Vie

Vélo utilitaire : Pédaler utile, un art de vivre

À Montréal, le vélo utilitaire gagne du terrain dans la vie des travailleurs, familles et gens actifs. En réponse à cette tendance, les fabricants créent de plus en plus des montures qui répondent à leurs besoins spécifiques. Voici trois facettes de l’industrie appelées à se développer…

Transporter les enfants

Ils font un malheur dans les rues d’Amsterdam et de Copenhague… Les vélos cargos (triporteurs munis d’une plateforme avant) sont le nec plus ultra des familles: ils permettent de transporter aisément ses enfants, son ami, ses courses ou même son chien.

Lorsqu’ils ont choisi de venir s’établir au Québec, Frederik Froument et sa conjointe Yuko Toda ont traîné un vélo cargo dans leurs bagages. Le tricycle fait tourner les têtes. À un point tel que les propriétaires du café Le Falco dans le Mile End ont décidé de faire affaire avec un importateur ontarien pour vendre le modèle danois Nihola à leur clientèle. Aussitôt qu’un magasin montréalais a pris la relève – Dumoulin Bicyclettes en l’occurrence -, le couple a cessé ses activités pour se concentrer sur son café. Mais ils emploient toujours leur tricycle pour mener fiston à la garderie, faire les emplettes au Marché Jean-Talon ou pique-niquer au parc…

Le principal frein à la vente des vélos cargos dans la Belle Province se trouve sur son étiquette de prix: ils valent entre 2500$ et 3500$. Pour le couple Froument-Toda sans voiture, la dépense valait le coup, compte tenu qu’ils l’utilisent en toute saison pour leurs déplacements. «Le Québec n’est pas tout à fait prêt à dépenser autant d’argent pour un vélo, même à trois roues, mais sur le plan pratique ou de l’accessibilité, Montréal est totalement prête», pense M. Froument qui aimerait que les fabricants d’ici développent un modèle québécois.

D’autres options plus abordables sont évidemment intéressantes pour les parents: les sièges de bébé sont sécuritaires et confortables, les remorques s’ajustent bien à tout type de vélo et les semi-vélos permettent à l’enfant de prendre siège derrière le parent sans le ralentir… Pour ce type d’utilisation, Marc-André Lebeau, propriétaire de Bicycles Quilicot, propose d’opter pour les vélos multi-usages munis d’un empattement et de pneus plus larges. «C’est plus costaud qu’un vélo de route. Les nouveaux modèles utilitaires de Devinci et Specialized, ce sont carrément des SUV sur deux roues!» décrit-il.

Vélo-boulot-dodo

Selon le rapport 2010 de Vélo Québec (VQ), la pratique du vélo à Montréal a connu une hausse de 10% depuis 2005. Ces changements se font sentir chez les employeurs, qui sont de plus en plus enclins à offrir un environnement adéquat afin d’encourager leurs employés à s’adonner au vélo actif.

Avec sa campagne de mobilisation Opération vélo-boulot, Vélo Québec recense désormais 1800 entreprises participantes, dont 75% situées à Montréal. Ces entreprises «vélo sympathiques» doivent notamment offrir des stationnements à vélos adéquats. Certaines vont plus loin et installent des douches, proposent des allocations vélo annuelles, etc. «L’idée, c’est de lever les barrières sur la pratique du vélo quotidienne, mais aussi d’encourager l’émergence d’une culture cycliste en entreprise», explique Joëlle Sévigny, directrice générale de VQ.

Pour s’initier au vélo-boulot, Jacques Sennéchael, rédacteur en chef de Vélo mag, suggère de suivre ces étapes: trouver un collègue cycliste pour lui demander conseil, repérer le trajet à emprunter et le parcourir sans stress un jour de congé, prendre un 15 minutes d’avance les premiers jours et commencer par un ou deux déplacements par semaine pour ensuite augmenter la fréquence. «Pour l’employeur, c’est un choix judicieux: l’employé est de meilleure humeur, en meilleure santé, s’absente moins. Pour le travailleur, c’est pratique, rapide et économique», avance-t-il.

Pour l’achat d’un vélo utilitaire pour ses allées et venues quotidiennes, Marc-André Lebeau suggère les gammes de vélos urbains, que de plus en plus de fabricants développent. «Ils viennent déjà équipés d’un garde-boue, de réflecteurs, de paniers… Leur design est minimaliste, ils sont souvent monochromes…», détaille l’expert.

Vélos pliants

Quinze secondes. C’est tout le temps qu’il faut pour ouvrir ou fermer sa bicyclette et poursuivre son chemin. Le vélo pliant existe depuis 100 ans et s’installe tranquillement mais sûrement au Québec. Jacques Sennéchael s’explique mal sa lente ascension. «Ça me semble une option intéressante pour la ville. C’est le meilleur antivol puisqu’on le rentre chez soi, au travail, au café du coin…», observe-t-il. Les adeptes s’en servent beaucoup dans le cocktail transport en commun (train, autobus, métro)-vélo pliant. «Quand les gens ont une trop longue distance à faire, notamment… Les étudiants, travailleurs, propriétaires de condos apprécient beaucoup la polyvalence du produit», note Étienne Roy-Corbeil, copropriétaire de Dumoulin Bicyclettes qui détient la plus grande sélection de vélos pliants dans l’Est du Canada. Selon la qualité du produit, ils se vendent entre 300$ et 3000$. Le vélo pliant convient aussi aux voyageurs: il se glisse aussi bien dans la voiture que dans l’avion ou le bateau.

Carnet d’adresses /

Le Falco: 5605, avenue de Gaspé, Montréal, 514 272-7766, cafefalco.ca

Dumoulin Bicyclettes: 173, rue Jean-Talon Est, Montréal, 514 272-5834, dumoulinbicyclettes.com

Bicycles Quilicot: 2650, rue Masson, Montréal, 514 842-1121; 1680, boulevard de l’Avenir, Laval, 450 934-1150; 234, rue Saint-Charles, Sainte-Thérèse, 450 420-2222, bicyclesquilicot.com

Vélo Québec: 514 521-8356, velo.qc.ca

Vélo mag: velomag.com

Opération vélo-boulot: velo.qc.ca/transport-actif/Operation-velo-boulot

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