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Rap local : Raccoon, devenir un homme
Musique

Rap local : Raccoon, devenir un homme

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

Figure bien connue du milieu battle rap québécois, Raccoon s’affirme avec sincérité sur son deuxième projet Mettre les gants, tuer le croc-mitaine.

VOIR : Certains t’ont connu grâce à tes performances aux WordUP! Battles, mais au-delà de ça, ton nom est relativement nouveau sur la scène. Peux-tu nous résumer ton parcours?

Raccoon : Je viens de Rivière-des-Prairies et j’ai commencé le rap en secondaire un, à l’âge de 12 ans. J’avais des ateliers de poésie dans mon cours de français et, rapidement, j’ai compris que j’adorais être entouré de mots. Je suis un mordu d’écriture, j’aime lire des romans. Et, en classe, je dépassais tout le temps le nombre de mots dans mes productions écrites. À un moment donné, le rap est arrivé dans ma vie, car il réunissait mes deux passions : les mots et la musique. Il y a quelques années, j’ai représenté Montréal à Secondaire en spectacle et j’ai continué à faire de la musique dans mon coin, notamment en m’impliquant dans un organisme communautaire (le Bureau de consultation jeunesse) pour lequel j’ai donné des ateliers d’écriture. C’est grâce à cette implication qu’en 2016, j’ai monté un spectacle (À voix levée) avec des artistes comme Koriass et Manu Militari au Métropolis. Peu de temps après, j’ai eu la chance de faire mes premiers WordUP! Battles.

En raison de ton implication dans le milieu du battle rap, on aurait pu s’attendre à un projet de brag rap conventionnel, mais en fin de compte, c’est tout le contraire.  C’était essentiel de montrer une autre facette de toi?

Je pense pas que j’ai besoin du brag rap dans ma vie, car j’ai jamais senti le besoin de me vanter. À mon avis, mon talent parle de lui-même. J’aime davantage le principe du discours, l’idée de raconter quelque chose. Pour ce projet-là, j’avais des vraies choses à dire.

Le titre de ton projet est une incitation à sortir de l’enfance, à se débarrasser de ses peurs pour mieux évoluer. Que voulais-tu transmettre comme message?

Le concept, c’est de devenir un homme, de briser tout ce qui me maintient à l’enfance. Le croc-mitaine [NDLR : une réappropriation bien à lui du personnage du croquemitaine], c’est la créature qui fait peur aux enfants et, là, je décide de le tuer. Dans l’intro, je suis en colère et, ensuite, je parle de mon rapport à l’identité, à la couleur, à la culture, à l’histoire. En quelque sorte, je fais le point sur ma vie. Je parle une bonne fois pour toutes de ce que j’ai vécu et j’assume enfin le fait que je vieillis.

Et ce passage à l’âge adulte, il passe essentiellement par la musique?

Oui, car je veux vraiment vivre de cette passion. En tuant le croc-mitaine, je deviens plus sérieux, moins enfantin et plus authentique dans mes lyrics. Évidemment, tout ça donne le vertige et, sincèrement, je reste dans l’esprit du «fake it till you make it», car je suis encore juvénile à bien des égards. En fin de compte, devenir un homme, c’est l’accomplissement d’une vie.

La Rap avec Freddy Gruesum Lemind Baggies Raccoon Mega + invités – Maison2109 (Montréal), 23 mars (21h)

La nouvelle de la semaine //

Après avoir fait et refait le tour du Québec, le duo Gros Big vient de signer un contrat de distribution avec Kartel Musik (une branche de High Life Music). GB2, son plus récent album, sera donc réédité et distribué en magasin. Adamo a aussi signé un contrat pour ses projets en solo, selon ce que nous apprenait HHQc.

Le projet de la semaine //

Raccoon cause la surprise avec son deuxième projet en carrière, le brillant Mettre les gants, tuer le croc-mitaine. Avec un flow chaleureux aux intonations soul accrocheuses (qui n’est pas sans rappeler celui de Doc Gynéco), le Montréalais jette un regard avisé sur son passage à l’âge adulte et sur les écueils qui le guettent. Contrairement à beaucoup de ses compères, le jeune rappeur évite la tendance du mumble rap et préconise une approche plus intimiste aux instants vulnérables.

La chanson de la semaine //

Rappeur, chanteur, arrangeur, producteur et réalisateur, Benny Adam est l’un des trésors les mieux gardés de notre écosystème rap local. Proactif, le Montréalais se joint ici à Realmind (derrière les hits 56K et Toutes les femmes savent danser de Loud) pour la septième chanson de sa série de collaborations La Barquetterie. Cette fois, il est entouré par quelques-uns de nos rappeurs les plus en vue du moment : Rymz, David Lee, Obia Le Chef, Tizzo et MB. Le résultat ne déçoit pas.

L’instru de la semaine //

À la barre de l’étiquette indépendante III informé, le beatmaker originaire de Québec VI.STREET emprunte le sobriquet de [email protected]$m sur ce nouvel EP qui comprend Ornements, pièce hip-hop expérimental à l’ambiance à la fois planante et lugubre.

Le clip de la semaine //

Le photographe Alex Dilem signe son premier clip à vie avec Wowzers, chanson de l’inséparable tandem Nicholas Craven et Jimmie D. Sa réalisation est à l’image de la pièce : simple, directe et efficace.

Les spectacles à voir //

The FAM Feat De.Ville + Sam Faye

Montréal sera à l’honneur durant cette soirée éclectique à tendance hip-hop réunissant The FAM, De.Ville et Sam Faye.

Quai des brumes (Montréal), 15 mars (21h)

La Récréation vol. 2 • KNLO (Alaclair Ensemble) | HB

Pour sa deuxième édition, La Récréation propose un cinq heures de DJing avec KenLo Craqnuques.

HB (Sainte-Thérèse), 15 mars (22h)

Enima • SheryFy • Young Mic • Lowkey [18+]

Sur le point de sortir sa mixtape très attendue De rien, Enima se rend à Québec pour un spectacle de 60 minutes. SheryFy, Young Mic et Lowkey assureront la première partie.

La Source de la Martinière (Québec), 15 mars (20h)

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