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Vie

Vallée de la Gatineau : Et vogue la pitoune…

Découvrir la Vallée de la Gatineau, c’est reprendre la route des draveurs… en sens inverse. On remonte le courant vers un décor de forêts, de lacs et de rivières, où la lumière du Nord se fait vibrante.

Un peu plus de 100 km relient Gatineau à Maniwaki. Chelsea, Wakefield, Kazabazua, Gracefield; la route 105 est bordée de villages au pittoresque souvent dénaturé, mais qui recèlent parfois des trésors. Un périple sur cette route du Nord commencera par un arrêt obligé à La Binerie, où Sauphonie, une Haïtienne, vous fera redécouvrir… la fève au lard! Avis aux amateurs, et aux connaisseurs, tante Georgette ne fera jamais mieux! Les bines de Sauphonie sont longuement cuites dans le sable, sous la braise, selon une méthode traditionnelle autochtone. Beau métissage que celui-là! 770, route 105, Kazabazua, 819 467-3279

COUETTE ET FOURCHETTE

Au fil de l’eau et des pâturages, la remontée se poursuit jusqu’à Messines, minuscule village à quelques kilomètres à peine de Maniwaki, où André et Andrée Dompierre tiennent une merveilleuse auberge-resto, la Maison la Crémaillère. Après des carrières dans le domaine de l’éducation, Mme Dompierre a décidé de retourner sur les bancs d’école, à l’ITHQ, pendant que M. Dompierre cognait du marteau pour agrandir leur maison de campagne. Le résultat est un gîte de cinq chambres chaleureux, à l’orée de la forêt, et surtout une table d’une finesse désarmante: viandes et poissons irréprochables, sauces délicates, desserts décadents. Et toujours des produits frais et locaux, si possible. On ne s’étonne pas qu’il soit parfois difficile de s’y trouver une table: on fait salle comble toutes les fins de semaine! Car, quand on a goûté à tant de bonté et de beauté, on n’a qu’une seule envie: refaire la route, encore et encore! Maison La Crémaillère, 24, chemin de la Montagne, Messines, 819 465-2202 www.lacremaillere.qc.ca

PERDUS EN FORÊT

La Vallée de la Gatineau et ses immenses forêts, c’est le pays mythique de la drave, dont il ne reste plus, dépollution oblige, que quelques centres d’interprétation. Mais qui dit forêts, rivières et lacs dit maintenant écotourisme et plein air. On reprend donc la route et là, on se perd littéralement dans les bois pour atteindre la forêt de l’Aigle et ses 140 km2 d’activités: sentier suspendu, chasse et pêche, canot, équitation, traîneau à chiens, randonnée pédestre, raquette, motoneige, ski de fond, tyrolienne. Les points de vue y sont à couper le souffle, qu’on soit juchés à 20 m au sommet d’un pin ou sur l’un des belvédères surplombant la sinueuse rivière de l’Aigle. On y vient été comme hiver; on y plante sa tente ou on y loue l’un des chalets pouvant accueillir de 2 à 10 personnes en toute saison. Le pavillon Black Rollway, centre d’accueil de la forêt de l’Aigle, offre aussi des chambres-dortoirs et une cantine pouvant accueillir jusqu’à une soixantaine de personnes. Bref, l’endroit rêvé pour se mettre au vert… forêt! 1 866 449-7111 www.cgfa.ca

RETOUR AUX SOURCES

Avant l’arrivée des draveurs, la région de Maniwaki – "Terre de Marie" – était un chef-lieu algonquin, et la réserve de Mawandoseg Kitigan Zibi est toujours là, bien ancrée dans sa terre ancestrale. Mais le centre d’interprétation, et les activités qui s’y tiennent, n’est ouvert que de mai à octobre (www.mawandoseg.com). Qu’à cela ne tienne, en attendant l’été et la réouverture des tipis, le Musée des civilisations a de quoi satisfaire notre intérêt pour la richesse culturelle des premières nations du Canada. D’abord, bien sûr, on flânera dans la Grande Galerie, qui rend hommage aux peuples de la côte Ouest. On fera suivre d’une visite de la salle des Premiers Peuples, qui recèle d’artéfacts, documents d’archives et présentations audiovisuelles mettant en lumière l’immense contribution des cultures autochtones. Enfin, on pourra admirer la collection Dundas d’art amérindien de la côte Nord-Ouest. Cette collection fut acquise en 1863 par le missionnaire écossais Robert Dundas, et nombre de ces artéfacts reviennent au pays après avoir été achetés par le Musée lors d’une vente aux enchères à New York.

Et pendant que vous y êtes, un petit détour par l’exposition La Poste devient pop saura réjouir. En cette époque où courriels et coups de fil ont trop souvent remplacé papier à lettres et stylo-plume, on veut ici nous faire redécouvrir la poste et son imagerie par la musique, la littérature, le cinéma, la télévision et la publicité. Le mystère des lettres d’amour – qui peut encore se vanter d’en recevoir? -, exotisme des cartes postales et bien sûr tous les mythes entourant monsieur le facteur! Une exposition qui nous rappellera l’époque où on trouvait autre chose que des comptes dans notre boîte aux lettres! Du 10 novembre 2006 au 6 janvier 2008 au Musée de la poste. www.civilisations.ca

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