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Alex Cameron: Forced Witness

Alex Cameron
Forced Witness

Secretly Canadian, 2017

Révélé l’an dernier par la réédition de son premier album autoproduit Jumping The Shark (initialement paru en 2013), l’entertainer australien Alex Cameron rapplique avec une suite plus maximaliste aux quelques moyens du succès. Entouré de son inénarrable saxophoniste Roy Molloy ainsi que de Jonathan Rado (Foxygen), Brandon Flowers (The Killers) et Angel Olsen (en duo sur Stranger’s Kiss), Cameron s’affiche comme un crooner exultant sa capacité aux hymnes fédérateurs, comme un Samuel T. Herring de film noir. Il y augmente ses récits de personnages à la masculinité dépravée et pastichée d’une récurrente fibre de romance ratée, où le «je», jadis clairement autre, devient universel (l’amour, n’est-ce pas?). À travers cette nouvelle accessibilité qui épouse le fond parodique en même temps que le pathos commun esquissé sur Jumping The Shark, Cameron, témoin confronté et forcé – comme tout un chacun – du désarroi du monde, tente de proposer la compassion et l’humour d’un esprit vif et incisif et quelques mouvements de bassin funky comme panacée. Un entertainer avec une mission.