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Rap local : 5sang14, la suite logique
Musique

Rap local : 5sang14, la suite logique

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

Formé des rappeurs MB, Lost, Gaza, White-B et Random, le collectif 5sang14 s’apprête à vivre l’un des moments les plus importants de sa carrière, alors qu’il foulera les planches du MTelus ce samedi dans le cadre des Francos de Montréal.

VOIR : Ce concert arrive un peu moins d’un an avant après votre triomphe au Club Soda. Qu’est-ce que ce spectacle représente pour vous?

Lost : Pour nous, c’est simplement la suite logique, mais en toute sincérité, on vise encore beaucoup plus loin. On sait qu’il faut fonctionner étape par étape, donc on va donner le maximum pour que ce soit mémorable.

À votre avis, est-ce que le fait que les Francos vous donnent cette opportunité symbolise la fin des stéréotypes envers une scène rap aux propos plus crus, historiquement boudée de part et d’autre de l’industrie?

Lost : Je pense que des stéréotypes, il y en a autant, mais on n’a pas le choix de reconnaître que l’ouverture est plus grande. En fait, ça se joue dans les deux sens : chacun a fait un pas vers l’autre, autant l’industrie que les artistes.

MB : L’industrie n’a pas eu le choix de nous accepter. Elle voit des jeunes comme nous remplir des salles, donc bien entendu, elle ne veut pas manquer le bateau. Tout le monde sait qu’il y a de l’argent à faire là-dedans.

5sang14 a été fondé en 2012, mais votre premier projet officiel, 5/5, est paru il y a quelques semaines. Qu’est-ce qui a motivé ce retour aux sources après plusieurs projets solos?

Lost : On avait pris assez de temps pour se découvrir chacun de notre côté. On a forgé notre propre identité artistique et, à un certain moment, on a voulu revenir à notre base.

Gaza : On voulait faire plaisir aux fans, qui attendaient depuis longtemps un projet de 5sang14. On voulait leur prouver que c’était pas un mythe! On est satisfaits de l’accueil que le projet a eu, donc maintenant, on va travailler sur quelque chose de plus grand.

Comment c’était de vous retrouver tous ensemble en studio?

White-B : Ça a fait du bien à tout le monde. Ça nous a permis de ravoir une motivation. Quand tu es en solo, tu es laissé à toi-même et, parfois, tu demandes du feedback aux gens, mais là, en groupe, l’inspiration arrive de plein d’endroits.

MB : C’était vraiment bien de retrouver cette énergie commune. On s’est connus en faisant des freestyles au secondaire, donc on a tous une approche musicale qui se ressemble un peu. On est tous des gars qui aiment y aller au feeling. Pour ce projet, on a donc exploité cette facette de notre musique. Au lieu de se mettre des limites ou de calculer tout ce qu’on fait, comme on le fait parfois en solo, on s’est amusés. On se réunit, on écoute les sons et, si on aime, boom! on le fait.

On utilise beaucoup l’étiquette street rap pour définir votre genre musical, au même titre qu’on le fait avec Tizzo ou Enima. Êtes-vous d’accord avec cette appellation?

Gaza : Je me demande juste : pourquoi on dit street rap? C’est quoi, les autres étiquettes? À mon avis, tout revient au rap…

MB : Quand j’écoute les autres rappeurs qu’on n’étiquette pas street rap, je réalise qu’ils parlent un peu de la même chose que nous. La seule différence, c’est qu’ils ne viennent pas des mêmes coins que nous. Dans ce cas, on pourrait peut-être appeler notre musique «rap défavorisé»?

Lost : Pour comprendre ce qu’est le street rap, faudrait savoir, premièrement : est-ce que le mot «street» représente la chanson ou l’artiste? Si on dit qu’on fait du street rap, ça voudrait dire que cette étiquette englobe tous les tracks que j’ai faits dans ma vie. À vous de juger, mais il me semble que des chansons comme Vamos ou Iceberg, ça peut rejoindre plein de gens qui ne sont pas de la rue… C’est vrai que je suis un gars de la rue et que la rue influence beaucoup ma musique, je suis pas en train de le nier, mais avant tout, je suis aussi un être humain qui exprime des choses, et ça, ça peut rejoindre une multitude de personnes.

5sang14 avec invités – 15 juin (21h), MTelus (Montréal)


La nouvelle de la semaine //

Un nouveau festival de musique urbaine et d’arts numériques voit le jour à Laval. Du 19 au 22 septembre, LVL UP sera présenté au tout nouveau quadrilatère Montmorency, un parvis actuellement en développement. On pourra notamment y voir Sarahmée, Koriass, LaF, Fouki, Tyleen Johnson, Tizzo, Zach Zoya, Marie-Gold et White-B. Plus de détails.


Le projet de la semaine //

KNLO réaffirme son amour du groove sur Sainte-Foy, un deuxième album solo qui surpasse son prédécesseur, le déjà très honorable Long jeu paru en 2016. Soutenu à la production par Vlooper, qui offre un chaleureux mélange de rap west coast, de neo-funk, de jazz et de musique congolaise, le rappeur originaire de cette ancienne ville de l’Ouest de Québec (devenue l’un de ses quartiers depuis la fusion de 2002) réussit l’exploit peu banal de témoigner de ses origines et de son passé sans se complaire dans une trop grande nostalgie. Toujours aussi inventif dans ses tournures de phrase et ses expressions, KNLO prouve une fois de plus qu’il est l’un des plus talentueux et pertinents rappeurs de l’histoire du Québec.

Au passage, coup de chapeau à plusieurs projets très estimables également sortis dans les derniers jours : le très accrocheur Goodbye, Lightspeed de JT Soul, le rassembleur MTL, Vol. 1 de Kay Bandz, l’audacieux Dégèle d’Eius Echo et Papi ainsi que l’extaltant Fiend de Dope.gng (ex-Dopamine), duo formé de Zilla et Yabock  qui bénéficie ici des puissantes productions du collectif Novengitum.


La chanson de la semaine //

Difficile de choisir une chanson de ce déjà fameux Sainte-Foy, mais du lot, Cool Cool se démarque, ne serait-ce que par l’importance de son propos, qui relate le «foutu long voyage» de KNLO sur la scène rap québécoise.

On doit aussi souligner la qualité générale de Get It Right, nouvelle pièce de l’excellente Naya Ali. Réputée pour son mordant, la rappeuse nous montre ici une facette plus harmonieuse de son flow.

Enfin, petite mention à Don’t Come to the Woods, tranchant nouveau morceau de la rappeuse trans montréalaise Backxwash.


L’instru de la semaine //

Le producteur Tommy Kruise met de côté sa signature trap aux basses pesantes le temps d’un intense remix house/drum and bass de Maïa de Lydia Képinski.


Le clip de la semaine //

Sam Faye et D-Track marquent brillamment le début de l’été avec ce sympathique clip de Limonade, réalisé par Clément Varnier (de Clark’s Video Club) et Philippe Sévigny. La chanson est tirée de leur album Stereo, paru il y a déjà deux ans.


Les spectacles à voir //


Lancement Nomadic Massive / 5 à 7

Le collectif polyglotte Nomadic Massive lance son nouvel album Times ce jeudi.

Le 13 juin à 16h30
Ausgang Plaza (Montréal)


Music Is My Sanctuary w/ Guilty – Lexis – Silktits

Le DJ montréalais Lexis sera entouré de Guilty et Silktits pour la première soirée de sa plateforme Music Is My Sanctuary, qui aura lieu chaque mois au Green haüs, nouvel espace de coworking et d’événements spéciaux du quartier Chabanel (situé dans Ahuntsic-Cartierville).

Le 14 juin à 17h
Green haüs (Montréal)


Tizzo à Québec

Le phénomène Tizzo donnera un rare spectacle dans la capitale.

Le 15 juin à 21h
La Source de la Martinière (Québec)


Francos de Montréal

Les Francos de Montréal s’amorcent ce vendredi. On pourra notamment y voir gratuitement Eman, KNLO,  Rowjay, FouKi et Salimo à l’extérieur durant cette première fin de semaine. En salle, trois spectacles sont à voir tout particulièrement : le lancement de Nul n’est roé en son royaume de Robert Nelson ce vendredi, le spectacle de 5sang14 ce samedi et celui de Souldia avec Farfadet ce dimanche.

Du 14 au 22 juin
Place des Festivals (Montréal)
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