Vie

Escapade à Toronto : Journées de la culture

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Toronto a plusieurs attraits à offrir. Petite visite de la capitale de  l’Ontario…

On pouvait penser que le maire de Toronto, Mel Lastman, avait fait bien assez honte à ses ouailles lorsqu’il s’est prononcé publiquement contre le départ de Geri Halliwell, des Spice Girls, en affirmant qu’il s’agissait d’une grande tragédie internationale. Depuis le début de l’été et jusqu’à la fin de ce mois-ci, les gens qui se promènent dans les rues de Toronto ont droit à une autre démonstration du goût un peu particulier de l’homme en matière culturelle, alors que 325 sculptures d’orignaux, grandeur nature, ornent les rues de la ville. De l’orignal en bobettes noires du quartier gai à l’orignal Mozart devant le Roy Thomson Hall, il est partout. À la décharge du maire, ou plutôt à celle des artistes qui ont mis leur talent à la disposition des grosses bêtes, certaines sont plutôt ingénieusement décorées, et bien que la plupart des orignaux aient perdu leur panache aux mains des vandales, ils font assurément le bonheur de plusieurs promeneurs, et tout particulièrement des petits. Il reste encore dix jours pour voir les orignaux, après quoi ils seront vendus aux enchères, et les profits, versés à des oeuvres de charité et aux athlètes olympiques.
Kingi Carpenter, une jeune designer de vêtements rigolos, qui a étudié en sciences politiques (!) à McGill, est parfaitement horripilée par les bêtes de plâtre. "Honteux! Gênant! Humiliant! Comme si c’était ça, l’art à Toronto!" Dans sa petite boutique de Queen Street West, Peach Berserk, Kingi imprime ses propres tissus et créé toutes sortes de vêtements en coton ou en soie qui témoignent de la santé créative de la ville. D’ailleurs, elle a pignon sur rue dans un quartier où tout se passe. On peut voir plein de choses intéressantes dans les alentours, en empruntant, vers l’ouest, la rue Queen (à partir d’University, en passant par Spadina, et jusqu’à Crawford), un quartier qui se rapproche un peu de notre rue Saint-Denis.

Tout juste au nord de Queen et de Spadina, se trouve un des plus chouettes quartiers de la ville: Kensington Market (qui est par ailleurs tout à côté du Chinatown). C’est un coin qui rappelle Canal Street, à Manhattan. Ici, plusieurs langues se côtoient; et les étals de fruits et de légumes, les poissonneries et les boutiques d’aliments exotiques se disputent la place avec les magasins de souvenirs et les petites boutiques funky (comme Roach-O-Rama, un magasin de pipes à hasch et autres accessoires). Toujours dans le même quartier, il faut descendre la petite rue Kensington, pour voir l’un des plus grands rassemblements de magasins de vêtements d’occasion imaginables. On trouve là des jeans, vestes de cuir et manteaux par centaines, parfaitement bien rangés sur les cintres, et vendus à des prix fort raisonnables.

Le soir, bien que ça ne bouge décidément pas autant qu’à Montréal, on retrouve un peu de notre boulevard Saint-Laurent en allant du côté de la Petite Italie, tout juste au nord-ouest de Kensington Market (sur College Street, entre Euclid Avenue et Shaw Street: des éclairages en forme de bottes nous indiquent qu’on est à la bonne place).

S’il fait encore doux lors de votre visite (c’était encore l’été il y a une semaine), allez marcher au nord-est de la Petite Italie, dans le quartier des maisons chics (Rosedale) ou vous promener du côté des plages (The Beaches), avec pique-nique, vélo ou patins. À noter aussi qu’on expose 60 pièces d’argile créées par Mirò au Gardiner Museum of Ceramic Art. Vases, assiettes, sculptures, décorés des traits noirs, personnages et figures géométriques étranges qui sont la marque de l’auteur. Enfin, depuis hier et jusqu’au 28 octobre, une grande célébration de la littérature, The International Festival of Authors, bat son plein au Harbourfront Centre, dans le port. Plus de 100 écrivains et littérateurs de tout acabit sont attendus pour lire et participer à des discussions, dont, bien sûr, Margaret Atwood, mais aussi J. K. Rowlings (la maman d’Harry Potter) et le Mexicain Carolus Fuentes.
Via Rail offre plusieurs départs chaque jour de la Gare Centrale à destination de Toronto. Attention: la durée du trajet varie énormément selon l’heure de départ (pour un trajet rapide, prenez le train de 17 h, en opération tous les jours sauf le samedi, qui vous emmène à Toronto en quatre heures). Vous profiterez d’un très bon tarif si vous achetez votre billet dix jours avant le départ (145 $*), ou même cinq jours à l’avance (157 $ places limitées), tandis que le tarif ordinaire en classe économique est de 223 $. Si vous préférez l’autobus, Voyageur offre sept départs, tous les jours de la semaine. La durée du trajet est de six heures quarante-cinq minutes, et il vous en coûtera 142,75 $. On peut évidemment prendre l’avion, qui nous transporte à Toronto en un peu plus d’une heure. Informez-vous car les tarifs sont variables. L’agence Sol’ex Voyages, par exemple, offre le billet à 308 $. Enfin, on peut choisir de s’y conduire soi-même. Rien de tel que le voyage en auto pour comprendre que les Québécois n’ont plus la palme de la conduite maniaque. Comptez environ cinq heures (plusieurs tronçons de la 401 étant présentement en réparation, ça peut être un peu plus long). Environ 100 $ pour l’essence. Et 350 $ par contravention (grrr… ou, comme disait l’autre: Fuddle Duddle…).

Mille mercis à mon amie torontoise Deborah MacLeod et à son conjoint Ward Sellers, qui m’ont nourrie, hébergée, gâtée pourrie pendant 36 heures…

*Tous les prix sont donnés pour des billets aller-retour et incluent les taxes.

Ontario Government Travel Information:
1-800-268-3736 (en français).

Peach Berserk (507, Queen St. West):
(416) 504-1711.

Roach-O-Rama (66 1/2, Nassau St., Kensington Market):
(416) 203-6990.

The Gardiner Museum of Ceramic Art (111, Queen’s Park):
(416) 586-8080.

Harbourfront Centre (235, Queens Quay W):
(416) 973-4000.

Via Rail:
(514) 989-2626.

Autobus Voyageur:
(514) 842-2281.

Sol’ex Voyages:
(514) 277-5252.