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Ce que Voir a écouté en février
Musique

Ce que Voir a écouté en février

Grimes, Caribou, Khruangbin, Leon Bridges, Rosie Valland et Maky Lavender ont beaucoup joué chez nous ce mois-ci.

Texas Sun
Khruangbin et Leon Bridges

Les meilleurs musiciens du moment, en l’occurrence le trio instrumental Khruangbin et le chanteur Leon Bridges, font équipe sur cet album hétéroclite et affreusement trop court. On en aurait pris plus! Feutrées à souhait, oscillant entre la soul (Midnight), le country de la pièce titre et même le funk (C-Side), les compositions du quatuor éphémère séduisent par leur écrin intemporel. Vivement les concerts de Khruangbin au Festival de Jazz de Montréal (22 juin) et au Festival d’été de Québec le 14 juillet. (C. Genest)

[youtube]Whe7MURlKLw[/youtube]


…At Least My Mom Loves Me
Maky Lavender

Avec ce premier album, Maky Lavender amène un vent de fraîcheur à la scène rap montréalaise. Fort d’une direction musicale hétéroclite et visionnaire qui évoque l’univers éclaté des Vince Staples, Tyler, The Creator et autres rappeurs américains défiant le règne trap actuel, le Montréalais évoque avec sincérité des passages difficiles et pas toujours reluisants de son passage à l’âge adulte. En milieu de parcours, la pièce Bloom saisit avec son rythme downtempo et son ambiance vaporeuse, en phase avec le texte obscur et embrumé du rappeur. La barre est placée bien haute pour le titre de l’album rap québécois de l’année. (O. Boisvert-Magnen)

[youtube]Xgiq7hHZLSk[/youtube]


Have We Met
Destroyer

La voix de Daniel Bejar va toujours occuper une place spéciale dans notre cœur. Avec ce dernier opus, le musicien s’impose comme un crooner nouveau genre. Toujours bercé par des mélodies rock, il observe le monde autour de lui et fait part de ses réflexions pas tellement optimistes. « Make it sound cool » a demandé Bejar à John Collins, collaborateur de longue date qui a produit l’album. Eh bien oui, ça sonne cool, surtout Crimson Tide, It Just Doesn’t Happen et Cue Synthesizer. (S. Barrière Brunet)

[youtube]9mFTgJQtCPk[/youtube]


Dreamweaver
Anachnid

Elle a la jeune vingtaine, une vision artistique qui transcende les frontières de la musique et un son électro expérimental post-James Blake, mais totalement personnel. Franchement, Anachnid impressionne à tous points de vue. Pour ce premier album hautement prometteur, l’autrice-compositrice-interprète des nations Oji-Cri et Mi’gmaq livre des textes forts et porteurs, pas exactement pro-réconciliation (Windigo, surtout) et c’est très bien comme ça. Ceux qui transforment la colère en beauté obtiennent rarement de mauvais résultats. (C. Genest)

// À lire: Anachnid, la musicienne autochtone qui ne s’excuse pas d’exister

[youtube]kfbHoj1IIz4[/youtube]


Boîte aux lettres
Les Hay Babies 

Quatre ans après avoir exploré le rock psychédélique des années 1970 sur La 4ième dimension (version longue), Les Hay Babies remontent quelques années plus tôt sur Boîte aux lettres, un album concept qui met en scène la correspondance postale entre une jeune Acadienne exilée à Montréal (Jackie) et sa mère. Reprenant les codes et l’esthétique de la musique des années 60, de la pop baroque au surf rock en passant par le folk et le yé-yé, ce troisième album du trio néo-brunswickois s’avère irrésistiblement envoûtant. (O. Boisvert-Magnen)

[youtube]Qlr51yGjElM[/youtube]


Color theory
Soccer Mommy

Sortir un deuxième album vient toujours avec son lot de pression et de stress. Surtout quand on a été étiquetée figure de proue de la renaissance du rock féminin à la sauce fin années 90 par à peu près tous les médias américains. Sophie Allison, l’artiste de 22 ans derrière Soccer Mommy, propose à Clean une suite qui ne prendra personne par surprise. Et ça fait notre affaire. On est dans le même registre de rock, avec les guitares mélodiques et les explorations sentimentales introspectives de la musicienne originaire de Nashville. Coup de cœur pour les pièces circle the drain, crawling in my skin et lucy. (S. Barrière-Brunet)

[youtube]DTc1w32Vbeo[/youtube]


Lighter Fluid
Les Deuxluxes

Anna Frances Meyer et Etienne Barry embrassent une esthétique plus psychédélique sur cet album gorgé de coquettes surprises. La charismatique chanteuse repose sa voix le temps de tapocher les bongos (funky Beware of the Dog) et ressortir sa flûte traversière à quelques occasions. Des règles? Il n’y en a pas sur ce deuxième album-là. On sent qu’ils se sont accordés un peu plus de liberté sur le plan de l’instrumentation, mais aussi de l’écriture avec deux chansons en français (dont la très radiophonique Vacances Everest) et l’hymne féministe I Am The Man. (C. Genest)

// À lire aussi: Les Deuxluxes jouent du rock comme dans un ring de boxe

[youtube]beyNyWQvixg[/youtube]


Keep It Movin’ vol. 2
Slumgod

Slumgod revient avec la suite de Keep It Movin’, mémorable beat tape parue en novembre 2017. Sans complètement délaisser les influences trap qui ont marqué l’esthétique du premier volume, le producteur montréalais se permet davantage d’explorations rythmiques et ouvre ses horizons à des mélodies plus organiques et chaleureuses, faisant ainsi un habile lien avec l’univers sonore plus brut de sa toute première et excellente parution lo-fiShitty sounds – Good times, publié il y a déjà quatre ans. (O. Boisvert-Magnen)


Miss Anthropocene
Grimes

Quand on a écouté le dernier opus de Grimes, on a eu un petit soupir de soulagement. On retrouve enfin la Grimes qu’on a aimé sur Visions il y a près de huit ans. Celle qui reste weird et unique, mais qui est tellement habile pour produire de la pop intelligente et surprenante. L’extrait, Delete Forever, une balade qui résonne comme un disque qui saute (c’est un compliment ici), ne laissait pas présager la variété de styles qui peuple cet opus. Sur la suivante, Violence, on est plongé dans une ambiance danse vraiment efficace. La pièce qui se démarque le plus, My Name is Dark – Art mix, a des relents de Crystal Castles avec ses cris qui transpercent la mélodie fantomatique, mais tout de même portée par un refrain accrocheur. Avec un nom d’album aussi actuel, Miss Anthropocene, la déesse de la crise climatique, est une trame sonore tout à fait à propos par les temps qui courent. (S. Barrière-Brunet)

[youtube]gvzC8MmC850[/youtube]


Stupid Love 
Lady Gaga

Après avoir ému le monde entier avec Shallow, chanté du jazz avec Tony Bennett, flirté avec le country folk sur Joanne et s’être révélée comme actrice dans American Horror Story puis A Star is Born, les fans de Gaga (j’en suis) avaient soif d’une offrande plus dance. Or, c’est précisément ce qu’on obtient avec la très vitaminée Stupid Love, un premier extrait qui laisse croire à un retour aux sources pour le prochain long-jeu. En plus, le vidéoclip rappelle pas mal celui des Spice Girls pour Say You’ll Be There et la pochette semble avoir été conçue par le même graphiste qui travaillait avec Aqua dans le temps. (C. Genest)

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Blue
Rosie Valland 

Rosie Valland troque l’amertume contre l’empathie sur Blue, un deuxième album qu’elle coréalise avec son fidèle allié Jesse Mac Cormack. Délaissant en grande partie les textes amers et mélancoliques qui ont marqué son excellent premier album (Partir avant, 2015), l’autrice-compositrice-interprète pose sa voix fragile et sensible sur de vibrantes compositions pop brumeuses aux racines folk. (O. Boisvert-Magnen)

À lire aussi: Notre entrevue avec Rosie Valland

[youtube]O5CXTbNRHug[/youtube]


Suddenly
Caribou

On veut vraiment éviter de faire un parallèle boiteux sur le printemps qui revient et le soleil qui se pointe le bout du nez pour parler du bonheur de retrouver Caribou. On va donc simplement y aller d’une prédiction: on s’attend à entendre Suddenly partout où on va, et surtout les pièces You and I, Lime et Like I Loved You. Dans nos cafés troisième vague préférés, dans les bars où on aime siroter un vin nature et dans les boutiques chics du Mile End. On ne dit pas ça de façon péjorative, c’est réellement parce que le don de Caribou, c’est de se glisser dans nos vies avec sa voix haut perchée, ses beats électros bondissants et ses synthés hypnotisants. (S. Barrière-Brunet)

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