Rap local : Dubmatique, prendre les bonnes décisions
Rap local

Rap local : Dubmatique, prendre les bonnes décisions

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, revue non-exhaustive des nouveautés de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

Visiblement stimulé par un élan d’amour inespéré du public, le groupe pionnier Dubmatique revisite son répertoire avec une toute nouvelle formule live, qui pourrait bientôt donner le ton à la création d’un cinquième album.

De passage aux FrancoFolies de Montréal l’an dernier pour un spectacle extérieur en lien avec le 20e anniversaire de La force de comprendre,  premier album qui a connu un énorme succès en 1997, le trio devenu duo depuis le départ de DJ Choice à Toronto a reçu un accueil plus que chaleureux, qui lui a redonné la piqûre de la scène. «Ça a motivé les troupes, comme un bon petit coup d’adrénaline», se rappelle OTMC. «On a ensuite regardé le futur en se disant qu’on pourrait profiter des 20 ans de l’album pour retourner voir notre public. On a compris l’engouement pour notre  album et celui du hip-hop en général. Vingt ans après notre percée, le hip-hop a vraiment pris sa place au Québec.»

À l’automne dernier, le groupe a eu une autre belle surprise quand Sydney Lallier a remporté le concours télévisé La voix jr en reprenant la chanson La force de comprendre. Lors de leur spectacle à Montréal en lumière plus tôt cette année, OTMC et Disoul ont fait monter la jeune chanteuse de 11 ans sur scène avec eux. «Quand on a vu sa prestation à la télé, on a compris que le hip-hop était maintenant rentré dans les maisons de monsieur et madame Tout-le-monde. Ça nous a confirmé que le travail qu’on a fait il y a 20 ans, on pouvait finalement en voir les fruits», observe OTMC. «Plus que jamais, le hip-hop est nécessaire à la vitalité de l’industrie de la musique. L’entrée de Seba et Horg sur les ondes des radios commerciales, en plus de celle de Loud, nous montre que le public hip-hop a grandi.»

C’est un peu dans ce milieu qu’OTMC aurait aimé que son groupe grandisse à la fin des années 1990. À la solde de différentes compagnies de disques uniquement intéressées à suivre la mode rap française pour faire de l’argent au plus vite, le hip-hop québécois de cette époque a connu son heure de gloire, mais n’a pas su suivre l’élan commercial qu’il avait initié. «Si on avait été dans une situation comme celle de maintenant il y a 20 ans, on aurait gagné notre liberté. On aurait eu nos propres structures de production et on aurait pu choisir nous-mêmes où va notre carrière. Avant, notre seule responsabilité était de satisfaire notre public, mais maintenant, on prend plaisir à négocier nos ententes avec les organisateurs. On comprend que, pour monter une carrière, il faut prendre de bonnes décisions. Le prochain pas, c’est de faire un nouvel album. Ça va être plaisant d’enregistrer dans ses conditions, alors que nous sommes totalement libres. Le hip-hop est rendu là, j’ai l’impression. C’est une industrie populaire ET autonome.»

Encore à ses balbutiements, le cinquième album (un premier en près de 10 ans) vibrera sans doute au rythme de sa nouvelle formule live du groupe. Auparavant accompagné d’un DJ et de choristes, le duo a choisi de s’entourer de quelques musiciens pour donner une sonorité plus naturelle à son répertoire. «On est vraiment en train de s’amuser avec les musiciens. Y’a quelque chose qui se passe avec eux. On retrouve ici et là une petite mélodie, un petit air de blues, de jazz… Ces influences nous ramènent loin en arrière dans le hip-hop, à l’époque de The Roots. On espère travailler en ce sens pour l’album», explique OTMC.

Ce vendredi et samedi à L’Anti, le public de Québec sera aux premières loges de la nouvelle impulsion musicale du duo, qui revient dans cette même salle quatre mois après un spectacle en formule hip-hop plus conventionnelle. «Pour nous, ça va être un spectacle-mémoire! On avait ramené aux gens le vrai souvenir de Dubmatique avec deux emcees et un DJ en novembre, mais là, on va plus loin en revisitant nos chansons. C’est assez différent, et j’ai hâte de voir si les gens de Québec ne vont pas penser qu’on leur joue du nouveau matériel!» dit OTMC, en riant. «La formule organique marche assez bien avec notre rap. Le problème, c’est qu’on ne pouvait pas l’exploiter avant, car DJ Choice n’avait pas les moyens techniques pour inclure autant de musiciens. Là, c’est le meilleur des deux mondes, car on a encore la base du sampling mais qu’on la retravaille.»

Absent des spectacles du groupe depuis son retour, le troisième membre fondateur pourrait possiblement faire un retour sur scène ce printemps, selon ce que laisse croire OTMC. «Y’a le gros spectacle au Beach Club qui s‘en vient bientôt. On sait jamais ce qui peut arriver… Rien n’est impossible!»

En spectacle avec Seba et Horg, Otages et Watts – L’Anti (Québec), 30 et 31 mars (19h)

Nouveautés d’envergure //

Alliant jazz, funk et hip-hop, le septuor O.G.B offre une proposition musicale unique sur la scène hip-hop québécoise. Volume un témoigne d’une inventivité prometteuse.

Épaulé par le Torontois Jazz Cartier, le rappeur Lou Phelps y va d’un clip pour la pièce future funk Come Inside produite par son frère Kaytranada.

Après deux projets aux côtés de Yerly, le Montréalais d’adoption Mori$$ Regal s’allie avec 80Rock sur l’admirable chanson soul rap Canary.

Le producteur Arbo révèle l’ampleur de sa créativité sur ce nouvel EP.

Toujours aussi porté vers le soul et le boom bap, Nicholas Craven publie un nouveau beat et un nouveau remix.

Nicholas Craven reprend également le travail avec Jimmie D, rappeur au flow posé à toute épreuve.

Originaire de Lévis, le producteur Pollock mélange trap  et esthétique des années 1990.

Membre de Tour de Manège, le producteur réunionnais GrandHuit rassemble certaines de ses dernières productions inédites.

Dostie et Taz Capone empruntent le sobriquet V&L sur Less Is More.

Le DJ ASMA dresse toujours un portrait aussi fidèle de la vitalité de notre scène rap québécoise avec son mix Multiply MTL. Ce sixième volume regroupe notamment des chansons de Zach Zoya, MTLord, Enima, FouKi et Yes Mccan.

Encore trop méconnu, le talentueux Brandon Doret continue d’impressionner avec son flow soutenu et précis.

Bénéficiant d’un engouement certain depuis la parution de son EP Hors catégorie en janvier dernier, Rowjay rend hommage à Paris sur 10 eme.

Sur le point de faire paraître un projet complet, Busy Nasa envoie 100 Joint$.

La chanteuse et rappeuse Massie Dome met de l’avant son flow murmuré sur l’incursion cloud rap Got What You Wanted.

Maintenant rejoint par le rappeur Billy Eff, le groupe Ragers donne une idée de sa prochaine direction musicale avec Fools, pièce à la basse caverneuse qui fait contraste avec le son ensoleillé du EP Joshua.

Vieux chums de brosse, duo de Québec, propose un EP de cinq titres aux influences trap et R&B manifestes.

Entre phonk, trap et jazz, Franklin Would se révèle avec brio sur ce EP double.

Les vétérans de l’étiquette BBT, Ruffneck et Buzzy Bwoy, s’unissent sur Le boss et le hitman. Un clip vient tout juste d’être dévoilé également.

3 shows à voir //

The God Damn EP – Show de lancement

Une semaine après avoir fait paraître leur premier EP collaboratif The God Damn, le rappeur Izno et le producteur Arbo s’offre un spectacle de lancement avec leurs complices Kirouac et Vendou.

L’Hémisphère gauche (Montréal), 30 mars (21h)

L’Échappée Belle

Deux émissions de CHOQ, Pôle hip-hop et Les petites pépites, s’unissent pour présenter une nouvelle soirée. Pour l’occasion, les DJs White Socks et Dream Cstle se joindront aux producteurs Charles Cozy et Fruits.

Maison2109 (Montréal), 30 mars (22h)

Loud à Saint-Jérôme

En pleine tournée panquébécoise, Loud s’arrêtera dans les Laurentides pour un spectacle avec Zach Zoya, nouvelle sensation rap anglophone signée sous 7ieme Ciel.

Le Diverti (Saint-Jérôme), 31 mars (19h)

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