Si Jorane, violoncelliste et chanteuse québécoise, voulait chambouler notre routine, elle a atteint la perfection. Son univers éclaté puise à l’électricité du rock et au sacré du classique; ses structures obéissent à la règle du «tout est permis»; sa voix caresse les graves comme elle chatouille les aiguës; sa prose, souvent gris foncé, n’en exclut pas moins quelques traits orange vif. Dès qu’on s’apaise avec Sous-marin marion, voilà qu’elle sonne l’alarme du Vent fou; alors qu’on croit l’avoir saisie, elle s’enfuit aussitôt. Tori Amos, Sinéad O’Connor, Lorenna McKennit. Oui, peut-être. Jorane… assurément. La seule certitude: c’est un bon disque. Est-ce que j’aime? Je vous jure que j’y travaille, et qu’il devienne un incontournable ne me surprendrait même pas.
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Jorane
Jorane
Tacca/Musicor, 1999