Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Rap local : Franky Fade, attirer l'attention
Musique

Rap local : Franky Fade, attirer l’attention

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Warning: Creating default object from empty value in /web/voir.ca/voir-content/plugins/voir-jwplayer/libraries/jwplayer.class.php on line 106

Entrevue //

Révélé au sein du groupe O.G.B, le rappeur, producteur et pianiste montréalais Franky Fade prépare tranquillement son vol solo.

Tu fais partie des artistes invité.e.s chaque mois aux Résidences 4436, un espace de création qui prend place depuis janvier au Quai des brumes. Jusqu’à maintenant, qu’est-ce que cette résidence t’amène sur le plan artistique?

Je vois vraiment ça comme un laboratoire où je peux essayer n’importe quoi sur scène, sans me mettre trop de pression. On est loin du show conventionnel et super rodé. Au contraire, le public s’attend à voir les artistes tenter de nouvelles choses, se péter la gueule, casser des tounes. Ça me permet aussi de faire des tests avec le piano et, à long terme, j’aimerais pouvoir faire un show où je peux alterner entre le piano et le micro, et même avec d’autres instruments. J’aime également le rapport d’interaction avec la foule. Je peux avoir une discussion avec les gens, interagir comme je veux. Je me laisse plus aller.

Tu partages la scène avec trois autres artistes hip-hop de la relève : Jei Bandit, Honie B et Lodgicko. Comment ça se passe entre vous?

Au départ, je connaissais à peine Honie, et pas vraiment Lodgicko ni Jei Bandit. Rapidement, je me suis rendu compte qu’on faisait de la musique pour la même raison. On est d’abord et avant tout des passionnés et, même si on n’a pas encore fait de collaboration les uns avec les autres, ça se passe super bien. J’aime beaucoup le fait qu’on attire des publics différents. Tout le monde amène son monde, et on chill ensemble.

Tu as fait paraître ton premier EP solo Diamonds (In The Rough) en 2017. Comptes-tu lui donner suite sous peu? Si oui, à quoi ça va ressembler?

En ce moment, il y a quelques chansons qui sont écrites, mais il y a seulement un single qui est vraiment terminé : Caramel, une coprod de moi et de LiamLiamLiam. Je la joue en show depuis le début des Résidences, et la foule capote. C’est un bon banger, qui bouge pas mal, et dans lequel je parle de mon désir d’attirer constamment l’attention. Ça part d’un constat que j’ai fait récemment : les gens ont souvent cette tendance à tout ramener à eux-mêmes. En m’analysant, j’ai remarqué que moi aussi je faisais ça, et ça m’a fait réfléchir à mon côté individualiste. Au lieu de le rejeter, j’ai décidé de l’assumer. Bref, c’est un texte très rap, mais je compte en écrire d’autres un peu plus sensibles et même engagés prochainement. Je veux entre autres aborder des thèmes reliés à l’environnement, un sujet qui me touche beaucoup.

Tu viens de remporter les Francouvertes avec O.G.B. Comment te sens-tu quelques jours après cette grande victoire?

La poussière est retombée. Dans les jours qui ont suivi, j’essayais de pas trop y penser, car la finale avait été tellement intense que j’avais le goût de passer à autre chose. Mais là, les prix qu’on a gagnés commencent à se concrétiser. On voit toute l’année qui s’en vient, tous les shows qu’on a de bookés, et on est vraiment excités. Dès vendredi, on retourne en studio pour aller composer un nouvel album. Ça peut prendre du temps avant que ça sorte, car on veut vraiment que ce soit de la bombe.

Avez-vous eu des offres de labels?

On s’est fait approcher par quelques personnes, mais on est assez prudents. Pour l’instant, on ne ressent pas le besoin de se faire backer par une boîte, car on a les moyens de financer un album, notamment en raison des prix qu’on a gagnés durant les Francouvertes. On est un groupe assez autonome, car on est sept têtes, en plus de notre gérante, à pouvoir se séparer les tâches. C’est certain que, si on a une offre vraiment bonne qui se présente, on va la considérer, mais on croit que, pour l’instant, ça vaut la peine d’y aller de façon indépendante.

Ce dimanche, vous jouez à deux occasions : à Metro Metro et à Santa Teresa. Comment entrevois-tu cette grosse journée?

C’est la première fois qu’on va faire ça. On commence à Metro Metro avec un set d’une demi-heure, qui va probablement ressembler à ce qu’on faisait aux Francouvertes. On va tout donner côté énergie, même si je m’attends pas à ce que la foule soit énorme, vu qu’on joue en début d’après-midi. Ensuite, on va à Santa Teresa, et j’ai l’impression que la foule sera un peu plus investie. En plus, c’est Sarahmée qui suit notre prestation. On l’a rencontrée aux Francouvertes, et c’est une personne géniale. Vraiment, on a très hâte.

Les Résidences 4436 – Quai des brumes (Montréal), 16 mai (21h30)

O.G.B à Metro Metro – Scène Motorola du Parc olympique (Montréal), 19 mai (14h)

O.G.B à Santa Teresa – Scène Teresa (Sainte-Thérèse), 19 mai (20h)


La nouvelle de la semaine //

Décidément, c’est la semaine d’O.G.B, qui a remporté haut la main la finale des Francouvertes le 6 mai dernier au Club Soda. Fidèle à son habitude,  le septuor a livré une prestation réglée au quart de tour, menée par le flow imperturbable d’un certain Franky Fade. À ses côtés, les six musiciens ont montré tour à tour leur savoir-faire, en interprétant leurs compositions jazzy rap à la perfection. Plus de détails.


Le projet de la semaine //

On sort du hip-hop typique cette semaine pour vous faire découvrir (si ce n’est pas déjà fait) Sam I Am Montolla, chanteuse soul qui flirte avec le hip-hop, le funk et le R&B. Profitant notamment de la présence du rappeur, producteur et arrangeur Jai Nitai Lotus ainsi que de celle du producteur au rayonnement international Shash’U, l’artiste présente Intro To Indigo, une admirable mixtape amorcée en janvier dernier lors d’une résidence de création à Dawson City au Yukon. Un retour en force pour la Montréalaise.


La chanson de la semaine //

KNLO étonne avec Amadit, pièce rap à saveur dancehall qui semble être taillée sur mesure pour les standards des radios commerciales. Mais attention : le sixième d’Alaclair Ensemble ne succombe pas à la facilité pour autant. Au lieu de tomber dans les clichés du genre, le rappeur y va d’un hommage aux longues relations de couple. Comme d’habitude, son flow élastique épate à chaque revirement.

Mention au jeune chanteur et rappeur JT Soul, qui livre le ver d’oreille Lay in the Sun with Your Soul, premier extrait de son EP Goodbye, Lightspeed, prévu pour le 7 juin.


L’instru de la semaine //

DJ qui a fait sa marque aux côtés de la chanteuse Cherry Lena, le producteur montréalais Nkusi se dévoilait en solo le mois dernier avec GUTANGiZA, un premier EP instrumental éclaté. Cette fois, il refait surface avec 6°C, une pièce aux confins de la house et du trap.


Le clip de la semaine //


Carl Méthot livre un clip embrumé à l’imagerie psychédélique pour la planante Nouveau Soleil de Souldia, FouKi et Eman.

Mention aussi au déjanté et saugrenu dernier clip du Club des Hashischins, mystérieux collectif montréalais.


Les spectacles à voir //


Festival Santa Teresa 2019

Pour sa troisième édition, Santa Teresa convie les fans de hip-hop québécois à une programmation de bon augure, qui regroupera notamment Tizzo, Alaclair Ensemble, Naya Ali, LaF, O.G.B et Rymz.

du 17 au 19 mai
Centre-ville de Sainte-Thérèse
Consultez cet événement dans notre calendrier


Festival Metro Metro

On pourra notamment voir Enima, Tizzo, Lost, White-B, MB, Zach Zoya et Dead Obies à la toute première édition de Metro Metro, festival de musique urbaine.

Les 18 et 19 mai
Parc olympique (Montréal)
Consultez cet événement dans notre calendrier


Robert Nelson – Le troquet (+18 ans)

L’inimitable Robert Nelson viendra présenter les nouvelles chansons de son excellent album solo, Nul n’est roé en son royaume.

Le 17 mai à 22h30
Le Troquet (Gatineau)

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie