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Les impacts du coronavirus se font sentir sur le cinéma
Cinéma

Les impacts du coronavirus se font sentir sur le cinéma

Depuis que le coronavirus est devenu une pandémie, le monde culturel en pâtit. Ses répercussions sur le milieu cinématographique s’annoncent déjà considérables.

La situation évoluant de jour en jour, il est difficile de la quantifier exactement. Sauf que les pertes se chiffreront en millions et même en milliards de dollars (5 milliards selon le Hollywood Reporter). Petit tour d’horizon à la grandeur de la planète…

Tournages

Les tournages rouleront au ralenti, s’ils ne sont pas carrément mis sur la glace (comme celui de Mission: Impossible 7, qui devait se dérouler en Italie). Le dévoilement public que Tom Hanks a été testé positif au COVID-19 alors qu’il se trouve actuellement en Australie pour tourner un film de Baz Luhrmann consacré à Elvis Presley sera certainement un catalyseur puissant pour rappeler que le virus peut atteindre n’importe qui. Même l’acteur qui a toujours le mieux symbolisé l’Amérique.

Au Québec

Les plateaux de tournage sont en état d’alerte et les techniciens craignent pour leurs engagements. Mais pour l’instant, il est «prématuré» de chiffrer les impacts économiques, laisse entendre Lyne Dutremble, relationniste de presse dans le milieu du cinéma.

Cet événement d’envergure mondiale n’aura toutefois aucun impact sur Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote. Selon la relationniste Mélanie Mingotaud, «la première portion du tournage se termine la semaine prochaine comme prévu et la deuxième portion sera en août.» Le long métrage doit prendre l’affiche à Noël.

Festivals

La Berlinale a eu chaud, SXSW a dû être annulé (comme de nombreux autres événements cinématographiques à travers la planète) et le Festival de Cannes se croise les doigts. Le 12 mai est encore loin et une annonce a été envoyée plus tôt cette semaine aux journalistes pour leur indiquer que la compétition de la 73 édition sera dévoilée le 16 avril. Mais un doute subsiste et il s’intensifie de jour en jour.

«On reste raisonnablement optimiste en espérant que le pic de l’épidémie soit atteint fin mars et que l’on respire un peu mieux en avril, a déclaré le président de l’événement Pierre Lescure au Figaro. Mais nous ne sommes pas inconscients. Si ce n’est pas le cas, on annulera.» 

Si c’est effectivement le cas, le plus important festival de cinéma de la planète se trouvera devant un fâcheux problème, puisque ses assurances ne couvriraient pas les 20 millions d’euros de pertes que cela engendrerait.

Au Québec

L’interdiction des rassemblements intérieurs de plus de 250 personnes, demandée par le gouvernement Legault, a évidemment bouleversé le milieu cinématographique, créant une hécatombe partout sur son passage.

Le Festival Regard qui se déroule au Saguenay et qui a été lancé mercredi soir dernier a été annulé, au même titre que le Festival International du Film sur l’Art (FIFA) qui devait se tenir du 17 au 29 mars. «En 38 ans d’existence, c’est la première fois que notre grand événement annuel n’aura pas lieu», a annoncé son directeur général Philippe U. del Drago par voie de communiqué.

Quant à la 22e édition du Festival du film de l’Outaouais, elle a été reportée à l’automne.

Les prix Écrans canadiens – nos Oscars –  ne sont pas en reste, alors que le gala qui devait être télédiffusé le 29 mars n’est plus au menu.

Photo: Erik Witsoe / Unsplash

Premières

C’est sans surprise que les différentes premières internationales se réduisent comme peau de chagrin, s’avérant même carrément inexistantes.

De plus en plus de salles de cinémas sont affectées. Elles sont fermées en Chine. Les Coréens les évitent et en Italie, les amateurs être espacés de cinq sièges pour éviter toute contamination. Cela exclut le territoire du nord de l’Italie, qui est en quarantaine.

Les dates de sorties de nombreux films ont été mises aux calendes grecques (Mulan, New Mutants). Même James Bond ne fait pas le poids devant le coronavirus, alors que No Time to Die est maintenant annoncé pour novembre. Pour Peter Rabbit 2, ce sera en août. Quant à Fast & Furious 9, qui devait prendre l’affiche en mai, il a été repoussé… en avril 2021!

Au Québec

Les premiers soubresauts se font déjà ressentir. La sortie du film québécois Tu te souviendras de moi d’Éric Tessier, prévue initialement le 20 mars, a été repoussée à une date ultérieure. «Il est primordial pour nous de prendre les précautions nécessaires et de garantir la sécurité de tous», a laissé savoir par communiqué le producteur et distributeur Christian Larouche des Films Opale.

A Quiet Place II de John Krasinski, qui fait suite au succès surprise de 2018, subit un sort similaire. Même les avant-premières montréalaises de mercredi prochain ont été annulées.

La chaîne de cinéma Cineplex et la Cinémathèque québécoise demeurent ouvertes jusqu’à nouvel ordre. La capacité des salles de cette dernière sera toutefois revue à la baisse.

En attendant de voir la progression du «fléau» au fil des prochains jours et semaines, le cinéma à la maison risque de devenir populaire. On commence par Contagion de Steven Soderbergh ou Outbreak de Wolfgang Petersen?

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