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Langue de bois 101

 

 

Les données de recensement et les incidents ne cessent de s’accumuler.

Impossible de le nier aujourd’hui: le français recule.

Sauf pour, entre autres, le maire-kid-kodak de Huntington, Stéphane Gendron, lequel qualifiait récemment la Loi 101 de «raciste et discriminatoire». Une remarquable imitation de Howard Galganov ou de William Johnson, c’est selon…

Malgré toutes les preuves qui s’accumulent, ce dimanche 4 mars, à l’émission Les coulisses du pouvoir, la ministre de la Culture et des communications, Christine St-Pierre, se contentait à nouveau de la cassette officielle de son gouvernement sur cette question pourtant cruciale du recul du français. La routine habituelle, quoi. Surtout, une démonstration époustouflante de langue de bois. Visionner l’entrevue en vaut la peine…

C’est d’ailleurs la même cassette que servait à son tour le premier ministre Jean Charest, ce même dimanche. Du moins, dans ses grandes lignes.

Cette cassette, il la livrait à son tour sur les ondes de TV5, directement de Paris. Et même à Paris, M. Charest s’est fait questionner sur la sortie du maire Gendron! C’est tout dire…

La cassette du gouvernement sur la question linguistique, on peut la résumer ainsi: il faudra toujours être «vigilants»; la «sensibilisation» auprès des commerçants est importante; pas besoin de renforcer la Loi 101; il y a un «consensus» pour la Loi 101 même chez les anglophones (?!?); utiliser la clause dérogatoire est hors de question; et bla, bla, bla…

Traduction: il est urgent de ne rien faire. Un grand classique.

Nul besoin de noter que les mots «écoles passerelles» ne font pas partie de la cassette officielle. En fait, on préfère tout oublier…

Et, comme par hasard, c’est plus ou moins la même cassette que livre aussi, sur toutes les tribunes, la présidente de l’Office québécois de la langue française. Laquelle fut bien entendu nommée par ce même gouvernement.

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Pour fins de mémoire, rappelons que la cassette du gouvernement actuel ressemble aussi étrangement à celle que «livraient» Lucien Bouchard et son gouvernement dès 1996 sur la même question linguistique. Incluant le rejet de tout recours à une clause dérogatoire présentée, comme le fait encore le gouvernement Charest, comme un outil illégitime pour renforcer la Loi 101 alors qu’il n’en est rien.

À l’époque, l’élément principal de la cassette du gouvernement Bouchard était une théorie alambiquée selon laquelle le Québec avait atteint une situation d’«équilibre linguistique». Et ce, même si des indicateurs quant au recul de la langue française étaient pourtant déjà connus…