Blogue de Dominic Tardif Du haut de la King RSS
Dominic Tardif vit à Sherbrooke. Il collabore à Voir Estrie et à Voir. Il s'intéresse à la musique et à la littérature.
Effluves d'herbe médicinale vendredi soir au Théâtre Granada. La scène hip-hop sherbrookoise effectuait une rare sortie publique et recevait Manu Militari. Premier constat: le nombre de spectateurs confirme qu'il existe une masse critique d'amateurs de hip-hop à Sherbrooke quoiqu'une salle de plus petite taille, eût-elle existé et eût-elle été disposée à recevoir ce genre de spectacles, aurait mieux servi l'échange entre le rappeur, ses deux efficaces hypemen et ses fans. Preuve de sa solidité, cette relation privilégiée n'a somme toute pas tellement souffert d'une sono épouvantable qui condamnait à tendre l'oreille au choeur de fans s'égosillant sur Voix de fait et Le Bureau pour capter quelques bribes de textes. Des histoires ayant toutes les apparences du biographique, pas de la mythomanie typique de certains emcees, livrées avec authenticité, sans fatuité, la pédale douce sur l'autocongratulation. Des constats inquiets contrastant avec l'esprit festif du spectacle et permettant à Militari de prouver qu'il allie mieux que la plupart de ses rivaux, tous codes régionaux confondus, québécitude et street, grâce à une plume acérée et un regard critique sur certaines valeurs véhiculées par la scène. Salutations à LACTIVISTE et son équipe. Espérons que les organisateurs de cet événement se saisissent à long terme du dossier hip-hop à Sherbrooke. La présence des Dramatik, Imposs, Jeune Chilly Chill, Movèzerbe, L'Assemblée, Anodajay et Samian dans les salles de la région est une condition sine qua non à l'essor de la scène [...]
Peu de chanteurs peuvent afficher autant de bonhomie en conjurant leurs disciples à «s'arracher la peau de la face», qu'Alex Leblanc, musculeux et charismatique leader de Neuraxis, figure de proue du death métal québécois, assourdissant depuis 1994 et de passage au Bar Le Magog vendredi dernier. Comptant sur de nouveaux venus à la batterie et à la basse (aucun membre de la première mouture de Neuraxis n'est encore de l'aventure, ce qui en fait en quelque sorte la Bottine souriante du métal), la formation a offert une sélection de pièces empruntant à ses différentes époques, pris les demandes spéciales beuglées par de dévoués fans et offert une nouvelle chanson. Contrairement à certains de ses contemporains, Neuraxis arrive à déployer sa technicité avec âme, dans une posture dénuée de toute affectation et de tout artifice. Un pied de nez à la froideur de Cryptopsy et compagnie auquel l'humour et le palpable plaisir de Leblanc et sa bande n'est pas étranger. Moment fort et captivant: Leblanc divise le public en deux et lui demande de s'aligner contre le mur pour mieux entrer en collision lors de l'attaque de la dernière chanson du spectacle. «Comme le gars dit dans Gladiator: "At my signal, unleash hell", pis ceux qui veulent pas trasher, qu'ils aillent s'asseoir au bar.» Ce que je fis, soulagé de [...]
Omaterra: il va y avoir de l’eau
3 février 2010 · Divers · Dominic Tardif«Omaterra se veut un spectacle innovant. Omaterra se veut un spectacle divertissant. Omaterra se veut un spectacle d'envergure.» On l'a beaucoup entendue, hier au Théâtre Granada lors de la présentation du côté artistique du grand spectacle de l'eau, la construction pronominale du verbe vouloir, façon corporate de prétendre quelque chose tout en évitant de passer pour outrecuidant. Je me voulais déjà sceptique au vestiaire du Théâtre, 15 heures, en apercevant dans le lobby quelques serveuses avenantes, bouteille de vin à la main, circuler parmi les dignitaires-entrepreneurs-partenaires-gens-des-médias-politiciens-maire-Sévigny triés sur le volet (on m'avait malgré tout invité). Sceptique, parce que j'ai appris il y a longtemps à ne jamais sous-estimer l'amour fou des organisateurs de ce genre de pow-wow médiatiques pour les concepts. Dans les bouteilles de vin donc, pas de vin, juste de l'eau. Comme dans Omaterra, le grand spectacle de l'eau. Fallait y penser. Je me voulais toujours sceptique en entrant dans la salle du Granada. Sherbrooke a-t-elle vraiment besoin de son spectacle à grand déploiement méga-subventionné (4,4 millions provenant d'Ottawa et de Québec), à 43,86$ le billet? Le One Drop de Guy Laliberté n'a-t-il pas épuisé tous les jeux de mots, toutes les métaphores autour du thème de l'eau? Déjà que le communiqué de [...]
L’écho des locaux: b.e.t.a.l.o.v.e.r.s
3 février 2010 · Divers · Dominic TardifPrésentement, Charles Lavoie joue de la guitare. Je le sais, j'en suis sûr, because Lavoie joue partout, tout le temps de la guitare. La dernière fois que je suis tombé sur lui, il étrennait une nouvelle «maîtresse» vintage, à genoux par terre au milieu d'un party de salon très Auberge espagnole, ne stoppant un rythme reggae que pour se lancer dans une complainte de Tom Waits. Mais Charles Lavoie n'est pas un simple gratteux de six cordes de feu de camp. Quand il discipline son plaisir brut de jouer, le musicien peut aussi bien compléter des cours universitaires en composition classique, contribuer au (feu) brumeux collectif post-rock the random partition occurs through nowhere ou, en complicité avec Benoit Converset et Jessie Ens, devenir b.e.t.a.l.o.v.e.r.s. C'est par la force des choses que la formation a vu le jour il y a tout juste deux mois, lorsque des sessions d'improvisation ont permis de mener à terme quelques embryons de chansons de Lavoie. Le trio s'encabane ensuite chez Eis à Bolton et forge un répertoire folk-rock expérimental (psyché folk) passé au filtre de son érudition musicale, de ses expériences éclectiques (beaucoup de musiques du monde pour Converset, du bluegrass avec United Steel Workers [...]
L’écho des locaux: Brazen Hell
20 janvier 2010 · Divers · Dominic TardifToutes les deux semaines, cette chronique propose le portrait d'un digne représentant de la scène locale estrienne. En privé, Andrew Haddad est un garçon affable qui, ses tatouages camouflés, saurait mettre dans sa petite poche arrière n'importe quelle belle-mère. À la tête de la formation punk hardcore sherbrookoise Brazen Hell, le chanteur, quasi méconnaissable, arpente la scène de long en large, secoue la tête nerveusement à la George St-Pierre et peut décider, face à une foule engourdie, de s'y projeter bassin premier. Une éventualité qui astreint à ne pas détourner les yeux des musiciens. Le quintette, comptant aussi sur le bassiste Adam Breault (du défunt groupe culte straight edge Radical Attack), immortalisait en mars 2009 au studio Dead Air, North Amherst, Massachusetts, sept brûlots de plus ou moins une minute trente sur l'aliénation contemporaine. Lancé la semaine dernière dans un Bar Le Magog bondé, le sept pouces issu de cette session d'enregistrement avec Will Killingsworth paraît sur Vinyl Addict Records, étiquette dirigée par Haddad. La formation compte, dans un avenir rapproché, faire de nouveau appel aux services de ce pionnier du screamo et allumer de fraternels circle pits au Canada et sur la côte est américaine. Friand de supports [...]
J'entre, samedi dernier, au Vieux Clocher de Sherbrooke autour de 15 heures. Dumas, contrairement à nombre d'artistes, accepte d'accorder une entrevue un jour de spectacle, avant son test de son. Le Victoriavillois d'origine, sur scène, s'assure auprès de la directrice de la salle que les tables posées au parterre soient remisées avant la levée du rideau afin de laisser place à une piste de danse; Dumas aime voir son public bouger (compte rendu du spectacle ici). Dans l'heure qui suivra, Dumas m'entretiendra de son année de création intensive ponctuée par la parution de quatre mini-albums (Nord, Rouge, Demain, Au bout du monde) et d'un nouvel album officiel, synthèse des précédents (Traces), me racontera sa rencontre marquante avec Alain Bashung, m'expliquera comment construire un bon spectacle, s'exprimera sur quelques artistes majeurs de 2009 et louera le rôle clé des Cowboys Fringants dans l'explosion musicale du tournant des années 2000, entre autres choses. __________________________________________________________________________________ Je réécoutais l'ensemble de tes albums cette semaine et ça me sautait aux yeux comment ton écriture a changé depuis ton premier album. Les textes y étaient très écrits comparativement à ceux de Traces… «Le premier disque, je l'assume encore, mais ça fait quasiment 10 ans. J'étais étudiant au cégep quand je [...]
C'est la blonde de Jipé Dalpé qui doit être comblée; le chanteur entamait en septembre 2008 des Préliminaires qui durent toujours. Qui durent aussi dans notre lecteur mp3 où des chansons comme Défoncé et Mauvaise track tournent encore en forte rotation. Calembours à part, Dalpé travaille d'arrache-pied et ne dédaigne aucune occasion de se faire valoir devant un nouveau public. Le dragueur impénitent déploie ses stratégies en première partie de Louise Forestier le 15 janvier, 20h, au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, et en première partie de Vincent Vallières le 16 janvier, 20h, à la Maison de la culture de Waterloo. Nous avons profité de l'occasion pour prendre de ses nouvelles et lui poser quelques questions par courriel. ___________________________________________________________________________________ Comment prépares-tu une bonne première partie?«Quand on fait une première partie il faut être conscient d'une chose : les gens ne sont pas venus pour t'entendre! On peut donc dire que ce n'est pas dans la poche! Mais la beauté de la chose, c'est qu'il n'y a pas grand chose à perdre, tout est à gagner. Le défi est de faire en sorte que les gens comprennent bien mon univers et qu'ils repartent en se rappelant mon nom ou [...]
Manger de la laitue: Au Roi du coq rôti (toujours) en lock-out
7 janvier 2010 · Divers · Dominic TardifIl était environ 15 heures quand de nombreux Sherbrookois se sont réveillés - paupières collées, raideurs corporelles, haleines nauséabondes -, premier après-midi de 2010, avec une intenable envie de diluer leur brosse de la veille dans le poulet BBQ, la coleslaw et la sauce brune du Roi du coq rôti, institution de la poitrine gras trans et de la frite ondulée, rue Camirand, depuis 1965. Une «partie du patrimoine sherbrookois», selon le député bloquiste Serge Cardin (une déclaration qui lui assure mon vote pour les prochaines élections). Signale le numéro, attend, attend, pas de réponse; les employés du Coq rôti sont en lock-out et, contrairement au Journal de Montréal, il n'existe aucun succédané QMI-briseurs-de-grève-légaux de leur poulet. Si le simple présage de manger de la laitue un premier janvier suffit sans doute à émouvoir les vrais noceurs (je les entend déjà exiger l'intervention du Conseil des services essentiels), apprendre que les 48 employés du Coq rôti piquettent depuis le 20 juillet 2008 achèvera de convaincre même Georges Laraque de la tristesse et de la sévérité de la situation. Les audiences de la Commission des relations de travail en août dernier (la première rencontre entre les deux partis) n'ont que davantage mis en lumière la mauvaise foi des propriétaires Réjean et Alain Perreault. En février dernier, les employés [...]
Retour: J’Estrie-Aide
10 décembre 2009 · Divers · Dominic TardifBref retour sur J'Estrie-Aide, spectacle bénéfice qui se tenait hier soir au Théâtre Granada. Initiative de Vincent Vachon (gagnant dans la catégorie auteur-compositeur-interprète de la dernière édition des Découvertes de la chanson de Magog) et de Bernard Beaulieu, respectivement leader-chanteur et gérant-parolier de Noem, l'événement visait à amasser des fonds pour l'organisme Estrie Aide et offrait une vitrine sur la diversité de la scène locale sherbrookoise. Diversité qui sera bien sûr venue casser le rythme de la soirée, une rivière Saint-François séparant le countr(i) de Jaune et le rock instrumental avec guitare fingerstyle de Guajira. Les trois étoiles du match reviennent à Le Citoyen (on les retrouve ce samedi à La Caravane de North Hatley) qui, en formule duo (avec banjo), y est allé d'une mise en musique d'un texte de Denis Vanier et d'une reprise de Sensation de Rimbaud-Charlebois; au rock british de Daïko qui gagnerait à monter sur scène plus souvent; et à Noem qui, grâce à de solides musiciens, réussit à rendre avec fougue les chansons aux arrangements touffus (Clandestin, surtout) d'un premier EP qui nous avait laissé de glace. À l'animation, Jérémy Demay, gagnant de "En route vers mon premier gala Juste pour rire 2008", a prouvé qu'une bouille comique suffit à déclencher des salves de rires. On le garde [...]
«Yoda y'a dit quoi à Chewbacca? Yoda y'a dit yabadabadou. Yoda y'a dit quoi à Darth Vader? Yoda y'a dit yabadabadou.» C'est Jérôme Dupuis-Cloutier alias Jérô Macro, chanteur-claviériste du Roi Poisson, que vous entendez faire ses vocalises dans la ruelle jouxtant le Théâtre Granada de Sherbrooke comme le bon étudiant en musique qu'il était il n'y a pas si longtemps, mais en prenant bien soin de déflorer le banal do-ré-mi-fa-sol-la-si-do. «Yoda y'a dit quoi à Chewbacca? Yoda y'a dit yabadabadou», mantra absurde ET utile pour une formation délurée ET sérieuse qui s'apprête, au moment où je les rencontre le 10 septembre dernier, à offrir sa première performance au Festival de la rentrée Molson Dry (voix FM), précédant Xavier Caféine et Malajube en levée de rideau à part de ça. Une demi-heure devant une foule de cégepiens (presque) captifs, occasion qui se présente rarement à une formation sans label derrière elle et dont se frotte les mains Denis Laliberté, gérant du Roi Poisson. Une invitation des Productions du Palais sans doute due au travail d'arrache-pied de ce Colonel Parker du Sherbrooklyn qui, justement, quand je lui téléphone en après-midi pour confirmer notre rendez-vous, complète une demande de subvention. Dans une industrie musicale en [...]
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La chronique de
Dominic Tardif
- La mafia du Petit 3e
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- Un samedi soir à Eastman (le bonheur)
- Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Sexapalooza (sans jamais oser le demander)
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