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Rap local : CJ Flemings ne masque pas ses défauts
Musique

Rap local : CJ Flemings ne masque pas ses défauts

Le rappeur montréalais CJ Flemings vient présenter son album Mascara Tears, lancé il y a trois mois, au Belmont.

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

Tu seras en spectacle avec Haviah Mighty et Lou Phelps, deux artistes rap en pleine ascension au Canada. Dix ans après l’avènement de Drake, crois-tu que le rayonnement dont a bénéficié Toronto sur la scène rap internationale a eu un aspect bénéfique pour la scène rap montréalaise?

Les yeux ont été rivés sur le Canada ces derniers temps. Nous avons été fortement inclus dans la culture hip-hop. En tant que fier Canadien, je peux m’envoler pour les États-Unis et les gens ne peuvent pas vraiment deviner d’où je viens… et une fois que je leur révèle mes origines, la conversation commence toujours positivement. Je vois tout ça comme une bénédiction pour être honnête.

Ton rap, tout comme celui de la scène torontoise, intègre des éléments pop et R&B ainsi que des ambiances électroniques assez glaciales. On peut parler d’une réelle influence pour toi?

Au niveau de la production, j’ai des gouts assez précis… En grandissant, j’admirais à quel point Justin Bieber était jeune et choyé avec son ton de voix. C’est en fait la raison pour laquelle j’ai voulu jouer et explorer avec mes capacités vocales dès que j’ai commencé à écrire des chansons.

Mascara Tears est sorti en novembre dernier. C’est un album très personnel, où tu plonges profondément dans tes émotions et relates certains pans de tes relations amoureuses. As-tu eu de la difficulté à montrer ce côté plus vulnérable?

C’était difficile. Mon histoire est authentique et, à mon avis, c’est ce que les gens recherchent dans leurs relations. Il y a ces situations où les femmes ont tendance à utiliser du mascara pour couvrir leurs imperfections. Mais lorsqu’on reste authentique, il n’est pas nécessaire de masquer nos défauts. Il vous suffit seulement de rester sincère. C’est comme ça que j’ai abordé l’album et je crois que vous pouvez l’entendre dans la musique. 

Depuis ta première mixtape The Art of Living en 2013, comment analyses-tu ton évolution artistique?

Hahaha! Je ne pense même pas que je savais ce que je faisais à l’époque! Je dois remercier les gens qui ont cru en moi et qui m’ont guidé pour en arriver là, comme Lunice (NDLR : il a fait appel à lui pour de nombreuses collaborations sur son premier album CCCLX). Il a été d’une grande aide quand j’étais encore un novice dans le métier. 

Quels sont tes ambitions et tes plans pour 2020?

Cette année, je veux publier davantage de musique et ne jamais manquer une occasion de jouer devant le public. Il y a tellement de tragédies dans le monde qui nous rappellent de traiter chaque jour comme son dernier, et je suis loin d’avoir autant de succès que je le souhaite. Voyager et avoir la possibilité de présenter un spectacle pour les gens sont les seules choses qui comptent vraiment à mes yeux en ce moment.

Haviah Mighty • Lou Phelps • CJ Flemings – Le Belmont (Montréal), 21 février (20h)


La nouvelle de la semaine //

Deux jeunes festivals ont annoncé leur programmation cette semaine : Metro Metro et Santa Teresa. Alors que le premier mise sur des immenses pointures du rap américain (50 Cent, Young Thug, Travis Scott) ainsi qu’une horde d’artistes rap locaux en plein développement (notamment Sarahmée, Izzy-S, Naya Ali, CJ Flemings, DawaMafia, Nate Husser et Vendou), le deuxième se démarque par son éclectisme et sa tendance marquée pour certains rappeurs d’ici plus établis et médiatisés, notamment Robert Nelson, KNLO, Lary Kidd, Eman et LaF. Deux artistes sont en vedette dans les deux événements : Maky Lavender et Clay and Friends.


Le projet de la semaine //

MikeZup se fait plus sincère et profond sur En attendant Omerta 3, un EP qui met la table pour la troisième mixtape d’une série amorcée en mai 2019. Toujours armé de son flow rugueux et intraitable, le rappeur montréalais montre à la fois son côté plus doux et vulnérable (Coulisse, Love & Music) et sa facette redoutable déjà bien connue (Kobe Bryant, Njnd). Un intéressant contraste.

Mentions à Mental Trap, quatrième et efficace mixtape du toujours aussi mystérieux Doni Na Ma, et à la version deluxe de We the Gang Vol. 1, deuxième mouture d’une mixtape lancée en août dernier par LK Tha Goon.


La chanson de la semaine //

Absent du radar médiatique depuis plusieurs années, Baxter Dexter (l’un des rappeurs montréalais les plus marquants de la fin de la décennie 2000) signe un retour réussi avec Différente classe, pièce sur laquelle il renouvèle son flow avec dynamisme. On attend impatiemment la suite.

Mentions à Réveils, une captivante et audacieuse collaboration entre les rappeurs Catboot (de L’Amalgame) et Bkay (de LaF) ainsi que le producteur LiamLiamLiam, et Kung Fu Margiela 2, une pièce trap signée DoomX (de Planet Giza) qui marque le retour relativement attendu de Rowjay.


L’instru de la semaine //

Près de deux ans après sa deuxième beat tape Fréquences lointaines, le producteur Purple Tea continue de creuser le sillon de sa signature space funk et propose une mixtape d’une seule plage de 28 minutes qui allie hip-hop expérimental, jazz et ambient.


Le clip de la semaine //

Fanny Desseaux propose une réalisation colorée et inventive pour Change pas, nouvel extrait très pop du prochain album de David Campana.


Les spectacles à VOIR //

Run It Fest

Tizzo est la tête d’affiche de ce spectacle d’envergure qui mettra aussi en vedette Shreez, Soft, Kay Bandz, Soubillz, TK, Mike Shabb, Kevin Na$h et DJ Crowd.

Club Soda (Montréal), 21 février (18h30)

Tommy Kruise

L’excellent producteur et DJ Tommy Kruise donne un DJ set gratuit avec Lewis Dice et Marius Larue.

Birra & Basta – Taverne Italienne, 21 février (23h)

THe LYONZ

Le duo montréalais THe LYONZ viendra présenter les chansons de son remarquable deuxième album 2nd U (Part 1), réédité le mois dernier sous l’étiquette parisienne E47 Records.

Petit Campus (Montréal), 22 février (20h30)


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