Blogue de Marc-André Cyr Mouvements sociaux RSS
Opération de paix menée à l'UdeM ce matin. Photo: Alexandre Guédon
Grève Gratuité scolaire Brutalité policière Profilage politique Démocratie directe Délires sécuritaires Arrestations de masse Désobéissance civile de masse Oeils crevés et oreilles arrachées Mensonges et démagogie des ministres Injonctions émises par des juges libéraux Critique de la marchandisation de l’éducation Appels à la violence de nombreux chroniqueurs Démocratisation des institutions d’enseignement Condamnation de la loi 78 par Amnistie internationale Condamnation du projet de loi 78 par le Barreau du Québec Condamnation de la loi 78 par la Commission des droits de la personne Condamnation de la loi 78 par la haut commissaire aux droits de l’homme « Chaque fois, c’est la démocratie qui gagne! » – Directeur général des élections du Québec
« Nos défaites, voyez-vous, ne prouvent rien, sinon que nous sommes trop peu nombreux à lutter contre l’infamie. Et nous attendons de ceux qui regardent qu’ils éprouvent au moins quelque honte » – Bertolt Brecht Mis à part quelques irréductibles bastions de combattants – qui auront, malgré leur courage et leur détermination, beaucoup de difficulté à développer un réel rapport de force face à l’État – la grève étudiante, qui ne pouvait durer éternellement, est à toute fin pratique terminée. Quel bilan pouvons-nous tirer de cet immense mouvement? Cette grève sera largement ce que nous en retiendrons pour l’avenir, il est donc trop tôt pour répondre à cette question de façon définitive. Mais voyons quand même quel bilan provisoire nous pouvons dès maintenant tenter d’esquisser. D’abord, inutile de jouer à l’autruche: il est impossible de crier victoire. Après avoir utilisé tous les procédés possibles et imaginables pour mater le mouvement, l’été et les élections précipitées auront eu raison de la grève. La défaite, cependant, est loin d’être totale. Cette grève a donné du relief à la démagogie politicienne, à la stupidité des chroniqueurs de droite, à la brutalité de l’État, à l’instrumentalisation du droit et [...]
Eric Duhaime est une marchandise. Comme toute marchandise, il possède une valeur d’usage – une vie privée, qui nous laisse immensément indifférent –, et une valeur d’échange, relative à la quantité moyenne de propagande qu’il est capable de produire en une journée. Comme toute marchandise, il est sans qualité. Son travail se mesure en quantité d’articles et d’interventions, d’attaques et de dénonciations. Il ne tire pas sa force de la qualité des arguments qu’il propose – vous l’aviez peut-être remarqué – mais bien de la quantité de fois qu’ils sont répétés. La marchandise a pour fonction d’être achetée et vendue. Cela, force est de l’admettre, Duhaime l’a bien compris. Ses services ont été et sont toujours très prisés. Il a déjà associé son label à l’IEDM, au Bloc québécois, au Parti réformiste, à l’ADQ, à CHOI, à Radio X (qui aura bientôt une succursale à Montréal), à TVA, au Journal de Québec, au Toronto Sun, au Canal V… Bref, sur toutes les tribunes du Canada, il nous présente son spectacle. Ce que peu de gens savent, par contre, c’est que Duhaime a également travaillé pour une institution plutôt controversée : le National Democratic [...]
La jeunesse a l’œil fixé sur la justice, sur l’amour, sur la liberté, sur la joie de créer, mais le pouvoir, lui, ne songe, plus qu’à organiser la force et la répression. […] Ses réactions sont caractéristiques: il organise la police comme il ne l’a jamais fait, il dénonce et traque les vrais opposants, il intimide et traque les gens pour leurs opinions, il espionne comme il n’a jamais espionné, il viole les domiciles et la vie privée des citoyens qu’il n’aime pas, il tient des fiches et des dossiers sur tous les citoyens qui ont l’air de ne pas être d’accord avec lui, il tente de réduire à sa merci les départements de sciences humaines un peu partout, il s’en prend aux non conformistes et s’inquiète de leur coiffure et de leur accoutrement, il invite à la délation et il récompense, il érige le plus rapidement possible le mur de la richesse et ses politiques laissent dehors les milliers et les milliers de malheureux que le système des accapareurs exploite et perd définitivement chaque année. Il combine et il vole; il se donne aux nuées d’affairistes et de parasites qui encombrent ce bordel de la finance ou [...]
Alors que les étudiantes et les étudiants poursuivent leur mobilisation et fourbissent leurs armes en vue d’une rentrée haute en émotion, voyons voir ce qui se passe du côté des grandes centrales syndicales… Note : les citations que vous trouverez ici sont authentiques. Seuls quelques mots, qui ne sont pas entre guillemets, ont été ajoutés afin de mieux les insérer dans notre petite histoire. * Michel Arsenault est confortablement lové dans sa chaise longue. Généreusement couvert de crème à bronzage, lunettes de soleil au nez et bière à la main, il prend du bon temps. Son ami Louis Roy de la CSN, se tenant à sa gauche, fait de même. Au passage d’un étudiant engagé pour travailler dans son jardin pour l’été, Michel se rappelle les dernières négociations avec les grévistes. – Tu te souviens, Louis, quand on a reçu le coup de téléphone : « Le premier ministre aimerait vous rencontrer cet après-midi ? Quand t’es président de la FTQ et que le premier ministre te convoque, tu y vas, surtout quand il te demande un service pour le bien du Québec » [1]. Se parlant surtout à lui même, il ajoute : « Je voulais pas jouer au mononcle, mais je leur ai [...]
C’est un violent cri de négation que font entendre les étudiantes et les étudiants du Québec. Ce grand cri de colère tente de faire dévier la marche tranquille du temps vide et circulaire de notre société. C’est sans doute pour cette raison que son sens nous coule entre les doigts et reste le plus souvent incompris. Le langage de la révolte n’est pas celui du spectacle. C’est à partir de ses catégories qu’il faut tenter de comprendre la révolte, et non de celles qu’elle critique. Au départ, donc, un cri strident: « Non! » [1]. La négativité du cri est plutôt facile à saisir : contre la hausse des droits de scolarité, la marchandisation de l’éducation, les injonctions, la brutalité policière, la désinformation médiatique, la Loi 78, la corruption libérale, le néolibéralisme, l’autoritarisme… Tout cela est bien beau et rationnel, du moins pour ceux et celles qui se donnent la peine d’entendre, mais que veulent les étudiantes et les étudiants ? Sont-ils seulement capables de dire autre chose que « non » à répétition ? Qu’ont-t-ils à proposer ? Pour le dire autrement : quelqu’un va-t-il enfin nous dire quel est le foutu projet porté par ces fauteurs de troubles ? Tentons de répondre, partiellement. Le sourire de Negatron La révolte [...]
« Peur de toutes les formes susceptibles de déclencher un amour transformant. Peur bleue – peur rouge – peur blanche : maillon de notre chaîne » – Refus Global, 1948 À faire vomir… le Grand Prix et son orgie de médiocrité. À faire vomir… le contrôle de l’État et la répression policière. À faire vomir… notre élite médiatique et politique. Vomir, vomir et encore vomir… Tel est l’effet que devrait provoquer le portrait de notre Belle Province par les temps qui courent. La peur Si nous savions déjà que notre élite a peur des communistes, des anarchistes, du désordre, des émeutes, des grèves, des manifestations, de la désobéissance civile et des jets pierre; on ne savait pas qu’elle avait également une peur (un brin pathologique) des carrés rouges, du bruit des casseroles, de la fumée, des enveloppes contenant du bicarbonate de soude et des affiches de groupes rock. Pour terminer son papier dénonçant Amir Khadir parce qu’il a participé à une manifestation illégale (sic), André Pratte, dont l’analyse est toujours aussi fine et nuancée, soutient « Dès que le respect de la loi n’est plus une règle absolue, on s’en remet au jugement de chacun pour déterminer jusqu’où peut [...]
Communiqué pour diffusion immédiate À l’intention de nos lecteurs et de nos lectrices Journal La Presse « La Presse a un problème avec ses lecteurs qui traîne depuis longtemps. Nous n’avons jamais parlé franchement avec nos lecteurs à propos des critiques et des griefs que l’on entend ici et là et qui concernent le contenu de notre journal. Tout le monde est conscient au journal La Presse que […] ce qui se publiait au niveau politique ressemblait à tout sauf à de l’information. […] « La Presse, tout comme la télévision et la radio nationales, a joué un rôle central dans […] l’instauration,d’un système d’information ossifié et sclérosé, ayant fortement endommagé la réputation internationale du pays. Les titres pompeux, les fausses informations sur l’état de la démocratie, des libertés et des droits de l’Homme, les éditoriaux creux, les attaques indécentes contre certains opposants étaient source d’amertume quotidienne pour les journalistes. Leur impuissance à influer sur l’orientation du journal était d’autant plus frustrante que leur travail de journaliste était l’unique source de revenu. […] Il est normal qu’après plus d’un demi-siècle de désinformation et d’usage systématique de la langue de bois que la relation entre le journal La Presse et ses [...]
Chrystos est une militante anarchiste. Elle donne une grande partie de son temps aux initiatives de solidarité communautaire, au féminisme, aux projets de solidarité international et à la défense des droits sociaux. Elle participe, et depuis plusieurs années, aux nombreuses campagnes de la CLAC (Convergence des luttes anticapitalistes), qui organise cette fin de semaine les perturbations entourant le Grand Prix de Montréal. À mille lieues des stéréotypes médiatiques et de l’image du « casseur professionnel », Chrystos, un brin intello, sait manifestement de quoi elle parle. Pour elle, l’anarchisme n’est pas une idéologie « extrémiste », mais bien, en ces temps de corruption généralisée, de réchauffement climatique et de crise économique, une théorie politique on ne peut plus raisonnable. Alors que la CLAC est dans le paysage québécois depuis plus de 10 ans, son idéologie et ses tactiques restent très méconnues de la population. Résultat : on la critique – le plus souvent très sévèrement – sans la comprendre. Comme les entrevues accordées aux anarchistes prennent le plus souvent la forme d’un interrogatoire policier, il nous a semblé intéressant de rencontrer une militante impliquée au cœur de la contestation afin qu’elle nous explique, pour une fois, sans la médiation de ceux qu’elle dénonce, la démarche [...]
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