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Dossier de Tôle : Procréation, dans les entrailles de la bête?
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Dossier de Tôle : Procréation, dans les entrailles de la bête?

Nous n’avons pas tous été conçus dans les entrailles bien chaudes et dégoulinantes de l’Enfer. Nous n’avons pas tous reçus cette malédiction lors de notre procréation dans les limbes abyssaux les plus profonds de cette planète métallique! Non, le baptême pouvait survenir beaucoup plus tard…

Les goûts métalliques s’affinent avec le temps. Eh oui, c’est là que je m’en vais avec ce billet! Avec les années, je me rends compte que certains amateurs du genre semblent l’oublier.

En navigant sur différentes pages Facebook pour les amateurs du genre métallique, il est facile de pointer les élitistes qui à leur tour, pointent du doigt, ceux qui ne carburent pas aux trucs les plus extrêmes de tous les sous-genres métalliques.

Personne ne peut affirmer qu’il écoutait du Visceral Disgorge dès l’âge de 3 ans et que maintenant, trouve le groupe un peu mou sur le nouvel album. Non, comme dans chaque domaine, les goûts se précisent avec le temps. Il faut faire son apprentissage, tester les genres. Faire de l’essai et surtout, apprendre de nos erreurs et autres tentatives maladroites.

Lors de mon propre apprentissage, dans les années ’80 et ’90, il était beaucoup plus ardu de pouvoir se monter une discographie dans le genre qui nous plaisait le plus. Nous devions bien souvent nous fier uniquement aux couvertures des albums qui parfois, pouvaient nous induire en erreur. Il y avait aussi l’émission Solidrok à MusiquePlus qui, grâce à sa série de clips, pouvait nous éclairer légèrement face à nos choix. Sinon, on devait se trouver un voisin plus âgé qui possédait une panoplie de nouveautés métalliques ou un gars du secondaire 4 qui pouvait, tel un Moïse métallifère, nous montrer la voie à prendre.

Sans les réseaux sociaux, le jugement des autres se passait surtout de façon visuelle. Les regards se dirigeaient directement sur le t-shirt que tu portais. Et bien souvent, aucun commentaire n’était émis. Froncement des sourcils en guise de désaccord ou un grognement sonore en ce qui concerne l’approbation. Comme je l’ai déjà confirmé dans un Dossier de Tôle précédent, c’est bien souvent de cette façon que l’on élargissait notre cercle d’amis!

Maintenant, avec l’anonymat que procure les réseaux sociaux, il est facile de lancer une boulette de papier d’aluminium bien brûlante, sur celui ou celle qui laisse entrevoir un choix musical qui ne nous plait guère.

Quand je vois des hommes d’âge mûr se moquer des goûts musicaux d’un amateur d’Avenged Sevenfold au début de la vingtaine, je n’en vois pas l’intérêt parce qu’à la base, tous les goûts sont dans la nature. Moi-même, je ne suis pas un amateur de cette formation. Je m’imagine mal écraser quelqu’un avec quelques lignes incendiaires sur une page d’amateurs de metal Facebook.

Il n’est pas souhaitable d’imposer notre opinion comme étant celle qui se veut dominante. Il faut plutôt agir en tant que référence et même, comme étant un tuteur ou tutrice. Présent dans le domaine de l’éducation et père de famille, je n’impose rien à mes enfants. Le tout se fait naturellement. Rien n’est poussé ou enfoncé dans le creux de l’oreille. Et à date, je sens que l’oreille se porte à merveille pour mes deux enfants qui carburent autant à la sonorité de Grand Magus, At the Gates, Slayer que Billie Eilish, Ghost ou Iron Maiden. C’est plutôt varié et ils deviennent beaucoup plus des mélomanes, pour être franc.

Avant de devenir maniaque d’Arch Enemy, il se peut que la jeune Laurence ait carburé amplement à la sonorité de Marie-Mai. Il est du domaine du possible qu’avant d’aller pousser de la fonte au gym sur les cadences de Dying Fetus que le douillet Charles se soit vautré dans la pop rock rigolo des Trois Accords. C’est un apprentissage, tout simplement.

C’est justement le rôle des métalloïdes plus âgés d’agir comme des guides et de pouvoir conseiller certaines formations pour ainsi, développer les affinités de certains amateurs de musique.

Il est possible que le tout ne fonctionne pas mais lorsque quelqu’un s’aventure sur une page Facebook à saveur métallique en postant ceci : « Marilyn Manson, le show était malade! » Ce n’est pas le temps de démolir cette affirmation. Si la personne a eu du bon temps et a aimé, tant mieux pour elle. De façon constructive, il est possible d’expliquer que de votre côté, ce n’était pas une performance qui vous a plu. Sur certaines pages, on retrouve justement des tuteurs qui prennent le temps de dire : « J’ai vu le concert. Ce n’était pas à la hauteur de mes attentes. Par contre, as-tu déjà écouté Alice Cooper et Nine Inch Nails? As-tu déjà essayé l’album Solar Soul de Samael ou le projet de Peter Tagtgren du nom de Pain? » tout en laissant un lien Youtube pour appuyer ses dires.

Pourquoi prendre le temps d’écrire tout ceci, dans ce billet?

Je me rends compte que le code de déontologie, sur certaines pages métalliques Facebookiennes, souffre. Certains commentaires volent bas et les administrateurs ont la lourde tâche de faire le ménage dans tout ça. Ils doivent jongler avec ce qui peut se dire et ce qui ne se dit pas, tout cela selon leur bon jugement. Certaines pages sont des groupes fermés et le contrôle se veut excessivement serré. Le trollisme élitiste n’est aucunement toléré et les farfadets du clavier, rapidement évincés.

Après tout, il est bien d’avoir une stratosphère métalloïde bien garnie. Ce genre métallique, avec toutes ses sous-couches, nous prouve justement que le metal se porte bien grâce à des passionnés qui agissent comme des patriarches et des matriarches dans une grande famille.

Et comme je le disais, en tant que paternel, je me sens mal d’agir en tant que dictateur d’un genre que je chéris depuis des décennies. Avec les années, je m’assagis, je suis plus sage et je me sens beaucoup plus comme une espèce de lanterne métallique au bout d’une caverne, très sombre.

Tout en souhaitant que la rouille ne m’attaque pas trop rapidement!