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Rap local : Meryem Saci, Plante Carnivore, Jimmie D et j e u n e
Musique

Rap local : Meryem Saci, Plante Carnivore, Jimmie D et j e u n e

Chaque semaine, cette chronique vise à mettre en lumière les prochains shows et les plus récentes sorties des scènes rap et hip-hop instrumental québécoises.

Meryem Saci, refuge hip-hop //

Chanteuse et rappeuse au sein de Nomadic Massive, Meryem Saci s’apprête à faire paraître un tout premier projet solo à la fin du mois prochain. D’ici là, on pourra la voir sur scène lors d’un bloc party ce samedi.

Cet évènement fait partie d’une série de spectacles à caractère social, en lien avec l’organisation des Rap Battles for Social Justice. Loin des joutes d’insulte verbale typiques des WordUp! Battles, ces spectacles mettent de l’avant des artistes hip-hop de la relève qui doivent s’inscrire en accord ou en désaccord avec une thématique sociale donnée. Après avoir notamment exploré les thèmes de la consommation, du capitalisme et de la brutalité policière, l’organisation a choisi de mettre en lumière les enjeux frontaliers inhérents à la circulation des migrants.

«Il va y avoir des artistes pour et contre la justice migrante. Chacun va faire un verse, et certains vont même s’affronter», explique Meryem Saci, qui coanimera la journée avec la rappeuse Stella. «Le tout est fait dans le respect et dans la bonne humeur. Dan Parker (l’organisateur) réfléchit d’emblée aux artistes qui seraient plus ouverts à défendre une position controversée. Récemment, dans l’évènement sur le capitalisme, il y a un crew qui a joué le jeu à fond, en se déguisant en banquiers et en imprimant des faux billets de banque.  Ils se sont évidemment fait huer, mais les spectateurs comprenaient que c’était un exercice de style.»

Cette fois, la rappeuse se dit profondément concernée par le sujet de l’évènement. Originaire d’Algérie, elle a fui son pays lors de la guerre civile pour venir s’installer à Montréal avec sa famille. C’est d’ailleurs ici que son amour de la musique s’est confirmé. «Dès que je suis arrivée ou presque, j’ai rejoint une chorale gospel, puis j’ai choisi la concentration musique à mon école secondaire.»

Si le rap l’interpelle depuis l’adolescence, Saci s’est d’abord impliqué comme chanteuse au sein de son premier collectif, Royal Peasants, au début de la décennie 2000. Avec Nomadic Massive, qu’elle a rejoint cinq ans plus tard, elle chantonnait «à la Bone Thugs». «On dirait que j’avais encore honte de rapper!» confie-t-elle. «Il a fallu que je perde ma voix lors d’une tournée au Brésil en 2008 pour que je me mette à remplacer certains de mes passages vocaux par des verses de rap. Encore là, je m’assumais plus ou moins. J’avais peur d’être la chanteuse qui essaie de rapper. Ça a pris trois ans de plus pour que j’me fasse confiance.»

C’est en partie grâce à Narcy, l’un de ses amis proches, que l’Algérienne a fait le saut au début de la décennie actuelle en tant que rappeuse. Dévoilant des pièces en solo depuis 2012, elle se sent maintenant prête pour sortir son premier mini-album, On My Way. «J’ai toujours voulu avoir un projet solo, mais la vie m’a emportée ailleurs. C’est comme si mon rêve avait pris le dernier siège du bus et que les obligations avaient pris le devant», image-t-elle.

Avec des productions signées Dr. MaD, Caulder Nash et Mario Sévigny, compositeur de musique de films et de séries télévisées, cet EP laissera entrevoir la direction du premier album de l’artiste, prévu pour 2018 : «À la base, je garde mon côté soul et R&B, mais je lui incorpore des touches reggae. Le premier extrait Concrete Jungle a des influences tribal house, et ce qui s’en vient est en mode afro-oriental.»

Signe que les choses vont plutôt bien cette année pour la Montréalaise, le groupe français IAM vient tout juste de faire paraître un clip pour la chanson Bien plus beau, conclusion de l’album Révolution auquel elle collabore. «Ce sont des gens tellement intègres et humbles. On est loin des mégastars inatteignables», relate-t-elle, ajoutant qu’elle a rencontré le groupe lors d’une résidence musicale en France durant laquelle elle a été jumelé au producteur Imhotep. «Akhenaton, je le vois vraiment comme un frère. On a une connexion de cœur. Il était censé produire un EP pour moi, mais puisque IAM a signé un nouveau contrat avec Def Jam, il m’a plutôt invité à participer à l’album. Je suis consciente que c’est tout un honneur.»

Bloc party! Hip-hop contre les frontières – L’Artère coop (Montréal), 29 avril (14h)

Nouveautés d’envergure //

Sur son quatrième projet solo, le rappeur Plante Carnivore (des collectifs Team XXI et La Collection) s’illustre avec polyvalence sur des beats boom bap et trap.

Team XXI poursuit ses explorations trap, cette fois avec une touche bien appréciée de jazz.

Le producteur Max Ruest signe une bombe sur laquelle posent habilement Jemcee, W.W., Morpheus’ Arms et l’illustre DJ/scenester de Saint-Roch, Vinny Bombay.

Le jeune producteur Lowgo se joint à Tibe (en charge du mix et du mastering) sur ce puissant remix de The Weeknd.

En attendant la sortie de son prochain projet, prévu pour cette année, le talentueux J.u.D. y va d’un remix de Post-Malone.

Signé sous le prestigieux label britannique Parlophone, le duo Banx & Ranx se démarque avec ce remix de Gorillaz en collaboration avec Mavis Stapes et Pusha T.

Juste à temps pour le 4/20, High Klassified livre une playlist, qui contient quelques-unes de ses productions.

Originaire de Gatineau, le rappeur London Zigg$ lance un premier projet depuis sa mixtape parue l’automne dernier.

Andrike$ Black et Slumdon s’allient avec le producteur Rami.B (de Planet Giza) sur la suprême Carl Scott.

Lost poursuit son ascension sur la scène hip-hop montréalaise. Quelques mois après son excellent Bonhomme pendu (chapitre 2), il fera paraître l’album collaboratif Cerbère avec ses camarades MB et White-B.

Jay Scott arpente une production cloud rap psychédélique avec un texte absurde de haut calibre.

Les deux inséparables Rymz et Farfadet remettent ça avec Béni.

Décidément, 2017 s’enligne pour être une année phare pour FouKi. Après son EP en collaboration avec Kevin Na$h et Quiet Mike, il fera paraître un premier album complet, Zay, en septembre prochain.

Shash’U se fait plaisir avec un remix complètement survolté de Nomadic Massive.

Le rappeur expérimental Hardbody Jones imagine John Coltrane sur le lean.

Le prometteur jåmvvis s’attaque à une chanson de Childish Gambino.

À quelques semaines d’un retour officiel, le quatuor rap Bad Nylon (en partie revampé) montre son évolution sur une nouvelle pièce.

En vedette dans cette même chronique il y a deux semaines, Speng Squire montre l’étendue de son talent sur l’excellente Oh Lord.

Développant avec tact son style lo-fi minimaliste, le Trifluvien kawfee ne lâche pas la production et propose un nouvel EP de huit minutes, bottled up.

Teddy the Beer livre un flow plus détendu sur Les fruits du démon.

Natif d’Aylmer, Nicholas Craven a fait paraître non pas une, mais bien cinq beat tapes cette semaine. Du lot, Vendome se démarque avec sa signature jazzy lo-fi minimaliste.

Comme si ce n’était pas assez, Craven signe aussi toutes le productions (ainsi que la réalisation et le mixage) de Light Work, nouvel EP de Jimmie D.

Sur son premier EP explo, le producteur montréalais j e u n e se dévoile avec beaucoup de finesse et s’impose dès lors comme une révélation de la vaste et riche scène du hip-hop lo-fi québécois.

Regroupement indéfini basé à Sherbrooke, Club Nuage propose une intrigante cinquième compilation, mettant notamment en vedette CHPBLT, chopmonk et shyguy.

Encore une fois, Franky Fade fka Von Crow vise dans le mille avec sa chanson hebdomadaire.

3 shows à voir //

Pas d’classe

Entre l’étoile locale Tommy Kruise, le prince Rowjay, le visionnaire Jei Bandit et le décapant Lil Deezy, la deuxième édition des spectacles Pas d’classe est à ne pas manquer.

Belmont (Montréal), 28 avril (22h)

Galerie and Chill

Combinant arts visuels et musique, cet évènement présente une programmation relevée : Mike Shabb, LaF, La Collection et Slumgod.

158 rue Prince-Arthur Est (Montréal), 29 avril (22h)

Santa Teresa 

Le nouveau festival de Sainte-Thérèse ouvre ses portes ce soir. Particulièrement étoffée, la programmation hip-hop mettra en vedette des DJs sets de Karim Ouellet avec Lary Kidd et de CRi avec Husser, ainsi qu’un show intime avec les révélations locales Ragers, Lou Phelps et Charlie Shulz. De plus, le gros spectacle extérieur de ce samedi misera sur les performances de Rymz, Alaclair Ensemble et du trio ottavien A Tribe Called Red.

Centre-ville de Sainte-Thérèse, du 27 au 29 avril

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