Blogue de Dominic Tardif Du haut de la King RSS

Dominic Tardif vit à Sherbrooke. Il collabore à Voir Estrie et à Voir. Il s'intéresse à la musique et à la littérature.

L’écho des locaux: Digit: Missile Command

24 août 2010 · Divers · Dominic Tardif

Il y a bien juste Yann Godbout pour remonter jusqu'à sa tendre enfance sherbrookoise afin de déterrer les rhizomes de ses actuelles élucubrations musicales. «Je devais avoir neuf ans, j'avais demandé à un DJ en haut de ma rue quel groupe de rock je devais écouter. Il avait 18 ans, il connaissait son affaire, il s'appelait Éric Guillemette. Il m'a dit d'écouter du Poison. Je me suis rendu au Music World en magasinant avec mes parents. Dans le palmarès, il y avait Bell Biv DeVoe (ndlr: trio hip-hop-R&B des années 90) et son album Poison. J'avais le choix entre Open Up and Say… Ahh! de Poison ou ce disque-là. Bell Biv DeVoe a gagné à cause de la pochette. Je pensais que c'était le même groupe. Éric a désapprouvé mon choix et m'a refilé du vrai Poison.» Heureusement, le leader de Half Baked, sous les atours de son dévidoir créatif Digit: Missile Command, ne reprend pas aujourd'hui Every Rose Has Its Thorn (on ne sait jamais avec lui) mais plonge dans le «hip-hop expérimental fucké», dixit son boy Jeune Chilly Chill. Réunissant aussi ses potes rimeurs Dirty Crusty, Dada et Golden Collider, Epoxy Destroy (dites-le à voix haute), successeur de [...]

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L’écho des locaux: OneOneOne

5 août 2010 · Divers · Dominic Tardif

On les a entendus ensemble sur la scène du Festiquarius et lors d'un after-show des déjà mythiques concerts d'Arcade Fire au Granada que «hostait» le Banjo Consorsium. On les a aussi entrevus dans les bars du centre-ville, affichant la mine ratoureuse de ceux qui ourdissent un mauvais coup. Soulagement, ce n'est pas notre imagination fertile qui errait: Jacques-Philippe Lemieux-Leblanc («misteur» Banjo) et Bet.e (recrue de l'année en Estrie) présentent OneOneOne. Peu de détails ont filtré jusqu'à nous pour l'instant, les deux nouveaux complices jouant la carte du mystère. Seul souvenir qui pourrait nous éclairer, celui d'une Bet.e qui, lors dudit after-show, nous avait lancé un bien senti: «Je peux chanter autre chose que de la bossa, tu sais!» (Voyez, c'est noté ici dans un carton d'allumettes.) Quant à Lemieux-Leblanc, on sait qu'il mettra plus à profit ses cordes vocales, expliquant que ce n'est pas par timidité qu'il chante relativement peu avec son consortium, mais surtout parce qu'il peine à écrire des paroles, ce que sa nouvelle partenaire fait avec aisance. La chanson Until Morning (que le Banjo Consorsium interprétait à l'origine en duo avec la Danoise Sara Savery), offerte lors de ces occasions, laissait présager une sorte de trip-hop, somme [...]

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L’écho des locaux: Bernard Riche

21 juillet 2010 · Divers · Dominic Tardif

«Bien que l'on croie que la batterie n'est pas un instrument mélodique, elle peut l'être parfois!» pense Bernard Riche, un des rares batteurs à qui l'on n'opposera pas une moue moqueuse après une affirmation du genre. En concert, il absorbe notre attention avec toutes les minuties dont il émaille son jeu: chaînette déposée sur une cymbale pour obtenir un son frétillant, tambours frappés comme des timbales, caisse claire effleurée avec les balais (il en fait un emploi de maître, à la fois sobre et innovateur), etc. Québécois depuis 10 ans, le Français d'origine ne cesse de multiplier les initiatives indépendantes pour vivre de ses baguettes. Dans la foulée de la parution, en 2004, de son album L'Akoustick (en duo avec le contrebassiste François Méchali), il fondait Orev, une maison de production avec laquelle il compte pallier la carence de jazz en région. Autre chapeau, celui de programmateur, qu'il portera pour la première fois lors du Festival de jazz de Richmond, fin août, sa propre initiative présentée au Centre d'art, où il enseigne. Présidant à la destinée de différentes formations, Riche se trouve à l'aise autant derrière une bande de jeunes loups qu'avec les géants d'ici. À preuve, il [...]

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L’écho des locaux: Man Machine

23 juin 2010 · Divers · Dominic Tardif

Montons à bord d'une machine à voyager dans le temps, destination Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda, édition 2007. Christophe Lamarche-Ledoux et sa bande de Sherbrookois d'origine, Sexyboy, font danser furieusement le Cabaret de la dernière chance. Un succès, selon les observateurs. Rock the Basement, immense morceau électro-dance, rallie plusieurs jolies Rouynorandiennes. Pourtant, pour le leader, le cœur n'y est plus. Quelques mois après ce week-end boréal, sur la scène du feu Téléphone rouge, il annonce le démantèlement de Sexyboy, qui se nommera maintenant Rock Forest. Du bluff? Pas tant que ça. Ce n'est finalement pas sa nouvelle entité créative que Lamarche-Ledoux a affublée du nom de l'arrondissement, mais une pièce de Man Machine, formé des ex-Sexyboy Philippe Bilodeau et Renaud Payant-Hébert ainsi que d'Olivier Pépin. Une chanson à l'atmosphère anxiogène qui suinte l'influence de Kraftwerk, auquel le groupe emprunte son nom. Nettement moins pop que son prédécesseur, Man Machine, avec ses jeux de lumières et un système de contrôle du volume opéré par le batteur qui devrait révolutionner le processus de composition, se qualifie de «structure rock qui veut inventer un nouveau genre, la musique de demain». Un peu fort de café comme projet, mais ce serait tomber [...]

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L’écho des locaux: Farler’s Fury

9 juin 2010 · Divers · Dominic Tardif

La nécessité est la mère de l'invention… surtout quand on joue du punk, a-t-on le goût d'ajouter. Que faire, par exemple, lorsque son batteur doit rentrer à Sherbrooke subito presto alors qu'on se trouve à Vancouver, au beau milieu d'une tournée canadienne, en compagnie des légendes punk britanniques The Vibrators? Pour Farler's Fury, on poursuit coûte que coûte la route en formule acoustique. «Faire le maximum de shows, c'est ce qu'on veut», déclare solennellement son guitariste, Frank. Sans renier son passé, la formation, d'abord taxée de réponse locale au punk celtique des Dropkick Murphys et Flogging Molly, dit vouloir désormais faire simplement du punk-rock avec de la cornemuse. La nuance est mince mais significative et montre que les musiciens savent trop bien que l'apport de cet instrument qui les fait instantanément sortir du lot est une arme à double tranchant qui peut, s'ils manquent de vigilance, tourner en eau de boudin. Farler's Fury arrive ainsi à un carrefour et aborde le futur avec un désir de professionnalisme. «Avant, on ne se cassait pas trop la tête. On a enregistré des albums de qualité moyenne, on faisait des shows tout croches, bref, on n'était pas sérieux. En ce moment, [...]

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L’écho des locaux: David Goudreault

26 mai 2010 · Divers · Dominic Tardif

«Contracteur en poésie», pourrait écrire David Goudreault sur sa carte d'affaires. Vous êtes de l'Association des auteures et auteurs des Cantons-de-l'Est et organisez un spectacle intergénérationnel? Il vous émouvra avec un texte tendre et lucide sur une tante Thérèse pas comme les autres. Vous désirez qu'il ouvre votre concert hip-hop? Il balancera quelques «huit barres» inquiets sur l'inflation du taux de suicide (Meurtre de soi). Vous voulez d'un joyeux drille pour déclasser toute la compétition dans une soirée de slam? Il fera crouler l'auditoire de rire en s'étonnant des doubles standards en matière d'adultère (Coucou mon cocu). À l'aise dans tous ces milieux, le rimeur est néanmoins un membre en règle de la scène slam, lui qui porte aux doigts deux bagues d'équipes d'étoiles des saisons 2008 et 2009 du Tremplin (il récidive pour la finale 2010 ce 27 mai). Moins que liens, son premier album paru l'été dernier, revit actuellement sur les Internet où il est possible de le glisser dans son lecteur mp3 pour… gratis. Une occasion de faire du rattrapage avant la parution de son deuxième disque, actuellement en préproduction. Vous voulez suivre Goudreault à la trace dans les prochains mois? Implorez tout de suite votre [...]

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The Vibrators: toujours en vie

13 mai 2010 · Divers · Dominic Tardif

Alors que Mick Jones et Paul Simonon s'apprêtent à se prélasser dans les loges climatisées des plus grands stades de la planète en compagnie de Gorillaz et que John Lydon ressuscite Public Image Ltd. avec toute l'humilité qu'on lui connaît, Ian "Knox" Carnochan et John "Eddie" Edwards, les deux membres originaux du désormais trio The Vibrators, représentant majeur mais négligé de la première cohorte de groupes punk anglais, inauguraient hier soir leur tournée canadienne parmi les effluves épicées de sueurs au bar le Saloon, Sherbrooke P.Q. La petitesse de la foule et la vue d'un Eddie derrière la table de marchandise quémandant de la monnaie à la serveuse avait tristement les airs d'une scène de déchéance d'un biopic musical. Souhaitons-leur davantage de fervents punk-rockeurs pour le reste de la tournée, mais ne nous émouvons pas trop du sort de ces papis du punk dont les visages longs ne sont pas de bons baromètres de leur réelle forme. Devant la possibilité de troquer leur sort pour celui des ex-Clash (si l'on exclue l'aspect pécunier), j'aime à croire que les Vibrators préféreraient s'en tenir à leur vieille formule de chansons courtes, mélodiques et percutantes, même si cela implique de devoir les jouer dans des endroits comme le Saloon, Sherbrooke P.Q. Après avoir [...]

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L’écho des locaux: Voyageurs nus

12 mai 2010 · Divers · Dominic Tardif

Soir tranquille dans un bistro. Un ami me présente d’autres amis qui célèbrent l’anniversaire d’un certain batteur et boivent à tire-larigot. Rapidement, un billard s’organise. Le triangle de billes est dispersé et ça me revient: «Vous jouez dans les Gars trans, non?» «Les Gars trans ne sont plus, vive Voyageurs nus», m’apprend-on en offrant un toast de Coup de grisou à la fortune de la formation. Puis, retour à d’immédiates préoccupations: «La 9 au coin.»  Mené par l’auteur-compositeur Matthieu Paré, le collectif de sept musiciens rescape trois larrons de la bande dissoute de rockeurs en bobettes qui, en quelques concerts-kermesses, aura laissé sa marque sur la scène locale. Voyageurs nus donne résolument moins dans ce genre de partys extravagants que dans un travail chansonnier porté par d’efficaces accompagnateurs, un Dave Matthews Band dont le leader aurait été évincé par Charles Dubé. On ne sera pas surpris d’apprendre que Paré détient un diplôme de l’École nationale de la chanson de Granby.  Entre deux coups, je demande au leader, pour la forme, quels sont ses projets pour les [...]

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L’écho des locaux: Aesth

28 avril 2010 · Divers · Dominic Tardif

Malgré Internet et les microcommunautés auxquelles il prête main-forte, zieuter les devantures des dépanneurs et disquaires tapissées d'affiches de concerts criardes demeure le meilleur moyen de palper la jugulaire de la scène métal. Les adeptes de lèche-vitrine avisés auront croisé plus souvent qu'à leur tour dans les derniers mois le nom d'Aesth, formation death progressif qui, depuis sa participation au concours I'LL Musik en 2006, investit les scènes de la ville – a-t-on la berlue? – presque toutes les deux semaines. Salué pour le professionnalisme de sa production et comparé par la critique spécialisée aux livides Scandinaves d'Opeth, Deep Within the Core (2008), un premier album entièrement autoproduit, laisse entendre une musique résolument mélodique portée par l'organe flexible du leader Kevin Roy. Les néophytes abasourdis par les appellations génériques tarabiscotées si chères au monde du métal n'auront ici pas de mal à discerner le côté progressif du groupe. Sectionnées en plusieurs parties, les chansons peuvent faire place à des décharges de doubles grosses caisses invitant aux secouements de cheveux comme à des solos de guitare «à briquets». La formation offre déjà en concert quelques nouvelles pièces et devrait, s'il y a une justice en ce bas monde, être repêchée [...]

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Helmut Fritz: questionnaire name-dropping

22 avril 2010 · Divers · Dominic Tardif

Parce j'adore la controverse presque autant que la confiture de framboises, j'ai tenté d'arracher à Éric Greff, l'homme derrière Helmut Fritz, quelques railleries au sujet de Cœur de pirate. C'est que j'avais lu sur le site des Inrocks les propos de l'héritier allemand énervé depuis les coulisses des Victoires de la musique se disant très confiant de remporter la statuette du vote du public pour la Chanson de l'année, attribuée finalement à la jeune femme tatouée. «Je ne sais pas si j'ai vraiment dit ça, commentait Greff joint au téléphone il y quelques semaines en vue de son passage au Summum NightClub. Peut-être que j'avais bu une coupe de champagne de trop parce qu'il ne faut jamais être trop présomptueux. C'est vrai que j'avais de gros espoirs parce que Ça m'énerve était quand même le titre le plus vendu en 2009. Je n'en veux évidemment pas à Béatrice parce que ce qu'elle fait, c'est fantastique. Je la soutiens à 100%, je trouve magnifique le succès qu'elle a en France et ça, je vous le dit sans langue de bois. Elle me fait penser à France Gall. Elle a de grandes choses à proposer.» Discussion des plus sympatoches (permettez l'argot pour la circonstance) avec le [...]

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