qu’elle va donner: tomates, aubergine, citrons, chou-fleur et coriandre. Tout est bio. Aucune trace de viande ni de poisson. Normal, Dominique Dupuis donne des cours de cuisine végétarienne. «Je me suis rendu compte qu’en ayant une bonne alimentation, on peut avoir un impact sur sa santé. J’ai voulu aider les gens à aller dans ce sens, explique celle qui a fondé à Montréal L’Armoire du haut, une école de cuisine végétarienne.

«Depuis dix ans, l’image plate de l’alimentation végétarienne a beaucoup changé. Ce n’est plus une assiette brune avec de la luzerne et des graines. La population est plus ouverte et plus informée», assure la trentenaire formée en diététique.

Elle fera partie des 300 exposants présents à l’Expo Manger santé et vivre vert, qui se tiendra du 16 au 18 mars. Cette année, l’événement fête son 15e anniversaire. Une occasion pour sa présidente et fondatrice, Renée Frappier, de dresser un bilan plutôt positif. «Notre public s’est beaucoup diversifié et son intérêt est croissant. Toutes sortes de gens viennent à l’expo, pas seulement des personnes averties. Quand je regarde les vidéos de nos débuts, quel changement!» note la pionnière dans le milieu de l’alimentation naturelle. Pour la première édition de 1997, les 90 exposants avaient attiré 2000 visiteurs. L’année dernière, c’est huit fois plus de curieux qui ont franchi les portes de l’événement.

Durant ces 15 dernières années, Renée Frappier a pu constater plusieurs évolutions. «Aujourd’hui, tout le monde connaît l’appellation biologique. Peut-être pas dans toute sa subtilité, mais ils savent un peu près à quoi cela correspond. On entend aussi beaucoup plus parler de la provenance des aliments. À l’époque, on en parlait aussi, mais dans des cercles très restreints. C’est très encourageant. Même dans les cosmétiques et produits d’entretien, les gens s’inquiètent de ce qu’ils utilisent», constate-t-elle.

Mais selon elle, il reste encore à faire, comme pour l’étiquetage des OGM, un de ses chevaux de bataille. Elle estime que l’éducation du public est le seul moyen de voir des changements survenir. «C’est par nous que cela peut changer. Je ne suis pas une promotrice d’événement, je suis professeure. J’ai toujours fait de l’éducation. D’abord au secondaire, puis en alimentation naturelle. L’expo s’inscrit dans cette mission et c’est ce qui la distingue des autres événements publics», assure-t-elle.

Expo éducative

Ainsi, trois scènes éducatives permettront aux visiteurs d’assister à 50 conférences, dont une de Laure Waridel (en vidéoconférence) qui parlera de notre monde en transition et une autre du docteur Jean Drouin qui abordera les exercices qui soignent. Marie Provost, herboriste et fondatrice de Clef des champs, s’intéressera, quant à elle, aux plantes adaptogènes. «Ce sont des plantes qui aident le corps à traverser les épreuves et les changements. Nous sommes à la fin de l’hiver, nous manquons de lumière et les refroidissements peuvent encore nous toucher. Ces plantes nous donnent la force de passer outre», informe la femme qui travaille depuis plus de 35 ans avec les plantes. En plus de donner une conférence, elle tiendra aussi un kiosque avec les produits de sa société, comme chaque année depuis les débuts de l’expo.

En plus des conférences, l’événement présentera aussi 15 démonstrations culinaires et une compétition de cuisine santé amateur, qui se tiendra le vendredi après-midi. Organisé par L’Armoire du haut pour une deuxième année consécutive, ce concours amical vise surtout à montrer au public qu’il est facile de préparer des aliments sains sans que cela ne prenne trop de temps. «Les trois candidates ont imaginé une recette qui devait contenir du miso et du sarrasin. Elles auront 30 minutes pour cuisiner leur plat», précise Dominique Dupuis qui a présélectionné les candidates.

Selon elle, la cuisine faite maison est un enjeu majeur à l’heure actuelle. «Nous devons nous rapprocher de nos fourneaux. Les plats santé préparés industriellement, ça peut être bien pour dépanner, mais il faut être capable de cuisiner avec des produits bruts», prévient-elle.

Compost et recyclage

Finalement, l’expo éduque aussi par son aspect vert. «Nous sommes le seul événement au Palais des congrès qui composte, dit Renée Frappier en précisant que plusieurs mesures ont été prises pour que l’événement ait le moins d’impact possible sur l’environnement. D’ailleurs, 70% des déchets générés sont compostés ou recyclés. Les exposants ont donc dû se fournir en matériel spécial pour répondre à ces exigences et tout ce qui a pu être récupéré de l’année dernière l’a été. «Nous ne sommes pas juste une foire où l’on vient vendre ses produits, prévient la présidente. Nous demandons à nos exposants d’informer et d’éduquer le public pour permettre de faire avancer les choses.» ?

Carnet d’adresses /

Expo Manger santé et vivre vert
Du 16 au 18 mars, au Palais des congrès de Montréal
514 332-1005, expomangersante.com

L’Armoire du haut
Dominique Dupuis, 514 678-4075, larmoireduhaut.com

Clef des champs
2205, chemin de la Rivière, Val-David
819 322-1561, clefdeschamps.net

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